Paracha de la semaine : KEDOCHIM Soyez Saints car Je suis Saint

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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KEDOCHIM Soyez Saints car Je suis Saint

 

KEDOCHIM Soyez Saints

D'après le Séfer Ha'hinou'h, notre lecture ne comporte pas moins de 51 mitzvoth.Elle est consacrée aux prescriptions morales et sociales, rappelant la nécessité pour l'homme d'être saint à l'image de son Créateur, et fidèle à sa mission.

KEDOCHIM  Soyez Saints car Je suis Saint

KEDOCHIM Soyez Saints car Je suis Saint

Ces principes de base doivent être gravés dans le coeur de chaque juif. Ce sont eux qui font de lui un membre d'une nation pionnière de justice et d'équité. Le sens de cet idéal s'étend à une justice sans détour à l'égard du coreligionnaire comme de l'étranger, de l'ami comme de l'ennemi, du prochain comme du lointain, du vieillard, sans parler de la pureté des moeurs conjugales

Notre Sidra est introduite avec une particulière solennité: L'Eternel dit à Moïse: "Parle ainsi à toute l'Assemblée des Enfants d'Israël (Lév. 19,1).

Est-ce, comme le pense le plus populaire des maîtres de la Synagogue, Rachi, pour souligner que la plupart des corps de la Loi y sont évoqués ? Ou pour rappeler, suivant d'autres interprétations qu'aucun membre de la communauté ne devait pouvoir prétendre à se soustraire à l'observance de ses commandements qu'il fût grand ou petit, proche ou lointain.

L'exigence demeure, impérieuse et, une fois n'est pas coutume, motivée.
Notre texte n'est-il pas en effet ponctué de l'impératif: "Soyez saints, car Je suis Saint".? Est-ce là un voeu platonique, une invocation pieuse, une référence rhérotique au "peuple de D.ieu"?

Tout le contexte de ces deux si importants chapitres de l'Ecriture vient démentir une telle hypothèse. Etre saint c'est observer par le détail les lois religieuses, les commandements envers son prochain faible ou puissant, son lointain, son salarié, c'est respecter suivant des préceptes impérieux le règne végétal et animal, c'est.... mais il n'est que d'ouvrir une Bible et de parcourir nos chapitres dans lesquels l'exhortation à être "saint" est le thème constant de la motivation sous-jacente.

La loi orale vient en contrepoint préciser ce qui apparaît comme obscur ou imprécis. Qu'ajoute par exemple (vers.13) l'ordre de ne pas voler à celui de ne pas opprimer, ou (vers.18) l'exigence de ne pas garder rancune à l'interdiction de la vengeance ?

Les commentateurs , les décisionnaires de la synagogue établissent une graduation précise, un code moral méticuleux.

Le vol est d'une définition relativement aisée, mais l'oppression peut, à l'extrême, être le manque de diligence apporté à résoudre un litige.

La vengeance, concept que l'on peut cerner, inclut-elle comme l'explique Rachi de façon imagée le fait de prêter un objet à son prochain, en ajoutant: "le voici" ; je ne suis pas comme toi qui - quand je te demandais le même service - me l'a refusé".

Non pas, cette mauvaise pensée est proscrite par l'interdiction de porter rancune. On pourrait sans difficulté multiplier les exemples et abondent en pédantes citations, contentons-nous de reprendre les termes du "Sentier de Rectitude" de Moché Hayim Luzzato qui, au 18e siècle, conclut désenchanté son introduction: "Ce sont là des choses connues de la plupart des hommes et qu'ils ne songent même pas à contester. Mais le fait même qu'elles sont si répandues et que leur vérité s'impose à tous ,conduit très souvent à s'en écarter et à les oublier".

S'attacher au détail des actes et des pensées, codifient leur interdiction en vertu d'une révélation hétéronome, soustraite aux modifications que l'homme pourrait lui apporter, témoigne en vérité de toute une philosophie de la nature humaine.

Non, l'homme n'est pas bon de nature, il est par essence un loup pour son prochain.

Les humanistes optimistes du 19e siècle, emportés par un élan d'enthousiasme généreux que les découvertes des temps modernes laissaient espérer, ont engendré des régimes où une bureucratie pesante et omniprésente officialise l'oppression, légalise le crime.

Les doctrinaires de ces régimes accusent facilement d'idéalisme les fidèles des religions révélées. Pour le judaïsme, tout au moins, c'est tout le contraire qui est vrai. Sans illusion sur "l'homme mauvais dés son enfance (Gen 8,21), elle veut l'élever en tant qu'individu et en collectivité jusqu'au niveau de "saint"- séparé, qui au paroxysme le conduirait à être semblable de Celui à l'image duquel il est fait.

C'est faire preuve d'un idéalisme aveugle que de porter au contraire l'homme aux nues et d'en faire le maïtre de ses destinées.

Terminons par cette histoire célébre rapportée par le Talmud: "Un jour, un non-juif est venu se présenter devant Hillel, le grand maître de la Michna, célèbre pour son humilité et sa gentillesse: il voulait qu'Hillel lui enseigne la totalité de la Torah pendant qu'il resterait debout sur un pied. Hillel, sans perdre sa patience légendaire, lui répondit: "Ce que tu ne désires pas que l'on te fasse, ne le fais pas à autrui: voilà toute la Torah, le reste n'est que commentaire, va et apprends".

Claude Layani

Vos réactions

  1. marianoluis2003@yahoo.fr'elcaramanchon

    Merci pour la diffusion de cette pensée que nous devons mettre en pratique; c’est difficile, à priori impossible, mais il nous faut tendre vers la Sainteté. La citation de la dernière phrase résume bien la Parole Divine.

    Répondre

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