Actualité Israël : Prison à vie pour les coupables de l’infanticide de Rose Pizem

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roseetc.JPGArticle paru dans "JSS"

L’affaire est terrible: une petite fille de 4 ans, Rose dont le grand-père est aussi le beau-père, séparée de son père, rejetée par sa mère… et finalement retrouvée morte dans un fleuve en Israël. Sa jeune mère française et son compagnon israélien, qui est aussi le grand-père de la petite fille, sont accusés d’infanticide. Une histoire de famille recomposée qui tourne à la tragédie.

Le drame se déroule sur fond d’histoire familiale compliquée. Rose est née en France en 2003. Ses parents, Benjamin Pizem et Marie-Charlotte Renault, tous deux âgés de 18 ans, viennent de se marier suite à la naissance de leur fille. Benjamin reçoit un appel de son père biologique, Ronny Ron, qu’il n’a pratiquement jamais vu et qui souhaite renouer les liens avec son fils. Le couple décide alors de partir s’installer en Israël, où l’homme réside.

Mais voilà, Marie-Charlotte tombe amoureuse de Ronny, qui est donc son beau-père, de vingt-deux ans son aîné. Alors que Benjamin se sépare de sa femme et décide de rentrer en France avec Rose, en février 2005, Marie-Charlotte choisit elle de rester vivre avec celui qu’elle aime, et avec lequel elle a deux autres enfants. Pendant plus de deux ans, la fillette vit avec son père qui a lui aussi refait sa vie. Jusqu’à la fin de l’année 2007.

Sa mère, ayant appris que sa fille avait été hospitalisée à Paris, sans doute suite à une négligence de Benjamin, entame une procédure en France pour obtenir la garde de Rose et l’autorisation de la ramener en Israël. Ce qu’elle obtient sans peine. Sur décision d’un tribunal français, c’est la mère de Rose, Marie-Charlotte Renault, qui obtient sa garde. Elle retourne en Israël en décembre 2007 avec la petite Rose. La famille recomposée vit près de Netanya, à 40 kilomètres de Tel-Aviv.

Il semblerait que la famille recomposée ne soit jamais parvenue à intégrer la fillette dans leur vie de famille. Rose a été rejetée par sa mère et par son grand-père et beau-père. Ceux-ci ont décidé qu’ils ne voulaient plus que Rose continue à vivre avec eux. Sa mère aurait même menacé de se suicider si sa propre fille de 4 ans, Rose, restait avec eux.

A partir du mois de mars 2008, Rose habite chez son arrière-grand-mère, Viviane Yacov, la mère de Ronny Ron, dans un appartement à Netanya non loin de l’appartement où vit le reste de la famille. Viviane, soucieuse de l’éducation de son arrière-petite-fille, demande à son fils d’inscrire Rose à l’école tous les matins. Ronny ne le fait pas. Viviane se dispute avec son fils.

Le 12 mai 2008, jour de la disparition de Rose, Ronny est venu chercher la fillette chez Viviane. Avant qu’il ne parte de chez lui, Marie-Charlotte aurait pleuré et crié demandant à son compagnon « de ne pas ramener Rose à la maison ». La fillette a disparu ce jour-là sans laisser de trace.

L’alerte a été donnée en Israël début août 2008 par Viviane qui, en mauvais termes avec son fils, s’est finalement inquiétée de ne pas avoir de nouvelles de la fillette.

Deux mois ont passé entre la disparition de la fillette et l’alerte donnée par son arrière-grand-mère… Pourquoi l’arrière-grand-mère s’est-elle manifestée si tardivement? Le père de la fillette, Benjamin, ne s’est-il pas inquiété? Pourquoi? Quels contacts avait-il avec sa fille? Il semble que la petite Rose ait été bien seule, rejetée par sa mère, avec un père à des milliers de kilomètres…

Le grand-père paternel israélien, Ronny Ron, avait fait des aveux juste après son arrestation en août, précisant qu’il avait battu l’enfant à mort avant de mettre le corps dans une valise qu’il avait jetée dans un fleuve près de Tel-Aviv.

Après ces aveux de fin août 2008, le beau-père et grand-père les contredit lors de ses premières déclarations publiques : « Je ne l’ai pas tuée, les aveux m’ont été soutirés par la force. La dernière fois que je l’ai vue elle était vivante ». Il fait cette déclaration au tribunal de Ramlé où la police l’a conduit pour une demande de prolongation de détention. La jeune mère est, elle aussi, présentée au tribunal. Son rôle dans la mort de la petite fille reste difficile à déterminer pour les enquêteurs. Une lettre où elle dit « Je suis choquée de ce qui est arrivé. Je me sens une mauvaise mère » fait soupçonner une complicité. Finalement, le beau-père de la petite fille affirme avoir tué accidentellement Rose, puis l’avoir jetée dans le canal.

La mère, Marie-Charlotte Renault, nie toute implication dans le meurtre de sa fille.

Finalement, le corps de Rose a été retrouvé dans le fleuve Yarkon le 11 septembre après de longues et difficiles recherches dans une eau polluée et extrêmement opaque.

La justice israélienne a inculpé pour meurtre la mère et le grand-père de la petite Rose. L’acte d’accusation précise qu’il s’agit d’une « décision conjointe et préméditée de tuer Rose » tout en soulignant l’incapacité de l’accusation à déterminer précisément ce qui a provoqué la mort. Le rapport d’autopsie n’a en effet pas permis de préciser la cause de la mort de Rose.

« Les accusés ou l’un d’eux ont mis Rose dans le sac après sa mort ou alors qu’elle était encore en vie » ainsi que des habits et quelques objets appartenant à la fillette de 4 ans.

Les deux inculpés restent en détention provisoire jusqu’au 27 octobre. Finalement, le procès a été reporté en janvier 2009.

Les défenseurs des deux inculpés plaident une mort accidentelle. Si la préméditation est prouvée, la loi israélienne impose une peine de prison à vie.

La petite fille Rose a été inhumée dans l’intimité au cimetière de Montesson en région parisienne, près du domicile de son père, en septembre. Outre des membres de la famille, une déléguée de la police israélienne ainsi que des membres de la communauté juive de France ont assisté à une « cérémonie chrétienne religieuse ».

Le tribunal de district de Petah Tikva a condamné Ronny Ron, ce 13 juin 2011 lundi à la prison à vie pour l’assassinat de la petite Rose. La mère de Rose, qui a été reconnue coupable de sollicitation pour l’assassinat a également été condamnée à la perpétuité.

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