Israël: Tzipi Livni à Washington après le rapport Baker

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                  Israël: Tzipi Livni à Washington après le rapport Baker

JERUSALEM  - La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni s'est rendue à Washington au moment où des préoccupations grandissantes se manifestent en Israël sur un possible changement de cap des Etats-Unis après la publication du rapport Baker.

M. Livni s'est rendue dans la nuit de jeudi à vendredi à Washington où elle doit rencontrer de hauts responsables, a-t-on appris vendredi auprès du ministère à Jérusalem. "Ce voyage sera l'occasion d'examiner avec ses interlocuteurs le rapport Baker et d'en discuter la portée", a indiqué un porte parole du ministère. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert s'est efforcé jeudi de dissocier le conflit israélo-arabe de la situation en Irak, exprimant ouvertement ses désaccords avec le rapport Baker qui a fait craindre en Israël une possible réorientation de la politique des Etats-Unis, principal allié de l'Etat hébreu. "Tout le monde doit être inquiet. S'il est appliqué, le rapport Baker va renforcer l'Islam radical dans le monde entier et Israël sera laissé seul dans la lutte, sans les Etats-Unis", estime Eytan Gilboa, Professeur de sciences-politiques à l'Université Bar-Ilan. "La question est de savoir si le président américain George W.Bush va l'entériner. Les mois qui viennent le diront. Je pense que d'intenses pressions sont exercées sur Bush, même s'il ne croit pas personnellement dans une politique accommodante à l'égard de la Syrie et de l'Iran", a-t-il ajouté.
 
Le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot estime pour sa part que M. Bush a déjà infléchi sa politique en soutenant la visite de Tony Blair en Israël et dans les territoires palestiniens la semaine prochaine. Lors d'une conférence de presse conjointe à Washington avec le Premier ministre britannique, le président américain a annoncé jeudi que celui-ci se rendrait prochainement dans la région pour tenter de relancer les pourparlers israélo-palestiniens, dans l'impasse. M. Blair a lié la résolution du conflit israélo-palestinien et la stabilisation de la région et de l'Irak en parlant de "vision globale". Il s'agit, a-t-il dit, d'envoyer le "signal très fort" que les Etats-Unis et leurs alliés "traitent équitablement" les Israéliens et les Palestiniens, contrairement à ce que beaucoup croient dans la région. Seul dans la presse israélienne, le quotidien (libéral) Haaretz soutient le rapport, estimant qu'il ne "traduit pas une attitude hostile envers Israël" et que l'Etat hébreu devrait le "considérer comme une lueur d'espoir".
 
Le rapport américain sur l'Irak, publié mercredi, a été rédigé par une commission co-présidée par James Baker, ancien secrétaire d'Etat. Le document préconise un engagement des Etats-Unis en faveur de la résolution du conflit israélo-palestinien et un retrait israélien du plateau syrien occupé du Golan, en échange d'un accord de paix entre la Syrie et Israël. Dans une interview publiée vendredi dans le Yediot Aharonot, l'un des conseillers américains ayant contribué au rapport estime que si l'administration américaine change de cap au Proche-Orient, Israël suivra. "J'ai beaucoup de respect pour Ehud Olmert. J'estime que si nous bougeons, lui aussi bougera", a déclaré Edward Djerejian, ancien ambassadeur américain en Syrie et en Israël. "Je savais que la première réaction serait l'inquiétude. Mais je lis les sondages. Il me semble que la majorité des Israéliens comprennent maintenant qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit", a estimé M. Djerejian. "Israël, malgré sa puissance militaire, n'est pas capable de l'emporter et ses ennemis ne peuvent le détruire. La solution est politique", a-t-il ajouté.

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