Une Interview inédite de Meni Yaesh réalisateur du film LESVOISINS DE DIEU

Chronique Cinéma - le - par .
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LVDD_300x250.gifAu-delà de tout ce que le cinéma israélien a pu nous montrer ces dernières années, le premier film de Meni Yaesh, Les voisins de D.ieu est un OFNI (Objet Filmique Non Identifié) ! Une mise en scène coup de poing proche du cinéma américain. Tous les clichés sont rangés dans les tiroirs, ce qui permet de voir un autre visage du pays comme on en voit peu. Pas de Tel Aviv ou de Jérusalem, nous sommes en plein cœur d’une banlieue de Bat Yam, son propre quartier. Les Voisins de D.ieu devient l’immense coup de cœur et nous montre le côté « cool et sexy » de la religion, comme nous le dit son metteur en scène. Film à la fois voisin de la religion et du cinéma de …Martin Scorsese !

L.B : La première particularité de votre premier film est la mise en scène ; un nouveau souffle dans le cinéma israélien, quelle a été votre « école » ? (Cependant, on reconnait une certaine Scorsese’s touch)  

 Meni Yaesh : Il est vrai que j’ai toujours eu un goût pour les films d’action, de Chuck Norris à Van Damme, en passant par Stallone et Schwarzenegger …Je m'imaginais déjà comme ces héros qui tapaient des gens et sauvez la demoiselle en question. C'est seulement plus tard, durant mes études de cinéma que j'ai découvert les filmographies de Scorsese, de Coppola (le nouvel Hollywood comme on le nommait dans les années 70); puis les films des frères Coen et de Tarantino ont pris le relais. Sans vouloir me comparer à ce dernier, je me rejoins à lui sur le fait de visionner des films  et encore des films reste la meilleure école. Scorsese disait souvent que s'il n'était pas devenu réalisateur, il serait devenu sois un prêtre sois gangster moi c'est un peu pareil à la différence peut-être avec le prêtre (Rires). De ce point de vue, on peut dire que le cinéma  m a libéré. Mean streets ou encore Les affranchis m'ont certes fortement inspiré comme vous l’avez justement remarqué. Comme Scorsese, j’apporte mon vécu : dans Les voisins de D.ieu, je m'expose, je me dévoile; Alors, toute ma vie, n'est qu'un film.

 L.B : On se souvient de l’agitation sur le film d’Amos Gitaï, Kadosh, sorti en 1999. Vous n’aviez pas d’appréhension sur le sujet de votre film ?

 M.Y : Tout d'abord mon film est kasher, c'est-à-dire qu'il puisse être accepté par les croyants et les non croyants. Les religieux et les moins religieux. C est vrai que c'est un pari à priori délicat que d'arriver à parler de ces groupes. Je voulais que mon film soit une sorte de pont entre eux. Créer un dialogue. Aujourd’hui, dès que l'on aborde le thème de la religion que ce soit en Israël ou ailleurs, il faut utiliser des pincettes. C’est un film kasher aussi car il n'y a pas de scènes de nudité.  Je ne voulais pas justement que les religieux ne puissent pas le voir. 

 L.B : Les Voisins de D.ieu est il déjà sorti en Israël ? Si oui, quelles ont été les réactions ?

M.Y : Le film est sorti en Israël il y a trois mois et c'est déjà un très gros succès ! Pourquoi? Tout simplement puisque chacun s'y retrouve. Chacun y retrouve son propre parcours. Le même que le mien en l’occurrence. 

L.B : L’action, la violence crue, autre facette du cinéma israélien méconnue. Parlez-nous-en ?

 M.Y : Comme je vous l'avais annoncé en prémices de cette interview, je suis un fan absolu des films d'action et de violence. C'est un genre que j'affectionne tout particulièrement, depuis l'obtention de ma première caméra afin de réaliser des films entre copains dans le quartier. Maintenant, en Israël, il est vrai que lorsque l'on parle de films d'action, on associe directement un budget énorme avec des effets spéciaux pharaoniques à la Matrix ; alors qu'un film d'action peut très bien se dérouler dans une pièce de 10 m² il suffit juste d'un bon scénario et que la violence ne soit pas gratuite. Si vous voulez savoir, mon prochain sera un vrai film d’action, comme vous n’en avez jamais vu en Israël !  

L.B : C’est un film masculin, où il n’y a qu’une présence féminine : le personnage de Miri interprété par l’actrice Rotem Zisman-Cohen. Y a-t-il une symbolique particulière à ne faire jouer qu’une femme ?

M.Y : Le personnage de Miri représente la paix par excellence ; c’est elle qui va ramener le personnage principal davy sur le droit chemin. D’ailleurs, dans la scène d’ouverture du film, on peut remarquer que la mère est absente. Avy vit qu’avec son père. Peut être est il sans repère ? Jusqu’à l’arrivée de Miri justement, va tout chambouler son quotidien. Maintenant, si la mère aurait était présente, surement que le film aurait eu une tournure particulièrement différente. Le film se termine comme il a commencé mais avec une présence féminine et donc avec une réelle sérénité. Elle a réussi à combler ce vide autant dans le foyer que dans la vie intime de Davy.

L.B : Enfin, Les voisins de D.ieu peint une communauté méconnue, le mouvement Bratzlav

 M.Y : Ce courant peu familier, en effet, tient pour particularité l’ouverture. Alors que d’autres sont plutôt « renfermés sur eux mêmes ». A partir du moment où l’on est heureux et surtout que l’on aime D.ieu, on peut faire parti de ce courant ; il n’y a aucune sélection ! Après, c’est vrai que cela peut être à double tranchant puisque si la porte est ouverte à tout le monde, elle peut y faire entrer n’importe qui. Même s’il y a du bon dans la religion, il y aura toujours des personnes qui trouveront le moyen de faire dévier vers le mal.    

Propos recueillis par Laurent Barloeschi pour Alliance

 

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