Etre juif deviendrai une circonstance aggravante pour désigner des suspects ? L'argent et les juifs...

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Une récente affaire de blanchiment d’argent impliquant des employés d’une société financière genevoise, est à nouveau l’occasion pour certains médias d’afficher l’appartenance religieuse des suspects sans que cette information ait la moindre pertinence.

Au gré des articles qui se succèdent la citoyenneté suisse des protagonistes s’efface pour laisser place à leur religion.

Ainsi, pour Le Temps de ce jour, il s’agit de « deux frères, citoyens suisses d’origine marocaine, bien implantés dans la communauté israélite de Genève » ;

le site internet de 20 Minutes insiste également sur le fait qu’ils « font partie de la communauté juive marocaine » ; enfin, pour la RTS, « il s'agit de membres de la communauté juive marocaine, domiciliés depuis des années dans les quartiers huppés de Genève. »

La désignation de la religion des personnes faisant l’objet de cette enquête suscite ainsi bien plus qu’un malaise.

C’est avec une inquiétude légitime que la CICAD prend connaissance de ces commentaires journalistiques dont la seule répercussion est la stigmatisation de l’ensemble d’une communauté.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois puisqu’en 2009, certains articles stigmatisaient la communauté juive dans le cadre d’une affaire financière aux Etats-Unis.

Un procédé inique qui ne touche que la communauté juive, comme en témoignent les autres affaires relatées par les médias pour lesquelles la confession n’est pas, à juste titre, mentionnée.
Force est de constater que l'un des clichés antisémites les plus tenaces associant les juifs et l’argent reste d’actualité.

La CICAD tient à rappeler que l’article 8 de la Déclaration des devoir et des droits du/de la journaliste interdit «toute allusion, par le texte, l‘image et le son, à l‘appartenance ethnique ou nationale d‘une personne, à sa religion, à son sexe ou à l‘orientation de ses mœurs sexuelles, ainsi qu‘à toute maladie ou handicap d‘ordre physique ou mental, qui aurait un caractère discriminatoire ».

La CICAD sollicite l’intervention immédiate du Conseil suisse de la presse afin de mettre un terme à cette situation déplorable tout en réservant des suites judiciaires.

Contact presse : CICAD
Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général

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