Sciences: Bactérie génétiquement modifiée : une nouvelle forme de vie ?

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bacteriegm.jpgUne équipe de biologistes a réussi à créer une bactérie viable dont l'ADN utilise en partie un composé synthétique, absent du règne du vivant à l'état naturel. Objectif ? Eviter que des bactéries modifiées à des fins industrielles n'interagissent avec les êtres vivants.

Aujourd'hui, sont développées des bactéries génétiquement modifiées pour permettre, par exemple, de synthétiser de nouveaux biocarburants ou des médicaments. Pour certains scientifiques, éviter que ces nouvelles venues n'interagissent avec le vivant naturel passe par la modification complète de leur ADN. "C'est une idée qui ne va pas de soi. Mais en fait la proximité génétique est beaucoup plus dangereuse que l'altérité", explique le biologiste français Philippe Marlière, de la société Heurisko USA. "Ce qui protégera le plus l'environnement et la santé, ce sont des organismes qui seront les plus différents possibles et qui dépendront le plus possible d'ingrédients artificiels", absents dans la nature, assure-t-il.

"On a tendance à penser que plus quelque chose est différent, artificiel ou lointain et plus il est dangereux. En fait, c'est l'inverse qui est vrai", estime-t-il. Il donne comme exemple le VIH : "Pourquoi le sida est-il dangereux ? Parce que c'est un virus qui vient des singes, s'il venait des Martiens, il serait sans danger", affirme ce pionnier des recherches en biologie synthétique, dans une discipline naissante : la "xénobiologie"."La xénobiologie, c'est la vie étrangère, étymologiquement, et il n'y a aucune raison que la vie étrangère, on ne puisse pas la faire apparaître sur Terre", argumente-t-il.

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