Paracha de la semine :VAYERA Abraham l'homme de la disponibilité

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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le repas partagé avec les 3 anges pour l'annonce de la naissance de Isaac

VAYERA Abraham l'homme de la disponibilité

Pour le judaïsme, Abraham est à la fois l'ancêtre d'Israël, le modèle du juif pieux aimant D.ieu et le garant de l'existence du peuple.
La formule "Abraham avinou", notre père, exprime l'étroite relation qui unit le peuple au patriarche.
Son dévouement et sa perfection devinrent des attitudes qui servent d'exemple à ses enfants.
La Thora consacre à la vie de ce patriarche 14 chapitres, soit un peu plus du quart du livre de la Genèse.
Au cours de ce récit l'image d'Abraham évolue sous nos yeux.
Au fil des épreuves, cette image grandit et s'amplifie pour devenir non seulement celle du fondateur de la nation juive, mais d'une multitude de nations.

Dans la vie de ce patriarche, l'épisode du sacrifice d'Isaac occupe une place centrale.
Au moment où Abraham pensait avoir atteint son but, il est appelé à renoncer en faveur de D.ieu à tout ce qui lui semblait être précieux, à l'idéal éthique auquel il croyait et qu'il avait constamment enseigné. Abraham n'hésite pas. Il répond "hinéni". Sur un seul petit mot "Hinéni", s'inscrit la présence et s'inaugure une histoire laquelle, sous les pas d'Abraham, se construit à bas bruit depuis de départ originel, d'Ur Khasdim.

Ce petit mot a une extrême importance pour comprendre l'entité abrahamique. En effet, ce petit mot jalonne le récit biblique. Il sera la constante réponse à D.ieu de celui, Moïse notamment, qui sera appelé par Lui.

Mais c'est la première fois dans l'histoire de l'homme, la première fois avec Abraham, que ce petit mot figure est prononcé par un homme. En effet, ce mot figure antérieurement dans la Genèse mais prononcé par D.ieu.

Il apparaît pour la première fois, non pas dans l'affirmation de la présence créatrice. D.ieu créant les abîmes, le ciel, la terre, les luminaires, ou même l'homme. Il n'apparaît pas non plus dans l'émergence de l'homme et de la femme face au Créateur, ni dans leur péché, ni dans leur bannissement, ni lors du crime de Caïn. Il apparaît dans une situation essentiellement ambivalente, en Genèse VI, 13 -dans la seconde semaine liturgie de l'année -lorsque D.ieu ayant désespéré de l'homme annonce la destruction totale du déluge, mais lorsque, cependant, ayant trouvé un juste dans une génération coupable, Noé, il s'adresse à lui pour lui annoncer la fin de toute créature et lui indiquer en même temps le chemin du salut. Ve-Hinéni, et me voici qui vais détruire la terre.

L'affirmation de la présence divine exige une présence humaine minimale, ici celle de Noé.

L'histoire cependant ne prendra son sens véritable -celui d'une alliance - qu'avec Abraham, homme qui reprend à son compte, face à D.ieu, l'affirmation de sa propre présence.

Lui ne se cache ni ne se dérobe comme l'ont fait Adam, Eve, Caïn. Et sa présence est plus consistante que celle de Noé , qui ne plaidera pas pour la terre comme plus tard Abraham plaidera en faveur des villes coupables.

Non, Abraham, interpellé par D.ieu, répond par ce simple peiti mot ou s'arrime l'extraordinaire aventure  de l'homme et de D.ieu, de la créature et du Créateur. Hinéni. Me voici. Abraham est défini par ce mot même, inscrit dans l'histoire comme figure du début de l'histoire..

Ici nous apparaît dans toute sa stature l'homme de la disponibilité totale, l'homme du Hinéni. La disponibilité d'Abraham atteint, de plus, toute sa signification par le fait que l'exclamation "me voici" est prononcée à trois reprises dans la Akéda et chaque fois elle vient en réponse à une interpellation différente.

Ce triple "Hinéni" comporte une leçon très précieuse pour chacun de nous. La première disponibilité du juif est bien entendu mise au service de D.ieu. C'est le dialogue qu'il engage avec son Créateur à travers la prière et l'acte religieux. Toutefois cette disponibilité est incomplète, boiteuse même, si elle n'est pas complétée par celle qui est mise à la disposition de ses enfants en vue du maintien et de la transmission de l'héritage spirituel. Alors que le troisième "hinéni" fait sauter le cadre étroit de la famille.

L'ange dont il est question dans la Akéda, est ici le symbole de l'humanité à laquelle par l'intermédiaire de chaque homme, nous sommes redevables de notre disponibilité.

CLAUDE LAYANI

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