Livre juif : Nous Chanterons Encore de Gérard Darmon

Antisémitisme/Racisme, Coup de coeur, Culture - le - par .
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Nous chanterons encore de Gérard Darmon

La plus belle déclaration d'amour que peut espérer recevoir une mère et que peut offrir un enfant à sa mère, avec un talent rare. Un amour absolu pour une maman.

Cette mère qui a su donner sans compter à cet enfant unique, privé de son père à cause de la guerre, la seconde guerre mondiale où le seul crime d'être Juif vous condamnait au pire des supplices, les camps de la mort dont il ne reviendra pas.

Lui, enfant, n'aura comme tout trésor et le plus grand à ses yeux, que l'amour de sa mère.
Lui, il deviendra sa plus belle raison de vivre, rien n'est assez beau pour lui. Il fera des études.

Il a su décrire avec pudeur et tendresse cet amour-dévotion pour sa maman.
Sa maladie soudaine renforcera les liens de ces deux êtres que la vie n'a pas épargné,
ils se sont accrochés l'un à l'autre afin de surmonter les épreuves et ont même réussi à défier la mort.

Cet amour, ils ne le savent pas encore, deviendra pourtant le plus incroyable des traitements, un élixir de vie.

Selon les médecins, il ne le lui reste à vivre tout au plus que quelques semaines. Mais, l'amour est bien plus fort que la mort et ils le prouvent. Elle fêtera encore deux fois son anniversaire, le 1er avril. Deux années de plus avec son fils chéri.

Ces mêmes médecins qui l'avaient pourtant condamné ne s'expliquent pas comment une tumeur cérébrale a pu disparaître, et pourtant... Le miracle de l'amour.

Le premier traitement à toutes les maladies, assurément, mais que l'on ne donne pas sur ordonnance, seulement sur ordre divin. Gérard Darmon a respecté le cinquième commandement : "Tu honoreras ton père et ta mère". A défaut de père, il a tout donné à sa mère. Une sanctification divine de l'amour filial.

Ces deux années de sursis, ils sauront les vivre avec intensité, plus de temps à perdre, chaque instant, chaque minute seront un souvenir pour après, pour plus tard, le plus tard possible.

Chaque jour, chaque semaine, chaque mois de gagné est un merveilleux pied de nez à la mort.
Non, elle ne nous aura pas tant que nous n'aurons pas bu jusqu'à la lie ce que nous avons décidé de vivre.

Se nourrir d'elle avant son départ, afin de pouvoir supporter sa propre vie après.
Elle, consciente de sa fin proche, ne se lamente pas, ne s'apitoie pas, son plus beau cadeau est l'amour de son fils ; un refrain au quotidien qu'ils chantent ensemble.

Ils ne se lassent pas de se voir. Lui, sait qu'après son départ, il saura faire revivre ses derniers moments passés ensemble, ces derniers instants vécus avec cette hyper conscience que demain ne viendra peut-être pas.

"Je n'ai pas voulu raconter de façon anecdotique ces deux années, mais plutôt commenter un parfum, faire sentir ses notes à travers mes mots".

Gérard Darmon est artiste peintre, il décrit ses émotions comme des touches de couleurs couchées sur une toile, il faut s'éloigner du tableau pour en voir les contours, et ainsi on plonge dans ce flot d'émotions et de sensations. On est happé par ce ressenti qu'il a su avec talent exprimer par ses mots. Savoir écrire, c'est savoir mettre les mots sur ses sensations.
Il a su retranscrire sa réalité par des touches de couleurs, subtiles, jamais violentes, jamais gênantes.

Les couleurs ont su rester pastel même jusqu'au bout de la nuit, celle qui emportera sa mère chérie. La pudeur accompagnant chacun de ses mots ne nous permet pas de nous faire entrer dans leur intimité.

Il a su nous laisser à notre place, nous faire profiter de ces instants d'émotions sans devenir voyeurs. Un respect mutuel parfaitement maîtrisé.

Une écriture fine, ciselée, où les mots de chacune des phrases sont soupesés afin de garder cette incroyable harmonie de sons et de couleurs.
Une mélodie, une toile, un parfum, où notes et couleurs s'entrelacent pour exprimer leur quintessence.

"J'ai passé plus de 20 ans à réécrire, à retirer, rarement rajouter des mots, pour être au plus juste de la bonne tonalité". C'est une déclaration toute en retenue, des mots écrits tout bas.
Des mots psalmodiant comme une prière.

L'irrationnel n'est pas exclu, il vient plus tard, en touche finale, à la fin du livre, où l'auteur pense sentir la présence de l'être aimé après sa disparition.

Il n'explique pas cette sensation rassurante qu'il ressent parfois, ces quelques mots, rares, mais qu'il entend comme insufflés dans son esprit. Par qui ? Peu importe.

Il conte plus qu'il ne raconte. C'est un poème, un hymne à l'amour maternel, à l'amour filial.

Venez voir, comme il vient la voir tous les jours à l'hôpital, bien avant les heures autorisées des visites. Il brave les interdits, tous, prêt à perdre son emploi pour ne pas perdre un instant d'elle.

Elle se ravit de sa présence, il la protège à présent comme elle n'a eu de cesse de le protéger durant toute sa vie, lui et sa propre famille.

Un juste retour des choses, l'amour donné sans condition vous revient toujours dit-on.
Ce livre est le plus bel exemple de l'amour inconditionnel.

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Mais c'est aussi la recherche de cette habitude rassurante, une forme de madeleine de Proust, cette présence qu'on a toujours connue, qui nous a toujours accompagnée et que l'on refuse de voir disparaître.

Alors, on prolonge cette présence, on en étire les instants, les secondes, on donne de l'intensité, de la lumière là où certains, sans cette fin imminente, y attacheraient si peu d'importance car demain pour eux reviendra sûrement.

Le temps ne s'écoule pas au même rythme pour ceux qui connaissent l'échéance et ceux qui veulent encore l'ignorer.

Cette mort si proche a finalement ajouté de la vie à leur vie. C'est l'approche du glas, inéluctable, qui donnera cette force à ce fils dévoué à cette mère aimante.

On ne se perd plus dans les dédales des fausses pudeurs, des fausses situations, on est dans l'urgence de vivre et de rendre tout l'amour qu'on a reçu.

Vite, car l'univers est le plus puissant des ordinateurs, rien ne lui échappe et rien n'est plus juste que la vie.

Toute maman jeune et moins jeune qui lira ce livre, ne pourra s'empêcher de pleurer en pensant à sa fin prochaine naturelle et à cet espoir d'être entouré par l'amour de ses enfants lors de ses derniers instants.
Merci à Gérard Darmon auteur de  "Nous chanterons encore" pour ce merveilleux livre.
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Peinture de l'artiste Gérard Darmon

Peinture de l'artiste Gérard Darmon

 

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