HANOUKA Origine et significations

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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Allumage des bougies de hanoucka

HANOUKA Origine et significations

Hanouka, une des plus belles fêtes de notre calendrier, rappelle des événements importants de l'histoire d'Israël: révolte des Macchabées, lutte victorieuse de la petite Judée du 2e siècle avant notre ère, contre l'occupation militaire des puissants rois séleucides de Syrie et de la persécution religieuse antijuive de l'envahissante civilisation hellénistique, libération de

Jérusalem et réinauguration du Temple nettoyé des idôles placées par l'occupant , naissance du deuxième royaume juif de l'Antiquité qui, sous la conduite de la dynastie hasmonéenne, se maintiendra plus de cent ans.

Comment connaissons-nous cette histoire ? Par la Torah ? Non, car Hanouka - comme Pourim- ne fait pas partie des célébrations ordonnées au peuple juif dans la Loi de Moïse et la tradition religieuse considère, pour cette raison, comme une "demi-fête" ce qui la range parmi les fêtes non chômées. Par les prophètes, ou les Hagiographes qui relatent l'histoire de Pourim dans le livre d'Esther ? Non plus, Hanouka est la seule fête juive dont la Bible ne dit pas un mot !

Par le Talmud, alors ? Pas davantage. On sait, en effet, que la loi orale recouvre d'un voile pudique toute l'histoire de l'époque du Deuxième Temple: les six siècles qui séparent Ezra le Scribe de Johanan Bar Zakaï y baignent dans un épais brouillard ! Mais en cherchant bien, on trouvera tout de même dans le Talmud de Babylone (Chabbat 21) quelques lignes sur les rites de Hanouka et un petit entrefilet relatant le "miracle de l'huile". Rien de plus.

Ce silence "incompréhensible" de la Loi écrite et orale, de tous les textes traditionnels du judaïsme, ne signifie évidemment pas que les Juifs de cette époque n'ont pas raconté par écrit l'exaltante épopée des Macchabées.
La preuve, c'est que nous possédons trois textes très anciens d'auteurs juifs qui en donnent une relation détaillée ! Ce sont les "Livres des Macchabées I et II" (écrits avant l'an 63 avant notre ère), et les "Antiquités judaïques" de Josephe Flavius (célèbre historien juif du Ier siècle de notre ère. Ils sont en langue grecque, mais le texte original des Maccabées I était sans nulle doute en hébreu ou en araméen.

Les rabbins du Talmud les connaissent et les ont volontairement voués à l'oubli... Ils nous ont, heureusement, été transmis par les Eglises chrétiennes.

Ainsi, pour apprendre l'histoire de Hanouka, il faut lire Flavius (chapitre 12 des Antiquités ou les Livres des Macchabées que l'on trouvera dans n'importe quelle Bible catholique !

Macchabées I et II ont, en effet, été exclus du canon biblique juif et protestant, mais insérés par l'Eglise romaine dans la série des "Apocryphes" de son "Ancien Testament". La Bible de la Pléiade, par exemple, en donne une bonne traduction française.

Macchabées et Antiquités, en nous révélant l'histoire de Hanouka, répondent à beaucoup de questions mais en posent de nouvelles. Macchabées et Flavius Josephe ignore le nom de Hanouka qu'il appelle "fête des lumières". Le nom "Hasmonéens", que l'on trouve dans le Talmud et dans les textes du rituel hébraïque, n'apparaît nulle part dans les Macchabées. Et le nom Macchabée lui-même est complètement absent dans toutes les sources hébraïques traditionnelles !

Autre énigme: nous ne connaissons pas la signification de Hasmonéens ! La tradition met ce nom en rapport avec le mot "'Hachmanim" (seigneurs) du psaume 143, verset 132, par lequel l'hébreu israélien désigne aujourd'hui des... cardinaux chrétiens.

On suggère aussi qu'il indique leur lieu d'origine qui serait 'Hachmona dans le Néguev (Nombres 33, 29-30). Finalement, on ne sait pas....

On ne sait même pas à quoi correspond Macchabée ! Traduit du grec "Makkabaioi" et du latin "Macchabaei", l'origine du surnom de Juda est certainement hébraïque. Les Juifs l'ont, il n'y a pas si longtemps, transcrit en "Maccabi" (nom que porte fièrement l'organisation sportive juive ). Mais on ignore sa signification. Initiales de "Mi Kamo'ha Ba-élim Adonay" (exode 15,11) radical de Makhabeh (extincteur) ? Ce sont des suggestions ingénieuses, sans doute, mais insatisfaisantes, sans aucune valeur scientifique. L'énigme reste entière.

L'incompréhensible mutisme du Talmud ne fait pas partie de la série des énigmes de Hanouka car les faits rapportés par les Livres des Macchabées et Josèphe Flavius en donnent une explication plausible. En résumé: des groupes de Juifs très pieux, appelés "Hassidim" (dix-neuf siècles avant le célèbre mouvement polonais) combattent avec le Macchabées jusqu'à la restauration de la liberté religieuse et du Temple mais ne les suivent plus dans leur longues luttes pour l'indépendance politique et leurs guerres de conquête.

Héritiers spirituels des Hassidim, les Pharisiens insistent plus sur la religion que sur l'Etat et condamnent tous les rois hasmonéens qui, soutenus par les Sadducéens, pratiquent presque toujours une politique opposée. Et les Sages refusent très probablement de léguer à la postérité le récit d'une époque particulièrement troubée par des guerres incessantes. Ils ont donné priorité à la lumière et au miracle de Hanouka qui symbolise la survie du peuple juif.

CLAUDE LAYANI

Vos réactions

  1. rabbinbitan@hotmail.fr'Bittan

    HANOUCCA

    La petite Histoire de Hannouca
    A l’époque du second Temple, l’occupant Gréco-Syrien soumit le peuple juif à de nombreux décrets dans le but de l’empêcher de pratiquer la Torah et les Mitsvoth dans l’esprit de sainteté qu’il convient, commer ne plus pratiquer la Brit Mila (la circoncision) et ne plus observer Shabbat.
    Il abusa des Juifs et de leurs biens.
    L’Eternel envoya alors la délivrance à Son peuple par l’intermédiaire de Mattathias, le Grand Prêtre, et de ses fils, les Hashmonaïm, parvinrent à défaire un ennemi pourtant largement supérieur en nombre et en équipement. Judith, la sœur de Mattathias joua elle-même un rôle de premier rang dans cette victoire miraculeuse.
    Après leur victoire, le 25 Kislev, les Cohanim s’employèrent à nettoyer le Temple des souillures qu’il avait subit pendant l’occupation et procédèrent alors à l’inauguration du Temple ainsi réhabilité.
    L’allumage du Candélabre (Ménora) du Temple ne put se faire que grâce à la miraculeuse trouvaille d’une petite fiole d’huile dont le sceau qu’elle portait témoignait qu’elle n’avait pas été souillée. Le miracle se perpétua, puisque celle-ci, prévue pour l’allumage d’un jour s’avéra suffisante pour illuminer le Temple pendant huit jours. Jusqu’à ce qu’il fut possible de produire de la nouvelle huile propre à l’allumage de la Ménora.
    Pour commémorer ces miracles, les Ha’hamim (Sages) de la génération instituèrent pour les générations à venir la fête de ‘Hannouca, qui compte parmi les sept Mitsvoth dites « De Rabanane ».

    Source : Site Habad

    Qu’est ce que « Hanoucca ? »
    Cette célébration est, selon des études récentes, la fête la plus observée par la communauté Juive.

    Chacun y trouve une signification ou un symbole qui lui est proche. Pourtant, nos sages se demandent dans le Talmud : Maï ‘Hannouca ? Qu’est-ce que ‘Hannouca ? Ils s’interrogent sur le véritable sens de la fête et sur sa principale leçon.

    Certains pensent que ‘Hannouca représente le triomphe militaire sur l’ennemi et la libération de la Terre Sainte. C’est en effet une partie importante de ‘Hannouca, et sans laquelle cette fête n’aurait pas eu lieu. Mais, ce n’était là que la première étape. Le but était de purifier le Temple et d’y allumer la Ménorah. En d’autres termes, les Maccabis devaient balayer les ténèbres de l’idolâtrie et des coutumes grecques qui avaient été imposées aux Juifs en Terre Sainte; par la suite, il fallait répandre la lumière de la Torah et des Mitsvoth, la lumière de la pureté et la sainteté produite par le mode de vie juif.
    Cela explique pourquoi nos sages n’insistent pas sur la victoire mais plutôt sur le miracle de l’huile. C’est la raison pour laquelle la Mitsva de cette Fête est l’allumage des lumières de ‘Hannouca.
    Quand une nation est dominée, son désir le plus naturel est de recouvrer la liberté. Pour le peuple Juif, la véritable liberté est celle qui permet de vivre selon le mode de vie judaïque, celui de la Torah et des Mitsvoth. Le miracle de ‘Hannouca ne pouvait être complet qu’une fois la Ménorah allumée à nouveau, dans un Temple purifié et sanctifié.
    Il y a deux différences essentielles entre les lumières de ‘Hannouca que nous allumons chaque année et celles de la Ménorah qui étaient allumées, jadis, dans le Temple.
    La première est que la Ménorah était allumée à l’intérieur du sanctuaire, alors que nous devons allumer les lumières de ‘Hannouca vers l’extérieur. La seconde différence est que la Ménorah était allumée alors qu’il faisait encore jour, tandis que les lumières de ‘Hannouca sont allumées après le coucher du soleil.
    Rappelons que la lumière symbolise la Torah. L’obscurité est alors symbole d’absence de Torah et de Mitsvoth. De même, l’intérieur symbolise le monde de sainteté, le monde spirituel intérieur ; le dehors symbolise le monde matériel. La leçon de ‘Hannouca est claire : nous devons répandre la lumière de la Torah au dehors. La Torah et les Mitsvoth ne sont limitées ni par le temps, ni par l’espace. Notre mode de vie ne se borne pas à certains jours de l’année, tels que Roch-Hachanna, Yom Kippour, les autres fêtes et les Chabbath. Il ne se borne pas davantage à certains lieux, tels que la synagogue ou la maison. La vie juive doit être vécue chaque jour de l’année, que ce soit à la maison ou à la synagogue, à 1’école ou au bureau, et même en marchant dans la rue.
    Nous devons apporter – grâce à la Torah et aux Mitsvoth – de la sainteté aux choses les plus ordinaires, à chacun des aspects de notre vie quotidienne. Nous avons le devoir d’étendre le spirituel au monde matériel, de sorte que notre quotidien soit lumineux et rayonnant de sens.
    De plus, nous devons agir de façon régulièrement croissante, ainsi que cela est souligné par les lumières de ‘Hannouca que nous allumons en nombre croissant d’une nuit à l’autre de la fête ; commençant avec une bougie le premier soir, deux le second, et ainsi de suite, ajoutant chaque soir une bougie supplémentaire.
    Quand chacun de nous s’acquittera de la part qui lui incombe, nous pourrons espérer que la promesse Divine sera réalisée et les ténèbres de notre exil balayées ; alors, (Psaumes 139 – 2) « la nuit brillera autant que le jour. » Cela se réalisera à la venue du Machia’h ; le Temple sera édifié de nouveau. Alors, la Ménorah sera allumée, mais, cette fois, pour ne plus jamais s’éteindre.
    Rav Eliahou DAHAN

    Quand, où et comment allumer la Hanoukia et quelles bénédictions réciter ?
    • L’essentiel de la mitsva est d’allumer (lé hadlik) et, surtout, de proclamer et diffuser (léfarsém) le miracle (ha néss). Pour cela, il est souhaitable de placer les lumières à la fenêtre ou à l’entrée de la maison pour que les autres voient le miracle dont nous avons bénéficié. Le rayonnement de la lumière vers l’extérieur est accompagné de joie (sim’ha) et de louange (hallel).
    On ne place pas le chandelier sur le sol mais au moins à 80 cm. Si on le place à l’extérieur pour remplir au mieux la mitsva, on le protège du vent dans un compartiment vitré. Si on le met à l’entrée de la maison, on le place au côté droit de la porte en symétrie de la mézouza. On la met en tout endroit digne où on pourra la manifester et en jouir.
    C’est une obligation que d’aider les pauvres et les veuves à avoir le matériel nécessaire pour assurer le rite et la fête.

    • On allume si possible avec une seule mèche ou allumette prenant la lumière à une source unique que l’on appelle le chamache. On l’a allumée en premier.

    • Beaucoup, depuis les périodes les plus lointaines, placent les lumières de ‘Hanouka à la fenêtre ou près de la porte pour qu’elles soient vues de l’extérieur : affirmation et publicité. Rappel : on ne place pas la lumière sur le sol.

    • A quelle heure allume-t’on ? Après l’office de Arvite, dès la tombée de la nuit, à l’apparition des trois premières étoiles, et jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de passant dans les rues. Certains allument même 1/4 d’heure avant la nuit. En tous cas, la lumière doit luire au moins pendant une demi-heure en notre présence. Si elle s’éteint, la mitsva a été accomplie par l’allumage. On peut alors réallumer mais sans dire la bénédiction.
    Les femmes peuvent et doivent allumer ; l’usage est qu’elles délèguent explicitement à leur mari qui doit se sentir délégué quand il fait le rite. Si l’homme est en retard, la femme allume pour lui et pour la famille. De même, s’il est en voyage.
    Allumer à la synagogue ne dispense pas d’allumer chez soi.

    HANOUKA HANOUCCA
    1. Le premier soir, On place le Chamache au centre et on place une bougie à droite,

    On Récite avant d’allumer, et ChéHé’hiyanou en allumant cette bougie avec le Chamache.

    Barou’h Ata Ado-nai Elo-hénou Méle’h Haolam Acher Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léadlik Ner ‘Hanoucca.
    Sois loué Eternel, notre D-ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifié par Tes Commandements, et nous a ordonné d’allumer les lumières de ‘Hanoucca.

    Barou’h Ata Ado-nai Elo-hénou Méle’h Haolam Chéassa Nissim Laavoténou Bayamime Hahème, Bizmane Hazé.
    Sois loué Eternel, notre D-ieu, Roi de l’univers, qui a fait autrefois des miracles en faveur de nos ancêtres, à pareille époque.

    La Bénédiction suivante n’est récitée que le 1er soir (ou la première fois qu’on allume les lumières de ‘Hanoucca).
    Barou’h Ata Ado-nai Elo-hénou Méle’h Haolam Chehé’heyanou Vekiyemanou Vehiguiyanou Lizmane Hazé.
    Sois loué Eternel, notre D-ieu, Roi de l’univers, qui nous a fait grâce d’atteindre cette fête.

    2. (les autres soirs, on ne dit que les 2 premières bénédictions seulement). Puis on allume.
    On dit ensuite le passage : « ha nérote hallalou » (certains le disent avant).
    Il est bon d’ajouter le psaume 30 (mizmor chir lé ‘hanoukate ha bayite lé David).
    Les Askénazes chantent le Cantique Maôz Tsour…

    3. Avant l’arrivée de Chabbate, on dit Min’ha et on allume d’abord les lumières de ‘Hanouka avant celles du Chabbate, alors qu’il fait pourtant encore jour. Les bougies ou l’huile doivent être assez importantes pour tenir 1/2 heure après l’arrivée des étoiles.
    A la sortie du Chabbate,
    – à la synagogue, on allume d’abord la ‘hanoukia puis on fait la havdala.
    – à la maison, on fait d’abord la havdala avant d’allumer les lumières de ‘Hanouka.
    Ceux qui font autrement et allument les lumières de ‘Hanouka avant de faire la havdala, ont aussi sur quoi se baser sur les plus grands décisionnaires (Choulkhane Aroukh, Ora’h ‘Hayim 681/2). Mais on l’évite souvent par précaution pour ne pas oublier la pratique de la havdala.

    4. Pendant les 8 jours de ‘Hanouka, on ajoute un texte « âl hannissim » dans
    – le birkate hammazone (prière après le repas),
    – chaque âmida (prière dite debout).

    A Cha’harite,
    – on dit le hallél chaque jour (même l’endeuillé, mais les femmes en sont dispensées),
    – on dit le passage : Beit Yaâqov,
    – on lit dans la Torah des passages de Bémidbar 6, 22-27 ; 7, 1-89 ; 8, 1-4.

    Au Chabbate, on sort deux rouleaux de la Torah et on lit dans le 2e le passage quotidien de ‘Hanouka.
    La haftara est en Zacharie 2, 14 à 4, 7.
    S’il y a deux Chabbatotes, la haftara est en I Rois de 7, 40 à 7, 50.

    Source Modia.org

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