Condoleezza Rice au Proche-Orient pour un sommet israélo-palestinien

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   Condoleezza Rice au Proche-Orient pour un sommet israélo-palestinien

WASHINGTON, le  16/02/07 - La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, quitte Washington vendredi pour le Proche-Orient où elle présidera à un sommet israélo-palestinien dans l'espoir de relancer des négociations de paix au point mort depuis près de sept ans.

Mme Rice doit rencontrer son homologue israélienne Tzipi Livni, puis s'entretenir séparément avec le président palestinien Mahmoud Abbas (dit Abou Mazen) et le Premier ministre israélien Ehud Olmert, avant de les réunir pour un sommet tripartite lundi à Jérusalem. La chef de la diplomatie américaine veut donner un "horizon politique" aux Palestiniens, axé sur la Feuille de route, le plan de paix international qui prévoit notamment de créer un Etat palestinien.

Elle propose notamment de discuter des contours d'un futur Etat palestinien, un sujet qui n'a jamais été évoqué depuis que l'ancien président Bill Clinton avait réuni les deux parties à Camp David en 2000, pour des négociations qui ont finalement échoué. Mais son initiative de paix intervient à un moment délicat aussi bien pour M. Abbas, qui peine à former un gouvernement d'union nationale, que pour M. Olmert, au plus bas dans les sondages. "Le gouffre séparant Israéliens et Palestiniens n'a jamais été aussi profond et compliqué", estime Aaron Miller, un ancien diplomate qui a conseillé six secrétaires d'Etat sur les négociations de paix israélo-palestiniennes. "Olmert et Abou Mazen ne sont pas maîtres chez eux, ils sont prisonniers de leurs systèmes politiques", ajoute M. Miller, aujourd'hui analyste au Centre Woodrow Wilson de Washington. "C'est une mauvaise combinaison: de gros problèmes et des dirigeants faibles".

M. Abbas et le numéro un du Hamas Khaled Mechaal se sont mis d'accord sur la mise en place d'un gouvernement d'union le 8 février lors d'une réunion de réconciliation à la Mecque (Arabie saoudite), après une crise politique qui a dégénéré en combats meurtriers entre les deux groupes dans la bande de Gaza. Or des divergences de dernière minute risquent de retarder la mise en place de ce gouvernement, sur lequel Washington refuse de se prononcer officiellement avant sa mise en place. "Nous réservons notre jugement jusqu'à ce que le gouvernement soit effectivement formé", a déclaré jeudi Mme Rice au cours d'une table-ronde avec la presse écrite américaine. Les arrangements de La Mecque stipulent que le nouveau gouvernement s'engagera à "respecter" les accords conclus par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), y compris ceux signés avec Israël.

Or, les Etats-Unis et l'Union Européenne exigent, pour renouer avec le gouvernement palestinien, que le Hamas reconnaisse explicitement Israël, les accords passés, et renonce à la violence. En outre, les arrangements de La Mecque, qui impliquent une alliance entre M. Abbas et le Hamas, font craindre que le président palestinien ne dispose pas de l'autorité suffisante pour signer des accords de paix avec Israël ou même diriger un éventuel Etat palestinien.

M. Olmert, pour sa part, est politiquement menacé par la droite israélienne et, selon les analystes israéliens, ne souhaite même pas aborder les délicates questions du statut final des deux Etats, ce qui laisse peu de marge de manoeuvre à Mme Rice. La chef de la diplomatie américaine a reconnu que l'accord de La Mecque avait "compliqué la situation". Mais "au Proche-Orient, s'il fallait attendre les circonstances parfaites, on ne prendrait jamais l'avion", a-t-elle poursuivi. "Je ne laisserai pas le fait que les circonstances ne sont pas parfaites actuellement retarder une tâche que je considère comme très importante".



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