Paracha de la semaine : CHEMINI Les réticenses d’Aaron

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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CHEMINI Les réticenses d’Aaron

CHEMINI  Les réticenses d’Aaron

CHEMINI Les réticenses d’Aaron

CHEMINI Les réticenses d’Aaron
Dans la Sidra Chemini, s’achève une première grande division du livre du Lévitique, consacrée d’une part aux sacrifices, d’autre part à la promulgation de lois relatives au Sacerdoce.

Pendant sept jours à compter de l’édification du Tabernacle, Moïse assuma la fonction de Grand Prêtre.

Puis, le huitième jour, sur ordre de D.ieu, il invita son frère Aaron à offrir son sacrifice expiatoire.

Par ce sacrifice, Aaron devait accéder à son rôle de Grand Prêtre qu’il se poursuivra jusqu’à sa mort.
Chose curieuse, une invitation à Aaron dut sembler insuffisante, car quelques versets plus loin (),7), Moïse insiste encore une fois: « Approche-toi de l’autel et offre ton sacrifice expiatoire... »

En vérité, comme le Midrach l’explique, c’est toute la personnalité d’Aaron qui se dégage de son attitude à ce moment décisif de sa vie.

Comment comprendre que Aaron ait été désigné définitivement comme Grand Prêtre, et non Moïse ? Nos Sages se sont demandés pourquoi fallait-il que Moïse insiste auprès d’Aaron « d’approcher », puisque le début de ce chapitre (),2) il lui avait déjà dit d’approcher les sacrifices devant l’Eternel ?

D’après Rachi, Aaron avait honte, il n’osait pas approcher, et c’est alors, que Moïse lui dit: Pourquoi es-tu honteux ?c’est pour cela que tu as été choisi ! »

C’est-à-dire d’après nos Sages c’est parce que tu est confus de honte que tu as été choisi comme Grand Prêtre. Tu pensais peut-être que ta faute lors du Veau d’or était un obstacle à cette nomination, à cette haute responsabilité . Nos Sages ajoutent Aaron était tenu d’offrir son sacrifice avant celui du peuple, afin que l’innocent fasse expiation pour l’accusé...c’est-à-dire, après avoir été purifié, innocenté, il pouvait offrir le sacrifice expiatoire pour le peuple d’Israël.

En ce huitième jour de la mise en service du Tabernacle qui était en réalité le 1er Nissan, Aaron est invité à exercer pour la première fois son sacerdoce.

Il s’avança vers l’autel, puis, brusquement ne put se retenir de faire un saut en arrière, intimidé par sa lourde responsabilité. Certains disent même que l’autel lui apparut sous la forme d’un boeuf.

Le Midrach explique les deux formes de panique qui s’empara de Aaron à ce moment-là.

D’une part, Aaron était saisi par la crainte révérencielle de D.ieu ; il était ému à l’idée que lui, commun des mortels, pouvait avoir été désigné pour servir D.ieu ; et jamais il n’avait vu D.ieu aussi Grand qu’en cet instant, dans ce sanctuaire ; il eut très peur, il se sentait indigne d’être le serviteur de D.ieu à un degré aussi élevé. Il fallut alors que son frère l’encourageât avec beaucoup d’insistance, en lui rappelant la joie qu’il avait ressentie au moment où sa nomination comme grand prêtre lui avait été communiquée:

« Approche-toi c’est pour cette mission que tu as été choisi ! Remarquons qu’Aaron ne s’approcha pas sans y avoir été invité au préalable. Aussi, a-t-il fallu que Moïse l’invitât solennellement à prendre ses fonctions.

D’autre part, l’autel, nous dit-on, semblait prendre la forme d’un boeuf aux yeux d’Aaron ; c’est pour nous enseigner qu’Aaron avait un sentiment de culpabilité très profond, des remords qui le torturaient d’avoir participé indirectement au péché du Veau d’or.

Aaron ne voyait pas comment après l’épisode du Veau d’or, il pouvait encore se présenter devant D.ieu, et implorer en faveur du peuple le pardon pour une faute dont lui-même, le Grand Prêtre, n’était pas innocent.

Aaron hésita avant d’accepter cette lourde charge et il fallut toute l’insistance de Moïse pour le faire accepter la fonction de Grand Prêtre.

Aaron avait besoin d’obtenir doublement pardon: une fois pour les fautes qu’il avait commises lui-même, une deuxième fois pour les délits qu’il avait fait commettre au peuple.

Comme le fait remarquer le Rabbin Jean Schwarz z’l dans son commentaire: « Seul celui qui a lui-même péché peut arriver à comprendre les faiblesses d’autrui et à les juger dignes d’absolution. Aussi Aaron était-il bien placé pour obtenir le pardon de l’Eternel pour les fautes commises par son peuple.

La démarche d’Aaron est un exemple et une leçon pour ceux qui acceptent des responsabilités politiques ou religieuses.

Claude Layani

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