Situation des femmes

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La situation des Femmes en Israël
Dossier et entretiens réalisés par Yona Dureau

 

Culture israëlienne et position des femmes
Position des femmes et violence des sociétés
Le rôle du gouvernement et les femmes
Les chiffres
Les agunot
Le droit et le viol
Interview de Marina Solotkin
Inteview de David Levy
Les femmes et le Judaisme

 

Culture israëlienne et position des femmes


La situation des femmes en Israël est alarmante. Sur ce point, tous les partis sont d'accord. La source des problèmes est identifiée de façon différente selon les tendences politiques et religieuses. Pour Sha'as, c'est un manque de Torah qui est la source de tous les maux. Il semblerait que ce parti soit d'ailleurs enclin à pardonner plus facilement la violence issue de milieux religieux :Sha'as vient, par l'intermédiaire d'un de ses ministres, de demander un allègement de la peine de deux parents violents rahidim qui frappaient leur enfant et qui avaient été condamnés par une cour de justice israëlienne.

Le recours a été rejeté. Pour les partis laïcs, la source de la violence contre les femmes serait une certaine conception de la femme véhiculée en grande partie par la position de la femme dans le judaïsme. Bien qu'il soit indéniable qu'une compréhension dégradée des sources juives puisse amener certains cas de machisme, il est cependant excessif de réduire la violence contre les femmes, ou le machisme israëlien à cette cause. On pourrait écrire un livre entier sur l'image de la femme dans les chansons israëliennes actuelles, et celles-ci sont loin de fonder leur idéologie sur la Torah.

Depuis la femme-nounou, consolatrice éternelle des chansons de Haïm Moshé, "Tni li Yad": tiens moi la main", aux chansons les plus érotiques réduisant la femme à un objet anonyme de plaisir sexuel, "Zé kara halaïla" ("ça" [l'acte sexuel] s'est passé cette nuit"), ou bien même aux chansons chantées par des femmes, qui nous renvoient une image effrayant des la position de la femme dans le couple, toujours sur la défensive, davant toujours veiller à ne pas être trompée ("Ani roah lekha ba aïnaïm, ani roah et hakol": je te regarde dans les yeux, et je vois tout..."), l'image de la femme idéal selon l'homme laïc israëlien n'est pas brillante, admettons-le. AUCUNE chanson actuelle ne lui confère une place de partenaire égale à l'homme et échangeant avec lui.

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Position des femmes et violence des sociétés

 

Les études sociologiques n'ont jamais approfondi la question de la violence des sociétés en relation à la position de la femme dans lesdites sociétés. Et pourtant le lien est évident, si on se penche quelque peu sur les liens étroits existant entre le développement psychique d'un enfant et son équilibre social, et l'image de la femme qui lui est renvoyée par son entourage. (On consultera à ce sujet l'ouvrage d'Annie Anzieu, La Femme sans Qualité, et concernant la psychologie de l'enfant et son développement, l'oeuvre passionante de Winnicot). Tout enfant a un besoin vital de se concevoir comme étant le fruit de l'amour de ses parents. Ainsi, une des erreurs fondamentales de certains parents, consiste à avouer à un enfant qu'il n'était pas désiré, qu'il n'a pas été conçu par amour, qu'il est le fuit d'un accident.


Ce genre de déclaration a un effet des plus destructeurs sur le développement psychique de l'enfant, car il le renvoit à une absence totale de causalité de sa propre existence. On peut aussi discuter de la validité de ces affirmations, car une des questions essentiels posées aux psychologues par les cas de stérilité féminine est le rôle joué par le corps et le psychisme dans la conception, et s'il est vrai qu'une femme violée ne souhaite pas consciemment engendre un fruit de ce rapport, il n'en demeure pas moins que son corps avait en lui un désir d'enfant : les femmes juives violées dans les camps de concentration n'ont jamais engendré. (Ce dernier point est bien sûr très contreversé selon les spécialistes, mais il mérite d'être considéré). Par conséquent, déclarer à un enfant qu'il est le fruit du hasard et qu'il n'est pas issu de l'amour de ses parents est une forme de mensonge tout autant qu'un meurtre psychique.


Les psychologues, mais aussi les rabbins, constatent quotidiennement les dégâts réalisés par de telles déclarations. Dans ce contexte, il est important de comprendre que cette affirmation claire et explicite est parfois implicite pour l'enfant lorsqu'il appartient à une société où la femme est maltraitée par le père, ou bien à un groupe social où les rapports sexuels et les mariages ne sont pas dictés par les sentiments mais imposés par le groupe social, et passent volontiers par la coercition. Prenez les groupes les plus extrémistes de l'orthodoxie religieuse, ou bien considérez la société arabe traditionelle, et vous constaterez dans les deux cas une violence inérente au groupe social, qui trouve une partie de ses fondements dans la représentation de soi que se fait l'individu, et ce sur le fondement même des rapports des deux parents. Il est donc vital de comprendre que la position de la femme dans la société est déterminante pour l'avenir même de cette société.

En d'autres termes, Israël restera toujours une société très violente intrinsèquement, et où s'exercent des rapports de force dans le moindre de ses échanges sociaux, si la situation de la femme n'évolue pas.

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Le rôle du gouvernement et les femmes

 

Le gouvernement de M. Ehud Barak avait promis aux mouvements oeuvrant pour l'amélioration de la situation de la femme dans la société un pourcentage égal de femmes et d'hommes au gouvernement. Sur 32 ministres, 2 femmes seulement ont été choisies. Il ne s'agit pas seulement de promesses électorales non respectées. Cela est malheureusement chose courante. Cet acte est un exemple du rapport de dérision avec lequel le gouvernement, en tant qu'émanation de la volonté des citoyens, tient la femme. On ne mesure pas à quel point une société est formée par la puissance intrinsèque de l'image que lui renvoit son gouvernement. En dédaignant les femmes, Ehud Barak a démontré que son gouvernement persiste dans une certaine optique de la femme, et par conséquent, autorise un certain comportement.

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Les chiffres

 

Les femmes israëliennes comptent 200 000 femmes battues. Entre 6 à 10 femmes meurent actuellement chaque année de la violence exercée par leur mari. Le nombre de femmes violées s'élève à 5000 viols déclarés (on double normalement ce chiffre pour évaluer le nombre effectif de viols, la déclaration d'un viol représentant toujours un traumatisme supplémentaire redouté par la victime). On ne lie pas toujours ces chiffres à celui des agunots, femmes mariées abandonnées par leur mari et ne pouvant se remarier, faute de guet. Pourtant ces phénomènes renvoient la même image dégradée de la femme d'une façon , hélas, cohérente.

La femme n'a pas le droit de décider de son sort dans ces trois cas de figure, elle est réduite au statut d'un enfant ou d'un objet que l'on utilise, que l'on brutalise, que l'on délaisse une fois l'envie de l'utiliser passée. Cette situation est donc catastrophique en termes de chiffres, mais aussi qualitativement, psychiquement, pour la nation israëlienne. Il n'est pas encore admis dans l'inconscient collectif majoritaire de ce pays qu'un individu né avec le sexe féminin soit un individu à part entière, dué de raison, de volonté, d'autonomie, et soit digne de respect. La différence des sexes est encore malheureusement confondue avec l'inégalité des sexes, ce qui est loin d'être le point de vue de la Torah pour qui 'égalité peut passer par la différence.


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Les agunot


Des précisions halahiques s'imposent. Un bait hadin séfarade ne peut, théoriquement pas, imposer à un mari de donner le guet à sa femme. Un bait hadin ashkénaze en théorie, le peut, si les circonstances le demandent. Dans certains cas précis, où le mari montre par son action, qu'il n'a aucune intention de revenir dans son foyer, les baité hadin israëlien ont depuis 1995 le droit, par le "hok hasanktzia" (loi de la sanction), la possibilité d'exercer une pression sur le mari par l'intermédiaire de la loi israëlienne, en confisquent par exemple toutes les cartes bancaires du mari, ou sa voiture, voire de lui couper sa ligne téléphonique si nécessaire.

Ces sanctions sont en général très efficaces, quand elles sont appliquées, et empêchent que des situations ne se créent où le mari utilise son droit de guet pour empêcher son ex-épouse de reconstruire sa vie, pendant que lui-même vit la sienne librement. Il faut noter que l'application du hok hasanktzia dépend encore beaucoup de la position du bait hadin, et par exemple, on a pû constater que depuis l'existence de cette loi, le bait din de Tel Aviv ne l'a appliqué que deux fois alors que celui de Haifa l'a déjà appliqué plus de soixante fois. Dans d'autres cas où l'un des deux membres du couple a quitté Israël, le bait hadin est obligé, s'il en a la possibilité, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour forcer le mari à divorcer sa femme, car il y a alors un risque évident de "mamzerout", soit de bâtardise, (si la femme séparée de son mari avait un enfant), et une preuve indéniable de séparation du couple. Jusqu'à aujourd'hui, des cas existent où le mari transfuge a pû épouser une autre femme aux Etats Unis, la plupart des Etats Unis permettant le divorce en l'absence de la femme.

Dans le cas où l'un des deux membres du couples est un citoyen français, un accord juridique entre la France et les USA existe, contraignant les USA à transmettre l'information de ce divorce à l'état-civil français, dans ce cas précis, à Nantes. Cet accord juridique n'existe malheureusement pas en Israël, de sorte que de nombreuses femmes avaient été "divorcées" in absentia aux Etats Unis, alors que la loi juive les considérait toujours comme mariées. Bien que le mariage ou le divorce civils ne comptent pas aux yeux de la loi juive, il reste que la preuve d'un remariage du mari est suffisante pour donner aux beité hadin israéliens le droit de forcer le mari à donner un guet (mais qui ne pourra être appliqué en son absence de toute façon). Des efforts sont donc faits actuellement par certaines organisations des droits des femmes pour obtenir qu'un accord juridique semblable à la France contraigne les USA à transmettre toute information concernant les divorces in absentia.

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Le droit et le viol

 

La situation des femmes violées ne leur permettaient guère d'espoir dans le passé. La loi et son application était si laxiste, favorable aux hommes et considérant a priori qu'une femme violée avait dû à l'origine de l'incident, que la plupart des viols étaient rarement suivis d'une déclaration à un poste de police. Depuis deux ans, la lutte des femmes israëlienne dans le cadre juridique et dans le céancle de la knesset a obtenu que tout viol soit suivi d'un "onesh minimali [lehatkafa minit]" , d'une peine minimale d'emprisonnement, non contractable.

 

 


 

Interview de Marina Solotkin

Présentation:

 

Dr Marina Solotkine est née en 1952 en URSS. Mariée et mère deux enfants, elle monta en Israël en 1991, où elle vit depuis à Ashkelon. Docteur en histoire économique et sociale, Marina Solotkine parle l'hébreu, l'anglais, et le français. Elle est l'auteur d'un dictionnaire d'histoire économique (1995) et d'un livre d'analyse et de réflexion sur les juifs soviétiques en Israël et leurs difficultés : "Civiliztion Discomfort. Soviet Jewry in Israel in the 90's" (Tel Aviv, 1996). Dr Marina Salotkine représente le parti Israel Ba'alya à la 14e knesset.

Elle se bat pour les droits des femmes en Israël et pour les droits des olims hadashims, quelles que soient leur origine. Lorsque je demandais à son aide parlementaire de me fournir des exemples de situations résolues par Marina, Dvorah ouvrit une armoire remplie de dossiers : - Il y a là 2000 dossiers en hébreu, tous traités. Elle ouvrit le placard au-dessus de son bureau: - En voici à peu près autant, en russe. D'après quel critère dois-je choisir un cas? Aucun ne me paraît plus ou moins inextricable que le précédant. Aucun ne me paraît plus choquant.

Tous sont des exemples de cas graves. Graves, et banals en même temps. Mme Solotkine me reçut aimablement, et consacra une demi-heure d'un temps précieux à l'interview qu'elle accepta de donner pour Alliance:

Alliance: Que pouvez-vous dire sur la situation actuelle des femmes dans la société israëlienne?

M.Solotkin: Au début il n'y avait que neuf femmes dans toute la knesset. La situation s'est donc améliorée.

Alliance : mais quant à la situation juridique en général?

M. Solotkin: Depuis sept ans existe à la knesset une commission pour la situation des femmes, qui traite des difficultés économiques des femmes, de la violence dont elles sont victimes, des droits des femmes. Ainsi que vous le savez, 200 000 femmes sont battues par leur mari en Israël, des dizaines ont été tuées, et beaucoup de ces cas ont lieu dans le cadre des familles d'olims, russes, éthiopiens, mais aussi dans des familles arabes. Le problème de l'alyah et de l'intégration et le respect des olim est donc un facteur important qu'il ne faut pas négliger. Dans le cas des familles arabes où les femmes sont tuées, il s'agit souvent de cas de "kavod mishparti", de l'honneur de la famille. Si une femme veut aller travailler dans une autre ville, s'habiller de façon non traditionelle, avoir une part d'héritage, ou si elle a une aventure, cela suffit pour justifier son meurtre par sa propre famille, et pas toujours par son mari.

Alliance: Quelles sont les solutions que vous envisagez pour ces problèmes?

M. Solotkin: La knesset fonctionne en établissant des lois. Ces lois nous permettront de protéger les femmes. Nous avons ainsi obtenu la mise en place de la loi de la punitin minimale pour les agressions sexuelles (onesh minimal leatkafa minit), mais aussi l'interdiction de la ségrégation sexuelle dans le domaine du marché du travail, et des lois protégeant la femme du harcélement sexuel sur son lieur de travail.

Alliance : les salaires des femmes sont encore beaucoup plus bas, à travail égal, que ceux des hommes.

M. Solotkin: En effet, les femmes reçoivent en moyenne 40% de moins sur leur salaire, que les hommes.

Alliance: C'est vrai même dans les bureaux des ministères. A la sécurité sociale, par exemple. Comment expliquer cela? peut-on espérer changer la société quand les emplois directement dépendants du gouvernement n'appliquent pas ces principes égalitaires?

M. Solotkin: La société n'est pas encore prête. Il faut qu'une prise de conscience ait lieu. C'est aussi un des effets du travail que nous accomplissons dans le lieu même de la knesset. Du point de vue effectif et pratique, nous nous efforçons de tisser un réseau de lois liées entre elles. Il faut faire évoluer toute une mentalité.

Alliance: Du point de vue pratique, que faites-vous pour les femmes en tant que parlementaire du parti Israël Baalyah?

M. Solotkin: J'aide toutes les femmes qui s'adressent à moi, sans distinction. Les cas les plus graves sont ceux d'harcélement sexuels, soit à peu près six cas par ans. Je les adresse à des organisations des droits des femmes, ou je les aide personnellement. Mais nous avons baucoup de cas qui sont liés à la situation des olims, et qui sont la majorité de mon travail.

Alliance : Vous avez parlé de changer les mentalités. Pouvez-vous nous donner un exemple important à vos yeux?

M. Solotkin: Le cas le plus grave et récurrent d'un problème des mentalités concerne les assistantes sociales. Elles ont été modelées par la société à favoriser les hommes, à pousser les femmes à faire des démarches qui jouent en définitive en leur défaveur, allant jusqu'à faire comparaître les enfants devant les tribunaux, à les confier à des familles d'accueil ploutôt qu'à la mère si la mère n'était pas assez pratiquante ou surtout si elle étit olah radasha. Il faut tout reprendre à la base, leur faire prendre conscience des situations ingérables qu'elles créent souvent pour les femmes, et aussi pour les enfants!...

Alliance: Israel Ba'alyah a souvent été assimilé à un parti pour russes.

M. Solotkin: C'est une image complètement fausse. Lors de la dernière knesset le parlementaire classé troisième de notre parti était canadien. Le huitième était éthiopien. Les éthiopiens ont beaucoup de problèmes qui nous concernent, à l'armée, mais aussi dans le cas des femmes.

Alliance: Est-ce que nous assistons à une fermeture progressive d'Israël aux olims hadashim, commes les Etats Unis, après leur ouverture du XVII et XVIIIe siècle, se sont progressivement fermés? La loi de sécurité mise en place depuis 1997 interdit par exemple à un oleh hadash de moins de cinq ans dans le pays, de travailler dans une institution gouvernementale, ce qui n'était pas le cas avant...

M. Solotkin: Vous avez tout à fait raison. Les institutions se ferment, le pays se ferme. Les partis, jusqu'à l'organisation du notre, se fermaient aux nouveaux venus, d'où la naissance incontrôlable d'une multitude de mini-partis inefficaces. Dans le cadre scientifique, on assiste à la même chose. Il n'y a pas d'intégration des savants nouvellement arrivés par les anciens, mais rejet pur et simple. C'est pour cela que notre slogan est "shilouv révrati vémiktsoï", soit "intégration sociale et professionelle". Nous avons à présent une alyah très importante à gérer, et nous constatons que tous les prétextes sont bons pour ne pas prendre un oleh radash à un emploi donné.

Alliance : Je vous remercie de cette interview pour Alliance.


Marina Solodkine a ete nommee la semaine derniere vice-ministre de l'Integrationvous pouvez consulter sa fiche sur le site de la Knesset http://www.knesset.gov.il/asp/mk/mk_eng.asp?ID=91
Nous remercions Denis Kassel de IFI pour cette information
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Interview d'Alliance de M. David Lévy, ministre des affaires étrangères d'Israël:Jérusalem, le Dimanche 1er Août.

 


Alliance: M. Lévy, que pouvez-vous nous dire des derniers dévelopements de rencontres entre le gouvernement israëlien et les Palestiniens?

M. David Lévy: Nous avons eu une discussion entre M. Arafat et le premier ministre. Ils [Les Palestiniens] ont eu le temps de réfléchir.

Alliance: Il y a eu ausi une rencontre entre M. Yasser Arafat et M. Mubarak. Est-ce que cette rencontre a porté des fruits?

M. David Lévy: Il se peut que cela ait aidé. La rencontre a été très cordiale, presque intime. Les relations entre Israël et l'Egypte sont bonnes.

Alliance: Que pouvez-vous nous dire de votre rencontre historique avec M. Bouté Frika, le premier minsitre algérien?

M. David Lévy : Une nouvelle aire s'est ouverte, et cette rencontre en est la preuve. Il faut discuter, et se tourner vers l'avenir. J'ai eu aussi deux interviews avec des journalistes étrangers à qui j'ai expliqué cela.


Alliance : Sur le plan de l'Europe, comment envisagez-vous l'avenir?

M. David Lévy: Toutes ces ouvertures politiques sont très importantes pour Israël, mais aussi pour Israël et ses relations avec l'Europe. Nous pensons développer de nombreux liens.


Alliance: concernant un tout autre sujet, sur lequel persone ne vous a encore posé de questions: Quelle est votre position quant au problème actuel de la situation des femmes en Israël, et au sujet de la crise récente du gouvernement concernant les postes promis avant les élections aux femmes par M. Barak et non accordés une fois le gouvernement établi?

M. David Lévy: Ma position est favorable. Il Faut donner une place aux femmes.


Alliance: Comptez-vous des femmes dans votre propre ministère?

M. David Lévy: Oui, il y en a quelques unes. Mais le problème n'est pas seulement un problème restreint au seul gouvernement. Les femmes doivent se battre. Elles doivent s'organiser pour obtenir ce qu'elles méritent.


NRDL : sans commentaires

La Femme et le Judaïsme
par Yona Dureau

Beaucoup ont déjà écrit sur le thème de la femme dans le judaïsme. Il nous a paru essentiel, en parallèle avec le dossier concernant la situation de la femme en Israël, de rappeller le statut de la femme selon les sources juives, et en opposition avec le statut qui peut lui être accordé, lorsque ces sources sont oubliées ou dégradées.

Rappellons tout d'abord, concernant l'expression de la féminité dans le judaïsme, que le féminin est loin d'être associé à une forme plus basse ou plus dédaignable que le masculin.

Dans les prières les plus essentielles, comme par exemple dans le Birkat Hamazone, on trouve des formes grammaticales féminines et masculines associées à l'expression de la divinité. Les sages ont expliqué ces emplois différenciés depuis l'époque du Talmud, en précisant que les formes féminines concernaient le Olam Habah (le monde qui vient), plus spirituel, alors que les formes grammaticales masculines concernaient le Olam hazé (ce monde-ci) plus matériel.

La kabbalah enseigne dans ce même sens que le monde fut crée par D. en deux temps. Une matière informe fut créee du néant, qui était féminine, qui fut ensuite mise en forme, et devint masculine.

Le masculin et le féminin réapparaissent selon la même logique dans l'ordre des sephirot, puisque les sephirot les plus hautes parmi les sephirot inférieures accessibles à l'homme sont aussi de l'ordre du zahar, masculin issu de l'émanation d'une sephira nékéva, féminine. La quête de l'unité du zahar et du nékhéva, le zon, pour reconstruire l'unité séphirotique et des valeurs nous enseigne, au coeur de la partie la plus chère du judaïsme, le caractère irremplaçable de ces deux pôles, quui ne sont pas à placer l'un au dessus de l'autre, mais bien à concevoir comme des parties différentes et complémentaires, nécessaires à la construction et au tikoun du monde, et bien évidemment, du bonheur.

Ces thèmes de féminin et de masculin réapparaissent dans un certain nombre de mots essentiels du judaïsme et selon la logique immuable énoncée ci-dessus. Rouakh, le vent, l'esprit, peut être féminin ou masculin. Kisse, le siège, le trône, peut être masculin ou féminin. Kos, la coupe, peut être masculin ou féminin. Min haolam habah, le mot sera féminin. Min haolam haze, il sera masculin.

Rappelons que les chérubins de l'arche étaient féminin et masculin, et que leur position en face à face symbolisait l'harmonie entre le divin et l'humain. Rappellons que cette harmonie est censée se refléter dans le couple, puisque les lettres différenciant le mot de ish (l'homme) et celui de isha (la femme) composent le mot ya, soit le début du nom de D., alors que les lettres communes qui demeurent lorsque les composantes de cette complémentarité disparaissent forment alors le mot esh, le feu.

Loin de nous de prétendre donc remplacer un premier déséquilibre par un autre, en plaçant la femme au dessus de l'homme comme d'autres ont placé l'homme au-dessus de la femme. La situation actuelle préoccupante en Israël est effectivement celle de la destruction du feu, car la complémentarité a été niée dans l'harmonie naturelle du couple.

 

Jean Zacklad, dans son ouvrage, étudit la féminité dans la Torah, comme un pôle en tension constructive avec la masculinité, tension à travers laquelle s'exprime le devenir du peuple juif comme du monthéisme. C'est ainsi que selon lui, les Pères ne pouvaient jouer leur rôle et remplir la fonction historique que leur confie la divinité. Sans ces deux pôles, pas de progression hors de la barbarie par une dialectique entre autorité et générosité. Sans ces deux pôles, pas d'élaboration d'une culture monothéiste et d'un peuple portant ce monothéisme.

Pour en savoir plus : voir l'ouvrage de Jean Zacklad "Pour une éthique . L'Etre au féminin"

 

La femme et l'étude juive

La femme est complémentaire de l'homme, ce qui ne signifie pas que l'homme puisse s'adjuger le droit de lui nier toute pensée, toute réflexion, toute autonomie. Si la femme est effectivement "ezra kenegdo", aide contre l'homme, selon la Torah, les commentateurs expliquent que la femme sera opposée à l'homme (contre lui) si l'harmonie ne règne pas. Elle sera aide, mais la Torah n'a jamais incrit cette aide dans l'enceinte d'une cuisine.

La femme selon le judaïsme le plus original de la Torah, peut être prophète comme l'homme (cf Dvorah), et sa prophétie est parfois supérieure à celle de l'homme (comme par exemple Sarah, dont il est dit qu'elle voyait l'avenir). La Torah n'a donc jamais tenté de nier ou de réduire le statut de l'intelligence ou de la perception féminine. Cette perception et cette intelligence ont souvent été qualifiées par le terme d'intuition féminine, mais encore faudrait-il pouvoir définir avec précision le sens que les anciens donnaient aux différences qu'ils établissaient entre la sensibilité intellectuelle féminine et masculine, afin de pouvoir comparer cette définition avec les termes modernes d'intuition féminine. On sait par exemple que l'étude de la guémarah est censée correspondre plus adéquatement à l'esprit masculin, mais cela ne signifie peut-être pas que la femme ne puisse s'y prêter, mais que l'homme a plus besoin de cet exercice que la femme. De nombreux instituts religieux à Jérusalem enseignent actuellement la guémarah aux femmes. Les chiffres sont mêmes impressionants au point de constituer un phénomène rapporté par le Jérusalem Post il y a deux mois. Dans le seul institut de Matan, fondé il y a seulement deux ans, près de 2000 femmes étudient actuellement le Talmud chaque semaine à un niveau équivalent selon les rabbins à n'importe quelle yéshiva. "Ezra kénégdo", ces femmes 'appliquent sans doute à devenir celles qui, demain, seront les meilleurs compagnons d'étude de leur mari, ainsi que le rav Kook l'avait enseigné : le meilleur havekh de hevrouta, disait-il, c'est encore ta femme.

Et que dire de plus sinon que l'image d'une femme capable d'étudier, de réfléchir, et de progresser avec son mari sur le chemin de la Torah nous semble effectivement une image d'harmonie et plus fondatrice de paix que celle d'un déséquilibre du couple ou l'un des deux partenaires ne serait que l'artisan du monde matériel alors que le second serait détaché de tout souci et plongé dans l'étude? Quel échange réel imaginer dans un tel couple? Quelle image de la femme ce couple transmet-il à ses enfants, sinon l'image d'une femme nécessairement inférieure à l'homme, puisque toute notre culture prône l'importance de la Torah. Certes, de belles âmes tenteront de répondre que l'acte compte autant que l'étude, et que la cuisine de la mère vaut l'étude du père. Il reste que ce discours ne correspond plus à ce que la société toute entière ressent quant à l'étude, la Torah, et les tâches ménagères. Pourquoi poursuivre une dichotomie qui était justifiée par le passé par une partage des tâches reflétant un ordre social inévitable, où les femmes ne pouvaient avoir de place. Sans rejeter les tâches imposées par la maternité, la femme juive d'aujourd'hui peut, et veut, étudier, et nous ne pouvons que souhaiter que cette évolution se poursuivre, afin de permettre une union encore plus forte des couples autour du judaïsme et de son sens.

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