Netanyahu va soumettre les idées de Kerry à son gouvernement

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NETAY.jpgJERUSALEM  - Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, va solliciter l'aval de son gouvernement pour relancer les négociations de paix avec les Palestiniens, qui se disent réticents au dialogue en l'absence de conditions adéquates pour sa tenue.

Dans ce contexte, l'accord de principe entre Israéliens et Palestiniens annoncé vendredi soir par le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, pour une reprise des négociations pourrait ne pas se concrétiser aussi vite que prévu.

John Kerry avait indiqué que Tzipi Livni, ministre israélienne de la Justice et le négociateur palestinien Saëb Erekat pourraient se rendre à Washington "vers la semaine prochaine, à peu près".

Un responsable israélien a déclaré dimanche soir que Benjamin Netanyahu demanderait l'aval officiel de son gouvernement pour relancer les négociations de paix avec les Palestiniens sous la houlette des Etats-Unis.

"Il semble que les négociations commenceront seulement la semaine prochaine, pas cette semaine", a-t-il dit, soulignant qu'il restait à déterminer si le gouvernement dans son ensemble se prononcerait sur les propositions de John Kerry lors de sa prochaine réunion, dimanche 28 juillet, ou si une réunion restreinte au cabinet de sécurité avant cette date suffirait.

POSITIONS IRRÉCONCILIABLES?

Benjamin Netanyahu estime que les discussions ne doivent pas s'accompagner de "conditions préalables", en particulier s'agissant des frontières d'un Etat palestinien que les Palestiniens veulent créer en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la Bande de Gaza, des territoires conquis par Israël en 1967.

Même si l'Etat juif s'est retiré de la bande de Gaza en 2005, Israël considère Jérusalem dans son entier comme sa capitale, un statut non reconnu par la communauté internationale et souhaite conserver des colonies de Cisjordanie en cas d'accord de paix.

Les Palestiniens insistent quant à eux sur le fait qu'aucune négociation ne pourra se tenir si les parties ne s'entendent pas sur des discussions qui auraient pour point de départ les frontières d'avant 1967.

Nabil Abou Rdaineh, porte-parole de Mahmoud Abbas, a déclaré lundi à Reuters que Saëb Erekat n'avait pas encore reçu d'invitation de se rendre à Washington. Lorsqu'il s'y rendra, il faudra d'abord déterminer le cadre des négociations, a-t-il dit.

"S'ils trouvent un accord sur les détails conformément aux demandes des Palestiniens, alors le lancement des négociations sera annoncé", a-t-il ajouté.

Ces demandes, relayées par Mahmoud Abbas auprès de John Kerry, impliquent la reconnaissance par Israël d'une solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967, ainsi que des éclaircissements à propos de la libération prévue de prisonniers palestiniens.

Israël a annoncé ce week-end la libération à partir de septembre de 82 Palestiniens emprisonnés avant 1993, année de la signature des accords de paix d'Oslo, mais le responsable palestinien Kadoura Fares a déclaré que Mahmoud Abbas souhaitait pour sa part que 103 prisonniers soient libérés.

"PROCESSUS STRATÉGIQUE"

Dénonçant les colonies israéliennes en Cisjordanie comme illégales, Mahmoud Abbas a déclaré au journal jordanien Al Rai qu'Israël devrait "se retirer complètement du territoire palestinien" même s'il s'est dit prêt à trouver une solution pour répondre aux problèmes de sécurité rencontrés par Israël.

Le Premier ministre israélien devra surmonter les objections des ministres d'extrême droite à la libération de prisonniers palestiniens et à la restitution aux Palestiniens des territoires pris lors de la guerre des Six-Jours en 1967.

Pour ce faire, il présentera les discussions proposées par John Kerry "comme un processus stratégique pour renforcer les relations avec les Etats-Unis", explique-t-on.

Benjamin Netanyahu insistera notamment sur l'importance de ces relations compte tenu de la menace constituée par les projets nucléaires iraniens et les conflits civils en Syrie et en Egypte, dit-on encore.

Le chef du gouvernement israélien sait pouvoir compter, dans l'opposition, sur le Parti socialiste qui lui a promis de soutenir toute décision en faveur de la paix dans le cas d'une opposition d'un des membres du gouvernement.

En cas d'accord sur les concessions territoriales, un référendum serait sans doute organisé.

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