Jésus viré des livres d’histoire en Australie... En France, c'est pour quand ?

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jesus.jpgArticle paru dans "Nouvelobs.com"

En Australie, on ne parlera donc d'avant Jésus-Christ dans les programmes d'Histoire, afin d'éviter les connotations religieuses. Est-ce une nouvelle définition de la laïcité ?

Désormais parler d’évènements "avant Jésus-Christ" et "après Jésus-Christ" n’est plus possible dans les écoles australiennes. Aux termes "Before Christ" et "After Death" les nouveaux programmes d’histoire, mis en avant par le gouvernement travailliste, préfèrent les termes de "avant l’ère commune", "avant le présent" et "ère commune" beaucoup moins connotés religieusement, donc plus neutres.

Place au multiculturalisme !

En compensation, "le multiculturalisme sera ancré dans les programmes en tant que première étape pour contraindre la société à respecter les autres cultures. Les élèves seront formés à la "compétence culturelle" en classe, dans le cadre du plan du gouvernement fédéral pour stimuler le soutien au multiculturalisme et combattre les attitudes négatives" et ceci pour lutter contre les discriminations de toute forme en Australie.

 

Le gouvernement australien commence donc à répondre en quelque sorte au rapport de 2010 établi par le "conseil multiculturel australien" qui avait recommandé "que le gouvernement établisse une stratégie anti-raciste et mette en place un programme d’éducation pour tous les Australiens, en insistant particulièrement sur les discriminations, les préjugés et le racisme."

 

Un moyen efficace de s’ouvrir sur les autres et de lutter contre le racisme et les discriminations ?

 

Une question qui pourrait se poser en France ?

Le sujet qui fait polémique en Australie est visiblement un sujet sensible, partagé et qui fait débat également un peu partout dans le monde. En France par exemple la question est également marquée.

Bercée dans la tradition judéo-chrétienne, notre "éducation" nationale est empreinte de cette proximité catholique. Même si l’État se dit laïc et garant de ce principe de laïcité, la religion chrétienne et plus exactement catholique fait partie intégrante de notre vie en France. Que nous le voulions ou non.

À titre d’exemple, le calendrier dont nous nous servons est calqué sur le calendrier chrétien. Autre exemple en matière d’éducation cette fois-ci, les références à la Bible, à Jésus et au christianisme sont elles aussi parties prenantes de notre éducation. Et ce au détriment des autres cultures et du principe même de laïcité.

Ce débat revient de manière récurrente sur le tapis en France. Il y a encore quelques temps, en 2010, Bertrand Delanoë par exemple souhaitait introduire dans le calendrier des fêtes musulmanes et juives. En gros, remplacer quelques fêtes chrétiennes par d’autres célébrations de différentes confessions. Un moyen de s’ouvrir sur les autres, sur d’autres cultures et d’appuyer le "multiculturalisme". La question est donc sensible chez nous aussi.

Au-delà de la question du multiculturalisme, est sous-tendue la question de la laïcité, notamment en France. Et celle de la difficulté de séparer la religion de la sphère "publique" (État, École…). Une difficulté supplémentaire à laquelle nous devons faire face.

Alors supprimer les références à Jésus à l’école est-elle la solution au racisme et à la discrimination et au principe de laïcité ? Rien n’est moins sûr…

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