Paracha de la semaine : BEHAR LE JUBILE

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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Paracha de la semaine : BEHAR LE JUBILE

BEHAR LE JUBILE

« Tu compteras pour toi sept années chabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années chabbatiques te fera quarante-neuf ans ; puis tu feras circuler le retentissement du chofar (cor) dans le septième mois, le dixième jour de ce mois, au jour des Expiations (Yom Kippour), vous ferez retentir le son du chofar à travers tout le pays.

Paracha de la semaine : BEHAR  LE JUBILE

Paracha de la semaine : BEHAR LE JUBILE

Vous sanctifierez cette cinquantième année en proclamant dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent : cette année sera pour vous le Jubilé où chacun de vous rentrera dans son bien, où chacun retournera à sa famille......le Jubilé sera pour vous une chose sainte.... »

Première remarque, il faut relever que l’institution du Jubilé comme l’année sabbatique qui se trouve dans ce chapitre a le souci de rétablir, au moins tous les cinquante ans, une justice dans la répartition des terres et des ressources et le respect dû à la terre nourricière.

L’année jubilaire apparaît ainsi comme un système de redistribution des richesses, excellent moyen de corriger les inégalités et les injustices qui sont le lot habituel des sociétés humaines. Correctement appliquée dans sa lettre et dans son esprit, la loi de l’année jubilaire devait avoir pour effet d’empêcher la constitution d’une classe de gros possédants, dont l’existence implique inévitablement le développement d’une masse de prolétaires, c’est-à-dire de gens dépourvus de tous moyens de production.

Comment se fait-il qu’aucune des théories économiques qui ont vu le jour jusqu’à présent, n’ait jamais préconisé une redistribution périodique des moyens de production ? Toute l’évolution contemporaine, aussi bien dans les régimes capitalistes que dans les régimes « planifiés », tend vers une prolétarisation généralisée, alors que le bien-être de l’homme exigerait au contraire une suppression du prolétariat. C’est pourquoi il nous semble qu’un système de redistribution périodique tel que la loi de l’année jubilaire est d’une actualité brûlante.

La Torah en prescrivant cette mitzva demande à l’homme de fournir l’effort nécessaire en vue de combattre sa tendance à l’expansionnisme et sa passion des biens matériels, pour se tourner vers la perfection morale.

Dans ce monde d’inégalité flagrante dans lequel nous vivons, où les lois du marché, de la concurrence, du capitalisme sauvage qui crée des situations de précarité pour des millions de travailleurs, les lois contenus dans la fin du livre du Lévitique restent actuelles plus que jamais.

Nous admettons volontiers que l’introduction pratique d’une année jubilaire en Israël, se heurterait actuellement à des difficultés insurmontables, car la situation économique du pays ne permet aucun « chômage », aucune « relâche » dans la vie nationale. Israël a toutefois maintenu une restriction quant à l’achat de terrain ou d’appartement dans le pays.

Il est bien spécifié dans la transaction que le bien acquis n’est jamais définitif en conformité avec la loi du Jubilé .

Les lois sur le Jubilé nous apprennent que l’homme n’est que le locataire pour un bail maximum de 49 ans, de la terre qu’il occupe.

« Car à Moi appartient la terre » - à savoir que personne ne peut aliéner une terre à titre définitif. L’homme n’en est pas le propriétaire à vie. Il a seulement le statut d’usufruitier, de métayer.

Il a donc le devoir de la travailler et de la maintenir en bon état (Gen. 2,15).

La terre est éternelle, l’homme sur la terre est un être passager, un étranger installé pour un temps déterminé. De quel droit cet être qui n’est que provisoire, pourrait-il régner sur la terre, subordonner et vendre ce sol qui, lui , est éternel ?

L’application de la loi du jubilaire nous paraît encore aujourd’hui relever de l’utopie, mais elle se réalisera peut-être un jour car la société dans laquelle nous vivons prendra le chemin préconisé par la Torah .

On peut douter que ce régime ait jamais été appliqué intégralement, mais il constitue un immense projet d’organisation de la réalité sociale selon la Torah

Certes la loi de la chemita et du jubilé qui suspendent en quelque sorte, après chaque période de 7 et de 50 ans, la vie active de tout un peuple est déconcertante pour l'homme du 20e siècle. Mais si cette législation nous paraît destiné à la cité idéale, à la société future, régénérée par l'amour fraternel, nos Sages y attachent une importance capitale quant à son observance pour promouvoir l'époque messianique annoncée par les prophètes.

En rapport avec la célébration du Jubilé de la création de l’Etat d’Israël nous avons trouvé une allusion quant à la restitution des terres d’Eretz Israël à ses anciens propriétaires: les Juifs.

Au chapitre 25, verset 13 nous lisons: « ...vous retournerez chacun dans votre possession ». La valeur numérique du mot « Tachouvou », vous retournerez est 708. C’est en 5708 (1948) effectivement, que s’est réalisé la prédiction contenue dans ce verset: avec l’aide de D.ieu, le peuple d’Israël est revenu sur sa Terre après un très long exil et va bientôt commencer son deuxième Jubilé en consolidant sa présence sur sa terre. Le premier jubilé a permit à Israël d’atteindre le terme de sa phase de survie, caractérisée par une nécessaire obsession de se défendre et par un rôle de refuge pour les communautés juives menacées.

Le Deuxième Jubilé qui commence prendra une signification tendue vers le spirituel et permettant à chacun de vivre en plénitude avec les lois de la Thora car les problèmes matériels , politiques seront malgré certains soubresauts , certaines tentions , réalisés .

C’est bien là le sens du Jubilé dont l’aboutissement sera la voie qui mène aux temps messianiques que nous ressentons déjà aujourd’hui. Israël est à un tournant de son histoire, en pleine mutation. Ce premier Jubilé nous engage à regarder au-delà de notre survie, vers ce pourquoi nous survivons.

Claude LAYANI

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