Artiste juif : Gabi Yair exil provisoire des eaux dormantes

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Gabi Yair : exil provisoire des eaux dormantes. Gabi Yair, Galerie Agripas 12, Tel-Aviv

L’erreur de certains artistes est souvent de se prendre pour des métaphysiciens comme si l'art plastique devenait une science. Celle qui chercherait ses preuves non en son dedans mais au dehors. Ils font du dessin une " vue de l’esprit " alors que - et Gabi Yair le prouve - c'est une affaire de lignes et de couleurs, de plages dont la verticalité; l'horizontalité ou les obliques ne sont ni enluminures, ni rosaires mais des mises sous tension.

Gabi Yair exil provisoire des eaux dormantes

Gabi Yair exil provisoire des eaux dormantes

Gabi Yair n'est donc pas un métaphysicien raté mais un véritable " poète ". Il réussit parce qu’il congestionne des lignes qui deviennent charges et décharges, couvertures et découvertes. Ce qu'on pourrait approximativement résumer par la volonté de faire le vide de ce qui est sans importance afin de ne laisser apparaître que des motifs essentiels forés dans le silence.

Tout demeure à la fois en place et en suspens. D’où l’angoisse, le malaise que procure des dessins. Ils ne sont néanmoins jamaiss exsangues de force et d'énergie. L’existence est là en aporie et dans une perspective qui renverse l’idéalisme. Volumes et lignes jouent sur toutes les ambiguïtés des oppositions binaires : cause/effet, essence/apparence.

Gabi Yair crée la "dissémination" chère à Derrida : chaque oeuvre introduit le leurre dans le leurre dans le but d’atteindre ce qui nous échappe, un monde égaré et écrasé mais qui jaillit dans un univers désert où tout fourmille.

 

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