Henri Hajdenberg, président du CRIF

Paroles d'hommes - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

                                        Henri Hajdenberg, président du CRIF

Au retour, de la délégation du CRIF envoyée en Israël, avec Haïm Musicant directeur du CRIF , Monsieur Bomrstein, et madame Edith Lausner, chargés de la communication, Henri Hajdenberg président du CRIF, nous fait part de son analyse concernant les bouleversements politiques qui secouent aujourd'hui la droite israèlienne et le gouvernement dans son sensemble.
Il nous explique comment et pourquoi l'application des accords d'Oslo semble aujourd'hui possible, le profond changement de la société israèlienne, et la possibilité d'un gouvernement d'union nationale.


Séquences photos de la délégation du CRIF en Israel

hajdenberg[1].gif
Comment expliquer le revirement politique de Benjamin Nathanyou ?
Concernant le statut de Jérusalem.
Oui ou non pour un gouvernement d'union nationale.
Un rôle éventuel pour Shimon Perez ?
Sur les déclarations d'Ory Or,concernant les séfarades en général
Position du CRIF sur les sites antisèmites sur Internet

Henri Hajdenberg, président du CRIF

(photos de la délégation prochainement disponibles)

Le nouveau leitmotiv du Likoud "Il faut prendre les risques de la paix"

Alliance - Au retour de votre délégation d'Israël, vous semblez conforté dans l'idée que le gouvernement de Benjamin Nathanyou allait, enfin, appliquer les accords d'Oslo. Une question pourtant s'impose: comment expliquer ce revirement politique de Benjamin Nathanyou premier ministre d'Israël et représentant du Likoud ?

Henri Hadjdenberg-Notre analyse nous a permis de constater qu'il y avait deux raisons essentielles. La première apparaît lors de nos différents entretiens que nous avons eus, notamment avec le ministre de la Défense Isaac Mordéhaï, chargé des nouvelles cessions avec l'autorité palestinienne. Il a exprimé la conviction de vouloir aller jusqu'au bout des négociations et aboutir en proposant une solution de compromis. L'expression "Il faut prendre les risques de la paix "usitée lors du précédent gouvernement , reprend son cheval de bataille et a été reformulée à plusieurs reprises.

Pour exemple de compromis, la zone de territoire comportant des risques pour la sécurité d'Israël, et pour laquelle il y a aujourd'hui une proposition israèlienne appuyée par les Etats-Unis ferait l'objet d'un statut temporaire. Ce qui permettrait, une souveraineté partagée des palestiniens et des israéliens, et avec l'engagement réciproque de ne pas construire sur cette zone pendant un certain temps et en tout cas jusqu'aux négociations du statut final des territoires.Ceci est la proposition débattue actuellement en Israël ou à Gaza.

Quant au premier ministre israélien Benjamin Nathanyou, il nous a fait part de sa volonté d'un compromis, pas dans n'importe quelles conditions et donc d'accepter le principe du redéploiement. Il souhaite, que soient respectés les engagements palestiniens conclus dans les accords d'Oslo. Notamment l'annulation définitive de la Chartre palestinienne, et le respect des engagements concernant la neutralisation des actes terroristes de la part de l'autorité palestinienne .En tout, six points sont exigés par l'autorité israélienne par apport à l'autorité palestinienne.

"L'idée d'un état palestinien n'est plus tabou ."

Alliance - L'autorité israélienne ?


Henri Hajdenberg- oui, des autorités israéliennes, des responsables israéliens, par apport à l'autorité palestinienne. Benjamin Nathanayou c'est aussi une autorité mais israélienne.
La seconde raison qui renforce la nouvelle position de Banjamin Nathanyou c'est peut-être dans l'évolution même de la société israélienne, se traduisant par une droite modérée . Des sondages indiquent, de façon constante, qu'une très large majorité d'Israéliens veulent le respect des accords d'Oslo soit 59%, 77%, pour la continuation du processus de paix . Et même 51% d'Israéliens acceptent l'idée d'un état palestinien selon certaines modalités. L'idée d'un état palestinien n'est donc plus tabou.

Le redéploiement de Hébron : un acte symbolique

Cette évolution a été menée par Benjamin Nathanyou.
Représentant de l' idéologie du Likoud, militant pour un grand Israël, sans concessions territoriales à l'égard des palestiniens ; il accepte pourtant un redéploiement de 11% au lieu de 9% à Hébron.
Peu d'importance a été accordé à cet évènement symbolique,pour l'une des villes les plus importantes d'Israël aprés Jérusalem. Ce qui traduisait pourtant la volonté de Benjamin Nathanyou d'accepter le principe de l'échange territoriale contre la paix. Peu à peu la droite modérée a suivi cette évolution de pensée . David Lévy qui fait partie de la coalition gouvernementale dit aussi qu'il faut aller de l'avant avec le processus de paix. Même dans le Shass nous trouvons actuellement des éléments modérés. Aujourd'hui Benjamin Nethanyou est devant un choix crucial, poussé par les modérés pour un accord avec les palestiniens, et de l'autre côté par les ultras qui refusent à plus de 9% la restitution territoriale. Ce qui peut bien-sûr, entraîner la dissolution de la Knesset.

Alliance - Qu'en est-il du statut de Jérusalem ?


Henri Hajdenberg- Concernant Jérusalem, c'est seulement après le second redéploiement, lors des pourparlers des statuts définitifs des territoires qu'il en sera question; comme convenu dans les accords d'Oslo

L'Union national : un choix possible pour marginaliser les ultras.

Alliance - Puisque nous allons vers une similitude de la politique du parti travailliste pourquoi cette hésitation pour un gouvernement d'union nationale ?

Henri Hajdenberg - Il n'y a pas d'hésitation. D'un côté, nous avons Shimon Perez qui est pour l'union nationale mais n'est pas à la tête du parti travailliste et de l'autre, Ehoud Barak qui est contre.

Les enjeux politiques sont trop importants. Devant une crise économique sans précédent en Israël; nous sommes actuellement à 9,2% de chômage, lors du précédent gouvernement seulement à 6% . L'union nationale aujourd'hui, voudrait dire, effacer, gommer le débat de cette crise économique, et surtout être en accord avec Benjamin Nathanyou dans la façon dont il mène sa politique. Ce qui n'est pas acceptable pour messieurs Ehoud Barak et Yossi Belline. Cependant, si ce choix devenait nécessaire pour marginaliser les ultras ainsi que les religieux orthodoxes du gouvernement, rien ne dit qu'il ne sera pas appliqué.

A- Pensez vous dans ce cas, que Monsieur Shimon Perez aurait encore un rôle à jouer ?

HH - Si Shimon Perez avait un rôle à jouer, c'est une carte personnelle.

Les résultats des dernières éléctions ne permettent pas d'éliminer le vieux débat : séfarades et askenazes

A- Que pensez-vous des déclarations d'Ori Hor sur les juifs séfarades en général ?

HH- Ce sont des déclarations désastreuses. Notre analyse c'est que nous avons une société israélienne qui a bien évolué par apport au vieux débat, séfarade et askenaze des années 60.
À l'aube de l'an 2000, il serait peut-être temps de l'enterrer définitivement,mais force est d' admettre qu'il a existé.
Cependant si il y a des responsabilités du côté askenaze, il faut dire que les dernières élections telles qu'elles se sont présentées avec des groupes à consonances d'origine comme celui de Charansky, pour les Russes, moins du côté de David Lévy mais avec une base électorale d'origine séfarade ou marocaine, en vue des résultats, n'a malheureusement pas permis d'éliminer ce vieux débat des années 60 .

"Contres les sites négationistes,nous réclamons une conférence internationale"

A- Alliance a lancé une pétition contre les sites antisémites et négationistes qui sévissent sur Internet, à laquelle s'est associé Marc Knobel, attaché au Centre Simon Wiesenthal.
Quelle est la position du CRIF ?

HH.- Notre position est simple; nous demandons au ministère concerné, celui de la justice notamment, de lutter contre ces sites à caractère antisémite et de bâtir une législation qui permet d'éliminer ces parasites. Aujourd'hui nous avons des dispositions légales en particulier la loi 1972 sur le plan de toute la presse, écrite , parlée, visuelle, il serait donc souhaitable d'étendre cette loi pour Internet.
Vous vous attendiez à une autre réponse ?

A- Non, bien sûr, mais je pensais que vous pourriez me dire qu'une action était déjà possible, mais il semble que non ?


HH- Dans le cadre français, la législation existe avec la loi 1972 qu'on peut appliquer en matière de presse.
Dans la mesure où l'on arrive à trouver les responsables de ces sites, on peut appliquer cette législation en les faisant traduire devant les tribunaux. Sur le plan international, concernant les pays qui n'appliquent pas la même législation, nous réclamons une conférence internationale pour qu'il y ait une lutte internationale.Et ainsi, ne plus permettre sur le terrain français la possibilité par Internet de diffuser des textes négationistes et antisémites, à partir de pays qui n'ont pas la même législation que nous.

Propos recueillis par Claudine Douillet

Photos

PHOTO1[1].jpg

Ministre de la défense avec le Président du CRIF

PHOTO2[1].jpg

Dans le bureau de Shimon Peres avec le Staff du CRIF

PHOTO4[1].jpg

David Levy et l'équipe du CRIF

PHOTO9[1].jpg

Benjamin Nathanyaou et Henri Hajdenberg

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi