Sciences: Des fossiles âgés de 3,4 milliards d’années

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fossile23.jpgArticle paru dans "tdg.ch"

Ces vestiges de bactéries pourraient être les plus vieux connus
Des microfossiles tubulaires trouvés entre des grains de sable dans du grès, à l’ouest de l’Australie. Les tubes ont environ dix micromètres de diamètre. DAVID WACEY
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Des fossiles âgés de 3,4 milliards d’années ont été découverts par une équipe de chercheurs anglo-australiens, témoins d’une terre en formation où l’oxygène était encore rarissime. Ces fossiles microscopiques de bactéries pourraient se révéler être les plus anciens connus sur notre astre, âgé d’environ 4,5 milliards d’années, rapporte l’article publié dimanche dans Nature Geoscience.

Il y a 3,4 milliards d’années, la Terre est encore chaude, dominée par de violentes éruptions volcaniques. Un épais manteau de nuages gris obscurcit le soleil. Les premières terres émergent des océans brûlants, 40 à 50 degrés; petites, elles ne dépassent pas la taille des Caraïbes. Les marées, résultat d’une lune beaucoup plus proche de la Terre qu’aujourd’hui, sont énormes.

Dans cet enfer, la vie émergente s’y sent au paradis. En l’absence d’oxygène et de lumière. c’est de soufre que se nourrissent les premiers colons du globe, des micro-organismes unicellulaires dépourvus de noyau. Aujourd’hui encore, ces bactéries sont répandues notamment dans les sources hydrothermales ou le fond des océans.

Les fossiles eux-mêmes ont été repérés depuis plusieurs années sur cette ancienne plage de l’ouest de l’Australie, dans la formation de Stelley Pool. La nouveauté est leur datation avec une précision inégalée. Les scientifiques estiment pouvoir «être très sûrs de l’âge» des fossiles, car les roches sédimentaires où ils les ont trouvés se sont formées entre deux épisodes volcaniques. «Cela limite à quelques dizaines de millions d’années», l’intervalle de temps où les fossiles ont pu se former, précise Martrin Brasier, un des auteurs de l’article.

L’autre confirmation qu’apportent les chercheurs est le caractère biologique de fossiles, excluant qu’ils soient le résultat d’un processus de minéralisation. En plus de leur structure et de leur arrangement en groupe, ils présentent en effet des traces de métabolisme microbien, affirment les chercheurs. Ils ont détecté de minuscules cristaux de pyrite qui contenaient une forme de soufre différente de celle ingérée par les cellules. Preuve que ces micro-organismes absorbaient et transformaient le souffre présent dans leur environnement pour produire un carburant nécessaire à leur survie.

Enfin, ce travail pourrait avoir des implications pour la recherche de vie sur d’autres planètes en donnant des indications sur les formes insolites que peut prendre la vie.

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