Les confessions de Charles Aznavour à Tel-Aviv par Julie Ebbo

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-kremlin.jpgLes confessions de Charles Aznavour à Tel-Aviv 

Charles Aznavour, le géant de la chanson française était sur Tel-Aviv, jeudi soir dernier, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Dan. Confortablement installé, dans son complet "violet" choisi pour l’occasion, le monument de la variété française se portait comme un charme.

 

À 89 ans, cet artisan de la chanson pose un regard doux sur la vie. Et si ses mélodies et textes savent faire naitre des images qui nous touchent et continuent de nous faire rêver, cet amoureux des mots nous a attendris par son humilité et sa sagesse. Les questions politiques allaient bon train dans la salle, pour autant, Charles Aznavour ne s’est pas laissé démonter et a su jouer de son humour devant ce parterre de journalistes. 

 

Venu en Israël pour chanter et non faire de la politique, le "chanteur-poète" adopte une position totalement neutre et déclare qu’il n’a aucun message à donner au public "je ne donne pas de conseils, je reste à ma place, si je viens c’est que je veux et j’ai envie de venir et c’est tout, je ne parle pas de politique, chacun a son opinion". 

 

Loin de s’ériger en donneur de leçon, le grand Charles Aznavour se confie et raconte "ma femme est protestante, moi je suis chrétien, mon petit fils est de famille juive, ma petite fille est algérienne donc musulmane, et la femme de mon fils est très catholique et nous nous entendons merveilleusement bien, j’appelle ma famille "Bénéton" ! S’exclame-t-il, en référence à ce symbole de multiculturalisme et de tolérance.

Fringuant, souriant, simple et charmant, l’artiste se réjouit à l’idée de répondre à des questions plus légères "les choses sérieuses c’est fait, et maintenant on parle de tout et de rien, c’est toujours ça que je préfère" raconte-t-il avec sympathie.

 

Son moteur dans la vie ? L’aventure 

 

D’une langue merveilleusement poétique, l’esprit alerte, passionné par son métier de la scène, il nous invite au voyage "ma vie est une aventure, la vie de chacun est une aventure. Moi j’ai inventé une aventure qui est celle de chanter à l’autre bout du monde devant une foule plutôt que chanter chez moi, mais en même temps je m’instruis, j’apprends des choses, je parle des langues différentes, je participe à ce qu’il se passe dans le pays, et je reviens enrichi et l’enrichissement pour quelqu’un qui écrit, c’est formidable parce que ça coule au bout de la plume". 

 

Sa popularité dans le monde comment l’explique-t-il ? " lui, n’est pas une star"

 

Conscient de son talent, l’icône de la chanson française reste humble malgré tout

 

 "Je crois que ce que j’écris intéresse mon public, je ne suis pas tellement différent de mon public, je suis beaucoup plus disponible que ceux que l’on rencontre habituellement et qui sont des stars" répond-il avec humour et dérision déclenchant un fou rire général dans la salle.

 

Sa relation avec le public ? De plus en plus fusionnelle

"Aujourd’hui je suis intimement proche de mon public, je raconte tout ce qu’il se passe sur scène qui ne se passait pas auparavant ! Si j’ai un aphte, si j’ai mal au dos, je me suis aperçu très vite que même si ça me fait très mal, ça fait plaisir au public. J’arrive à présent à créer une relation de proximité". 

 

Une leçon de sagesse ? 

"Vivre, je sais bien qu’on est nait pour mourir, mais avant il faut vivre, beaucoup et bien". 

Mon intervention remarquable ! 

 

Jeune journaliste que je suis, intimidée et excitée à l’idée de rencontrer le grand Monsieur Aznavour, j’ai gaffé en lui posant la question

 "C’est la première fois que vous venez en Israël quel est votre ressenti sur le pays?" une bourde qui en a choqué plus d’un, si l’on en croit les vives réactions dans la salle. 

Et pourtant…cette "boulette" a permis de révéler une petite anecdote inédite reprise plusieurs fois dans la presse ce matin ! 

 

L’artiste aurait chanté dans un petit cabaret de Tel-Aviv qui appartenait à un certain Monsieur Coba, lors de sa venue en 1948 juste après la création de l’Etat d’Israël. Si le chanteur est déjà venu en Israël c’est bien la première fois qu’il donne un concert au Nokia Arena de Tel-Aviv ce samedi 23 Novembre. Au programme ? Et bien, pas de programme !

 

" Il n’y a pas de répertoire, je chante ce que je chante, je n’aime pas prévoir car jusqu’au dernier moment je peux tout changer. Je ne suis jamais tout à fait sure de ce que je vais chanter". Mais il tente de nous rassurer "J’introduirais quelques chansons en anglais pour ceux qui ne parle pas du tout le français, et pour les autres j’espère qu’ils auront un voisin qui pourra leur traduire les chansons" un petit clin d’œil à l’interprète Giselle Abazon qui nous a tous bluffé par son talent d’oratrice et ses traductions sur-mesure. 

Julie EBBO

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