Interview de Vincent Elbaz pour le film L'Assaut

Chronique Cinéma - le - par .
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ELBAZ.jpgSouvenez- vous de ce que vous faisiez le 26 décembre 1994 ? Armés jusqu'aux dents, quatre terroristes du GIA prennent en otage à Alger l'Airbus A-300 d'Air France reliant la capitale algérienne à Paris avec à son bord 227 personnes.

Atterrit sur le sol français, et devant 21 millions de téléspectateurs, les pirates de l'air vont faire face aux hommes du GIGN qui vont intervenir afin de mettre un terme à cette prise d'otage sans précédent dans l'histoire du terrorisme. L'acteur principal du film, Vincent Elbaz revient pour nous sur l'Assaut le nouveau film de Julien Leclercq. Une intervention comme si vous y étiez!

- Avec en bonus (sonore) un clin d'œil à la Vérité si je mens III   

L.B:
Comment s'est déroulée votre préparation physique? C'est la première fois, où une telle intensité vigoureuse vous a été exigée?


Vincent Elbaz:
J'avais fait deux longs métrages où la préparation physique était assez intense; lassaut2.jpgl'un était sur la danse( J'aurais voulu être un danseur, NDLR) où pendant cinq mois je faisais plus de sept heures de répétition pour préparer le film, et un autre (Ni pour ni contre, bien au contraire, NDLR) où il n'y avait pas de préparation demandée par le réalisateur, mais, personnellement, je voulais que le rôle soit très sec et très dessiné; alors, je m'étais assisté d'un coach en arts martiaux qui m'avait poussé au plus dans mes retranchements.

Physiquement, c'était assez dur. Mais pour en revenir au film de Julien Leclercq, je situerai la préparation physique entre mes deux expériences: assez poussive et en même temps émotionnellement très forte.

Pris entièrement en charge par deux consultants dont Roland Môntins (l'auteur du livre l'Assaut), je découvrais une base d'entrainement, celle du GIGN même, où régulièrement des exercices  étaient demandés, exigés et auxquels on ne s'attendait pas, on Assaut.jpgavait accès à leur matériel .

Le tournage se déroulait tantôt avec un niveau de stress, tantôt avec de l'excitation. Je me souviens d'une anecdote où un soir après avoir dîné, les coachs venaient nous chercher pour aller s'entrainer par -15° en pleine nuit.    

L.B:
Parlez-nous de cette solitude chez ces hommes. Il y a comme une balance entre leur "métier" et leur vie dans leur foyer familial.

V.E: J'ai envie de dire que l'un ne va pas sans l'autre. Pour pouvoir être dans l'action, et être disponible dans leur métier, ils ont besoin de cette stabilité familiale. Cette cellule leur permet justement de décompresser. Lorsqu'ils sont en "meute", ensemble, il y a aussi cette part de solitude. Alors que dans le couple, il y a comme une solitude dans l'angoisse, où chacun se stresse dans son coin. le personnage ne partage pas ses états d'âme avec sa femme, il ne va pas lui raconter tout ce qu'il fait, tout ce qu'il voit. Il partage éventuellement avec ses collègues du GIGN et encore.

L.B: On fait souvent le rapprochement avec le 11 septembre 2001/médias; il faut aussi se souvenir qu'avant ces événements, il y avait le 26 décembre1994. Souvenez-vous de cette actualité?

V.E: Avant Marignane, les gars du GIGN faisaient leur boulot discrètement dans un certain anonymat (on le voit au début du film); des familles ignoraient même les actions qu'ils menaient. Alors que là justement, avec la sur médiatisation de l'événement, elles ont découvert, en même temps que du reste de la population, ce que leur mari, leur fils, leur père étaient en train de faire. Un réel choc! Et effectivement, lorsqu'ils sont rentrés à bord de l'avion, que les journalistes ont annoncé un carnage, les familles étaient déboussolées. Il n'y avait même pas de cellule de crise. Sincèrement, avant de relire le scénario, je n'avais pas le souvenir de l'événement. Je me souvenais de quelques images comme tout le monde: Je me souvenais d'une prise d'otage à Marignane, bien sûr des images choquantes, de ce copilote qui tombe, de cette fumée noire, de ces passerelles. Je ne savais plus l'état du bilan humain, s'il y avait eu des morts ou pas. J'avais même oublié qu'il s'agissait d'une opération préparée par le GIA.  Cela m'a remémoré en quoi cette prise d'otage était dramatique.

L.B:
N'avez-vous pas l'impression que l'épisode de Marignane possède des similitudes avec l'opération d'Entebbe en 1976?

V.E: Oui, sauf que cette opération s'est située sur un territoire qui n'était pas le leur. Et puis évidemment il y a toute cette mise en scène absolument hallucinante (se faire passer pour un convoi diplomatique, utilisation de fumigènes pour créer un faux brouillard,…) pour désorienter au maximum les terroristes. La réponse israélienne est beaucoup plus pointue et subtile par rapport à celle du GIGN, c'est clair en tout cas que le niveau de compétence n'est pas le même. Cependant,  j'ai appris en faisant le film que les commandos d'intervention israéliens étaient fortement reconnus; mais que le GIGN lui aussi était reconnu dans le monde entier (depuis ce jour en tout cas).

Laurent Bartoleschi

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