Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Israël applaudit la décision de l'UE contre le Hezbollah

JERUSALEM - Israël s'est félicité lundi de la décision de l'Union Européenne d'inscrire la branche armée du Hezbollah libanais sur sa liste des organisations terroristes, une sanction que l'Etat hébreu prônait depuis des années.

Je me félicite que l'Union Européenne ait aussi décrété que le Hezbollah est une organisation terroriste et je remercie les dirigeants des pays européens, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi d'inscrire la branche armée du Hezbollah, bête noire d'Israël, sur la liste des organisations terroristes de l'UE, tout en assurant vouloir continuer à dialoguer avec ses responsables politiques.

Ces dernières années, Israël a déployé d'importants efforts pour expliquer à tous les pays de l'Union que le Hezbollah est une organisation terroriste du régime iranien, qui commet des attentats partout dans le monde, a ajouté M. Netanyahu.

Parallèlement, des milliers de membres de cette organisation terroriste se livrent quotidiennement à des crimes de guerre en Syrie et participent à des massacres au côté des forces de Bachar al-Assad le président syrien, a également souligné le Premier ministre.

J'espère que l'application de la décision de l'UE se traduira par des mesures concrètes contre cette organisation, a ajouté M. Netanyahu.

Le Premier ministre a toutefois exprimé une réserve en estimant qu'il n'est pas possible d'établir une distinction entre l'organisation politique du Hezbollah et sa branche militaire comme l'a fait l'Union Européenne. Du point de vue israélien, le Hezbollah constitue une seule et unique organisation, a-t-il souligné.

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon a pour sa part affirmé dans un communiqué que le filet qui se resserre autour du Hezbollah va permettre de renforcer la coopération des services de renseignements dans la lutte menée contre cette organisation.

Auparavant, la ministre israélienne de la Justice avait elle aussi affirmé que finalement, après des années de délibérations, l'affirmation selon laquelle le Hezbollah est un parti politique légitime a à juste titre échoué. Maintenant il est clair pour le monde entier que le Hezbollah est une organisation terroriste.

Le président Shimon Peres s'est lui aussi félicité de la décision de l'UE. Votre décision permet de faire comprendre de façon claire aux organisations terroristes ainsi qu'aux pays qui les abritent que leurs actions meurtrières ne sont plus tolérées, a souligné le président Peres dans une lettre adressée aux dirigeants de l'Union Européenne, a indiqué un communiqué.

M. Peres avait pressé l'UE le 12 mars lors du premier discours prononcé par un président israélien devant le Parlement européen à Strasbourg d'inscrire le Hezbollah sur sa liste noire.

En prenant cette décision, une requête de longue date de l'Etat hébreu, les Européens ont durci le ton vis-à-vis du puissant mouvement chiite libanais pro-iranien, alors que ce dernier est de plus en plus impliqué dans le conflit syrien.

Avant la décision de l'UE, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et l'Australie ont déjà classé le Hezbollah sur leur liste noire.

Netanyahu va soumettre les idées de Kerry à son gouvernement

NETAY.jpgJERUSALEM  - Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, va solliciter l'aval de son gouvernement pour relancer les négociations de paix avec les Palestiniens, qui se disent réticents au dialogue en l'absence de conditions adéquates pour sa tenue.

Dans ce contexte, l'accord de principe entre Israéliens et Palestiniens annoncé vendredi soir par le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, pour une reprise des négociations pourrait ne pas se concrétiser aussi vite que prévu.

John Kerry avait indiqué que Tzipi Livni, ministre israélienne de la Justice et le négociateur palestinien Saëb Erekat pourraient se rendre à Washington "vers la semaine prochaine, à peu près".

Un responsable israélien a déclaré dimanche soir que Benjamin Netanyahu demanderait l'aval officiel de son gouvernement pour relancer les négociations de paix avec les Palestiniens sous la houlette des Etats-Unis.

"Il semble que les négociations commenceront seulement la semaine prochaine, pas cette semaine", a-t-il dit, soulignant qu'il restait à déterminer si le gouvernement dans son ensemble se prononcerait sur les propositions de John Kerry lors de sa prochaine réunion, dimanche 28 juillet, ou si une réunion restreinte au cabinet de sécurité avant cette date suffirait.

POSITIONS IRRÉCONCILIABLES?

Benjamin Netanyahu estime que les discussions ne doivent pas s'accompagner de "conditions préalables", en particulier s'agissant des frontières d'un Etat palestinien que les Palestiniens veulent créer en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la Bande de Gaza, des territoires conquis par Israël en 1967.

Même si l'Etat juif s'est retiré de la bande de Gaza en 2005, Israël considère Jérusalem dans son entier comme sa capitale, un statut non reconnu par la communauté internationale et souhaite conserver des colonies de Cisjordanie en cas d'accord de paix.

Les Palestiniens insistent quant à eux sur le fait qu'aucune négociation ne pourra se tenir si les parties ne s'entendent pas sur des discussions qui auraient pour point de départ les frontières d'avant 1967.

Nabil Abou Rdaineh, porte-parole de Mahmoud Abbas, a déclaré lundi à Reuters que Saëb Erekat n'avait pas encore reçu d'invitation de se rendre à Washington. Lorsqu'il s'y rendra, il faudra d'abord déterminer le cadre des négociations, a-t-il dit.

"S'ils trouvent un accord sur les détails conformément aux demandes des Palestiniens, alors le lancement des négociations sera annoncé", a-t-il ajouté.

Ces demandes, relayées par Mahmoud Abbas auprès de John Kerry, impliquent la reconnaissance par Israël d'une solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967, ainsi que des éclaircissements à propos de la libération prévue de prisonniers palestiniens.

Israël a annoncé ce week-end la libération à partir de septembre de 82 Palestiniens emprisonnés avant 1993, année de la signature des accords de paix d'Oslo, mais le responsable palestinien Kadoura Fares a déclaré que Mahmoud Abbas souhaitait pour sa part que 103 prisonniers soient libérés.

"PROCESSUS STRATÉGIQUE"

Dénonçant les colonies israéliennes en Cisjordanie comme illégales, Mahmoud Abbas a déclaré au journal jordanien Al Rai qu'Israël devrait "se retirer complètement du territoire palestinien" même s'il s'est dit prêt à trouver une solution pour répondre aux problèmes de sécurité rencontrés par Israël.

Le Premier ministre israélien devra surmonter les objections des ministres d'extrême droite à la libération de prisonniers palestiniens et à la restitution aux Palestiniens des territoires pris lors de la guerre des Six-Jours en 1967.

Pour ce faire, il présentera les discussions proposées par John Kerry "comme un processus stratégique pour renforcer les relations avec les Etats-Unis", explique-t-on.

Benjamin Netanyahu insistera notamment sur l'importance de ces relations compte tenu de la menace constituée par les projets nucléaires iraniens et les conflits civils en Syrie et en Egypte, dit-on encore.

Le chef du gouvernement israélien sait pouvoir compter, dans l'opposition, sur le Parti socialiste qui lui a promis de soutenir toute décision en faveur de la paix dans le cas d'une opposition d'un des membres du gouvernement.

En cas d'accord sur les concessions territoriales, un référendum serait sans doute organisé.

Israël juge la reprise des négociations dans son intérêt "vital"

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé samedi que la reprise des négociations avec les Palestiniens est dans l'intérêt "vital" d'Israël, au lendemain de l'annonce par le secrétaire d?État américain John Kerry d'un accord dans ce sens.

Au bout de sa sixième mission dans la région et quatre jours d'intense activité diplomatique, M. Kerry a arraché aux Israéliens et aux Palestiniens un accord ouvrant la voie à une reprise des pourparlers de paix, abandonnés depuis trois ans.

"La reprise du processus de paix est dans l'intérêt stratégique de l?État d'Israël", a dit M. Netanyahu dans un communiqué. "Il est en soi important de tenter de mettre fin au conflit entre nous et les Palestiniens, et il est important en raison des défis auxquels nous sommes confrontés, en particulier l'Iran et la Syrie".

Plus tôt, des responsables israéliens avaient annoncé la prochaine libération de prisonniers palestiniens à la suite de l'accord dans un geste de bonne volonté.

"Il y aura un nombre limité de libérations de prisonniers", a déclaré le ministre des Relations internationales, Youval Steinitz, soulignant que cette mesure bénéficierait à des Palestiniens détenus depuis avant les accords de paix d'Oslo de 1993, une exigence centrale du président palestinien Mahmoud Abbas.

Le ministre Steinitz a néanmoins affirmé qu'aucun accord n'avait été conclu sur un gel de la colonisation ou une référence aux lignes de 1967, principales revendications palestiniennes.

De leur côté, les dirigeants palestiniens se sont engagés à "négocier sérieusement" au moins neuf mois, pendant lesquels ils continueraient à s'abstenir de toute démarche d'adhésion à des organisations internationales, y compris aux instances judiciaires habilitées à poursuivre Israël, a affirmé M. Steinitz.

M. Kerry a annoncé à Amman un accord "qui établit la base d'une reprise des négociations", sans plus de détails, renvoyant à des discussions la semaine prochaine à Washington avec le négociateur palestinien Saëb Erakat et la ministre israélienne en charge de ce dossier Tzipi Livni.

Les dernières négociations de paix ont très rapidement achoppé sur la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Mme Livni a assuré samedi à la chaîne-2 privée qu'il n'y avait pas de conditions préalables et que "tout sera sur la table" des négociations, y compris les frontières de 1967 et Jérusalem-Est dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur État.

La chef du parti travailliste et de l'opposition, Shelly Yachimovich, a salué "une occasion importante", laissant entendre qu'elle serait prête à rejoindre le gouvernement de M. Netanyahu en cas de défection de ses alliés hostiles à la création d'un État palestinien.

Pas d?État binational

M. Netanyahu a en outre affirmé qu'Israël voulait "empêcher (l'établissement d') un État binational (...) qui menacerait l'avenir de l?État juif, et l?établissement à l'intérieur de nos frontières d'un autre État terroriste parrainé par l'Iran."

"J'insisterai sur les éxigeances d'Israël sur le plan de la sécurité et ses intérêts vitaux", a insisté M. Netanyahu.

La présidence palestinienne a salué l'accord annoncé par M. Kerry avec circonspection, prévenant qu'il "restait des détails spécifiques à régler".

A Gaza, le Hamas a rejeté "la reprise des négociations", réaffirmant que "M. Abbas n'a aucune légitimité pour négocier au nom du peuple palestinien sur des questions fondamentales".

D'autres mouvements palestiniens étaient également sceptiques.

"Retourner aux négociations hors du cadre de l'ONU et de leurs résolutions reviendrait à un suicide politique", a prévenu le Front populaire de libération de la Palestine (gauche nationaliste).

"L'expérience de vingt ans de négociations suffit pour prouver que c'était une erreur de signer les accords d'Oslo avant un arrêt de la colonisation, le nombre de colons dans les territoires occupés étant passé depuis de 150.000 à 600.000", relève le mouvement du député indépendant Moustapha Barghouthi.

Des observateurs se montraient également critiques, soulignant les zones d'ombre de l'accord.

"C'est un gâteau à moitié cuit que Kerry a sorti du four. Il a convaincu les Israéliens et les Palestiniens qu'il était comestible, et les deux parties ont accepté de le manger", a résumé le commentateur politique de la radio publique israélienne.

Un autre souligne qu'"il ne s'agit toujours pas d'une rencontre au niveau des dirigeants".

Abbas réunit l'OLP en vue d'une reprise du dialogue avec Israël

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, exposera jeudi à 15h00 (12h00 GMT) les idées du secrétaire d'Etat américain John Kerry concernant la relance du processus de paix avec Israël à la direction de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le chef de la diplomatie américaine, qui effectue sa sixième visite au Proche-Orient depuis son entrée en fonction le 1er février, a estimé mercredi que les divergences entre Israéliens et Palestiniens s'étaient réduites de manière significative et a émis l'espoir d'une reprise des négociations de paix gelées depuis 2010.

Il s'est entretenu mardi pendant cinq heures avec Mahmoud Abbas lors d'un dîner de rupture du jeûne à Amman, dont rien n'a filtré. "Le président va présenter la proposition (aux membres de l'OLP) que lui a faite M. Kerry et une décision sera prise", a déclaré Ouassel Abou Youssef, membre de l'OLP.

John Kerry a également rencontré mercredi dans la capitale jordanienne des dirigeants de la Ligue arabe.

Dans un communiqué publié dans la soirée, la Ligue apporte son soutien aux efforts du chef de la diplomatie américaine, rapporte l'agence de presse jordanienne Petra.

Elle espère que ces efforts permettront de parvenir à une solution à deux Etats "par l'établissement d'un Etat palestinien indépendant sur les frontières du 4 juin 1967 (avant la guerre des Six-Jours), avec un échange limité de territoires de même taille et de même valeur".

"Nous sommes parvenus à réduire de manière significative les divergences. Nous continuons à nous approcher du but et je continue à garder espoir que chaque camp puisse venir s'asseoir à la table des négociations", a estimé pour sa part John Kerry.

Mercredi, l'Etat hébreu a cependant autorisé la construction de 732 habitations dans la colonie de peuplement de Modiin Ilit, en Cisjordanie, à mi-chemin entre Tel Aviv et Jérusalem.

C'est la poursuite de ces constructions dans les territoires occupés depuis la guerre des Six-Jours en juin 1967 qui avait provoqué la suspension des négociations de paix en 2010.

"Il ne s'agit que de la toute première phase", a dit un porte-parole israélien après l'approbation délivrée par la commission du plan de l'administration civile, instance gérée par les militaires, dans les territoires occupés.

"Les étapes ultérieures devront êtres approuvées par le ministère de la Défense", a ajouté le porte-parole.

Pour Mahmoud Abbas, les constructions doivent cesser avant la reprise des négociations, une requête rejetée par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui demande une relance du dialogue sans condition.

INITIATIVE DE 2002

Face à ce contentieux, John Kerry a relancé un plan de paix avancé en vain en 2002 par la Ligue arabe et a invité les Israéliens à la considérer avec attention.

"Israël doit examiner avec attention cette initiative qui promet à Israël la paix avec les 22 nations arabes et les 35 nations musulmanes - soit 57 nations qui sont là à attendre la possibilité de faire la paix avec Israël", a-t-il dit.

Le plan avait été présenté par l'Arabie saoudite lors d'un sommet de la Ligue arabe à Beyrouth en 2002.

Le projet proposait une pleine reconnaissance de l'Etat hébreu à la condition que celui-ci restitue l'ensemble des territoires conquis en 1967 et qu'il accepte une "solution juste" pour les réfugiés palestiniens.

La proposition a été assouplie il y a trois mois par un responsable qatari qui a évoqué la possibilité d'un échange de territoires.

Pour les Palestiniens, les frontières de leur futur Etat doivent correspondre au tracé antérieur à l'intervention israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Benjamin Netanyahu juge que les frontières israéliennes deviendraient indéfendables dans leur ancienne configuration.

En Israël, des spéculations circulent sur la possibilité que Benjamin Netanyahu accepte, avec des réserves et dans le cadre d'un compromis avec Mahmoud Abbas, une proposition américaine prenant ce tracé comme base de la reprise des négociations.

Certains commentateurs politiques israéliens estiment que le Premier ministre, bien qu'opposé au gel des mises en chantier dans les colonies, pourrait accepter que celles-ci soient limitées aux enclaves que le gouvernement entend conserver quel que soit la nature d'un éventuel accord avec les Palestiniens.

Les Palestiniens font, quant à eux, valoir que chaque visite d'un responsable occidental dans la région est accompagnée par l'annonce de nouvelles constructions.

L'Iran se moque des menaces d'Israël

Article paru dans "Le Figaro"

Hassan Rohani a qualifié de risibles les menaces d'attaques militaires proférées par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Lorsque certains (Etats-Unis et Israël, ndlr) disent que toutes les options sont sur la tables et qu'un pays misérable de la région (Israël, ndlr) dit des choses, cela vous fait rire", a déclaré le nouveau président iranien devant un parterre d'anciens combattants de la guerre Iran-Irak (1980-88). Des propos rapportés par les médias iraniens.

"Qui sont les sionistes pour nous menacer?", a ajouté Hassan Rohani, faisant valoir que la réaction promise par les Iraniens empêchait Israël de mettre ses menaces en pratiques.

Dimanche, Benjamin Netanyahu a répété qu'Israël pourrait intervenir militairement avant les Etats-Unis pour tenter de contrer le programme nucléaire iranien. Il a qualifié Hassan Rohani de "loup déguisé en mouton". "Nous sommes plus proches (de l'Iran) que les Etats-Unis. Nous sommes plus vulnérables", a dit le premier ministre israélien dans un entretien à la chaîne CBS.

Hassan Rohani, un religieux modéré, a été élu le 14 juin à la tête de l'Iran et prendra la succession de Mahmoud Ahmadinejad lors d'une cérémonie d'investiture le 3 août.

Israël dénonce un "diktat" de l'UE sur les frontières

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté mardi la règlementation de l'Union européenne interdisant à ses membres de financer des projets dans les colonies juives

Israël a rejeté mardi une initiative de l'Union européenne excluant clairement les territoires occupés de sa coopération avec l?État hébreu, alors que des militants s'inquiétaient d'une "vague sans précédent d'avancement de plans de colonisation".

"Nous n'accepterons pas de diktats de l'extérieur sur nos frontières", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Cette question ne sera tranchée que dans le cadre de négociations directes".

M. Netanyahu avait convoqué une réunion ministérielle d'urgence à propos des "lignes directrices" que l'UE a adoptées en juin et qui doivent être publiées officiellement cette semaine.

Cette nouvelle réglementation dispose que tous les accords entre Israël et l'UE "doivent indiquer sans ambiguïté et explicitement qu'ils ne s'appliquent pas aux territoires occupés par Israël en 1967", a expliqué à Bruxelles la porte-parole du service diplomatique de l'UE, Maja Kocijancic.

Elle est "applicable à tous les prêts et instruments financiers financés par l'Union européenne à partir de 2014", a-t-elle ajouté.

Cette initiative établit ainsi une distinction entre Israël d'une part et la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza et le plateau du Golan d'autre part, territoires palestiniens ou syrien occupés par Israël depuis 1967.

Selon de hauts responsables israéliens cités par le quotidien Haaretz, Israël se retrouvera ainsi face à un dilemme: signer une clause faisant référence aux lignes de 1967 qu'il récuse, ou renoncer à d'importants projets de coopération avec son principal partenaire commercial.

"Si le gouvernement israélien veut signer des accords avec l'Union européenne ou l'un de ses États membres, il devra reconnaître par écrit que les colonies de Cisjordanie ne font pas partie d'Israël", a expliqué un de ces responsables.

"J'aurais pensé que ceux qui s'inquiètent pour la paix et la stabilité dans la région n'évoqueraient une telle question qu'après avoir réglé des problèmes légèrement plus urgents, comme la guerre civile en Syrie et la course de l'Iran pour se doter d'armes nucléaires", a ironisé M. Netanyahu.

"Ils ne devraient pas s'étonner du fait que l'UE soutient le droit international dans les efforts de paix au Proche-Orient", a déclaré dans un tweet le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, réagissant aux commentaires de M. Netanyahu.

La ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni, également négociateur en chef avec les Palestiniens, a qualifié d'"inquiétante" cette décision.

"C'est triste qu'on en soit arrivé là mais maintenant tout le monde comprend que les négociations sont le seul moyen de protéger nos intérêts diplomatiques", a-t-elle dit dans un communiqué.

Selon un haut responsable israélien s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, cette initiative européenne risque de compliquer encore plus les efforts du secrétaire d?État américain John Kerry pour relancer le processus de paix.

M. Kerry est arrivé mardi à Amman pour sa sixième tournée dans la région depuis février. Il devait s'entretenir avec le président palestinien Mahmoud Abbas, les dirigeants jordaniens et des responsables de la Ligue arabe. Aucun rendez-vous n'était en revanche fixé dans l'immédiat avec M. Netanyahu.

Le gouvernement palestinien a pour sa part salué l'initiative européenne comme "une étape très importante pour arrêter la construction de colonies et mettre fin à l'occupation", selon un communiqué officiel.

Hanane Achraoui, une membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), s'est réjouie que l'UE soit passée "du stade des déclarations (...) à des mesures concrètes qui auront un impact positif sur les chances de paix".

Mais l'ONG israélienne anticolonisation La Paix Maintenant s'est inquiétée mardi d'une "vague sans précédent d'avancement de plans de colonisation".

Selon ces militants, une commission de l'administration militaire israélienne doit se réunir mercredi pour "discuter et probablement approuver la promotion de projets pour 1.071 unités de logement".

"En outre, la commission est censée approuver la validation (la dernière étape avant la construction) d'un projet de construction de 732 unités à Modiin Illit", selon l'ONG.

La Paix Maintenant voit dans ces projets "un autre message d'Israël aux États-Unis et aux Palestiniens que ce gouvernement ne veut pas la paix" et accuse le ministre de la Défense Moshé Yaalon de "virage à droite pour complaire aux dirigeants des colons".

La France décide de dire "non" aux drones Made In Israel.

Article paru dans "IsraelValley"


Israël a perdu la guerre des drones face aux américains. La France a pris une option US qui coûtera une fortune aux contribuables. C’est bien dommage car l’expertise israélienne était pourtant la meilleure. Le prix aussi. Ainsi va le monde…

CALIFORNIE. General Atomics a gagné le deal en France. C’est une entreprise de défense et de physique nucléaire basée à San Diego, en Californie. La filiale General Atomics Aeronautical Systems est notamment connue pour ses drones dont le MQ-1 Predator et le MQ-9 Reaper. L’entreprise mère l’est elle pour le réacteur nucléaire Triga.

HEXAGONE. Les israéliens s’en doutaient. Ils allaient, sauf miracle, perdre le “deal du Siècle” en France. Les américains, General Atomics en particulier, avaient tout fait pour vendre leurs drones à la France et écarter avec une brutalité coutumière leurs “amis” israéliens. Pour ceux qui ne le savent pas : les israéliens vont quand même rentrer par la petite porte dans l’Hexagone : Israël travaille beaucoup avec General Atomics.

La Tribune : "Le Congrès américain ne s’est pas opposé à la vente par le groupe américain General Atomics de drones d’observation MQ-9 Reaper à la France. Ils doivent remplacer les drones français Harfang, qui sont dépassés technologiquement.

Le projet de vente de drones de surveillance Reapers à la France a passé une étape cruciale avec l’absence d’opposition à ce contrat du Congrès américain, a-t-on appris lundi auprès de l’agence du Pentagone chargée des ventes d’armements à l’étranger. La DSCA (Defense Security Cooperation Agency) avait notifié au Congrès le 27 juin ce projet de contrat. Ce dernier disposait alors de 15 jours pour éventuellement s’y opposer, ce qu’il n’a pas fait. “Le Congrès n’a pas émis de résolution conjointe de réprobation. L’affaire peut se poursuivre”, a affirmé à l’AFP une porte-parole de la DSCA, Lorna Jons.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé le 11 juin son intention d’acheter 12 Reaper aux Etats-Unis, au groupe General Atomics, une acquisition dont la facture est évaluée par ses services à 670 millions d’euros. Les deux premiers, actuellement en production et initialement destinés à l’US Air Force, devraient être livrés d’ici à la fin de l’année. Ces drones doivent remplacer les drones Harfang dont dispose Paris, mais qui sont dépassés technologiquement.

Une aide à la France
Dans son avis de notification au Congrès, la DSCA présentait le projet de fourniture à la France de “16 MQ-9 Reaper, d’équipements associés, de pièces de rechange, d’entraînement et de soutien logistique pour un coût estimé de 1,5 milliard de dollars” (environ 1,15 milliard d’euros). Le chiffre de drones avancé par la DSCA, supérieur aux annonces françaises, n’est pas une pratique inhabituelle car elle permet de ne pas avoir à retourner devant le Congrès si le client décide d’acheter plus de matériel qu’envisagé a priori.

La DSCA, favorable à cette vente, justifiait au Congrès l’intérêt pour les Etats-Unis de fournir ces drones à la France, arguant du fait qu’"il est vital pour l’intérêt national des Etats-Unis d’aider la France à développer et maintenir une capacité d’auto-défense forte et immédiate". “Cette vente potentielle renforcera les capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) de l’armée française” ainsi que l’interopérabilité avec l’armée américaine, plaidait la DSCA. L’accord entre Washington et Paris ne comporte pas de compensation industrielle, selon l’agence".

Israël : un soldat ultra-orthodoxe attaqué

Mardi 9 juillet au soir, un soldat ultra-orthodoxe (haredim) a été agressé par des membres de sa communauté dans le quartier religieux de Mea Shearim à Jérusalem. L'homme a été secouru par la police qui a écarté une dizaine d'habitants venus reprocher au soldat d'avoir accepté son incorporation dans l'armée. Le soldat n'a pas été blessé.

Cette agression est survenue dans un contexte tendu au sein de la communauté des « hommes en noir » qui représentent environ 10 % des 8 millions d'Israéliens. Jusque là, ceux-ci étaient exemptés de service militaire par la loi du Tal afin de poursuivre leurs études talmudiques. Cette loi avait été annulée par la Cour suprême depuis le 1er août 2012. Le cabinet gouvernemental a voté, lundi 8 juillet, contre le renouvellement de cette loi, rendant de fait le service militaire ou civil, obligatoire et universel pour tous les jeunes entre 18 et 21 ans.

Mercredi 10 juillet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fermement condamné cette agression : « Nous adopterons une ligne dure contre toute personne qui tentera d'intimider les citoyens qui accomplissent leur devoir civique », a-t-il déclaré dans un communiqué. Selon lui : « La meilleure réponse envers ces hors-la-loi est l'augmentation du nombre de conscrits haredim (ultra-orthodoxes) à laquelle nous avons assisté ces dernières années », réaffirmant que « ce nombre va encore augmenter à la suite de décision du gouvernement cette semaine de généraliser la conscription militaire ».

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon (parti Likoud) a appelé « les dirigeants de la population haredi à condamner la violence et à lutter avec force pour éradiquer ce genre de phénomène ». De son côté,  lors d'une commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense dont il est le président, l'ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman du parti Israël Beytenou (extrême-droite),  a jugé qu' « il faut considérer avec la plus grande sévérité l'attaque »,

Un seul religieux ultra-orthodoxe a condamné l'attaque : Aryeh Déri, chef du parti Shass. A l'antenne d'une radio militaire, il a dénoncé, mercredi 10 juillet, « ce phénomène, comme tous les actes dirigés contre des haredim qui choisissent de servir dans l'armée » et pointé du doigt les agresseurs, qualifiés de « radicaux à la marge ».

Kerry se rendra en Israël la semaine prochaine

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendra en Israël la semaine prochaine pour rencontrer des responsables israéliens et palestiniens, a déclaré vendredi une source de l'ambassade américaine à Xinhua.

Il y a deux semaines, M. Kerry a effectué une courte visite diplomatique dans la région, où il s'est entretenu à plusieurs reprises avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas au cours des trois jours.

Le haut diplomate américain est prévu d'annoncer un sommet quadruple pour relancer les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, qui ont connu une impasse depuis 2010 en raison des activités de construction de colonies israéliennes en Cisjordanie.

En concluant sa dernière visite, M. Kerry a dit qu'il y avait eu une "percée" dans les efforts pour reprendre les pourparlers de paix sur les deux côtés, mais n'a pas mentionné un sommet, qui se tiendra à Amman, avec la participation de responsables américains et jordaniens.

Une source diplomatique israélienne a déclaré à Xinhua la semaine dernière que les deux côtés sont

"plus proche de reprendre des pourparlers de paix" qu'il n'y paraît, ajoutant que "M. Kerry a fait un travail important ici".

Les Karaïtes seconde partie: La pratique du judaïsme chez les Karaïtes.par Benjamin Siahou

Comme promis la seconde partie de ce dossier sur les Karaïtes cette fois nous avons voulu savoir comment se pratiquer au quotidien le rituel chez les Karaïtes.

Alliance - Peut-on dire que les karaïtes d'aujourd'hui vivent leur judaïsme comme les autres ? Quelles sont les différences ? notamment pour les mariages sachant que seul la judaicté du père est reconnue ? Les lois de la pureté ? Hanoucka ? Les prières ? La conversion ?

Benjamin Siahou lui-même karaïte vivant en France a bien voulu répondre à nos interrogations avec le plus de précisions possibles et nous tenons à le remercier pour le temps consacré à ce dossier. La fois prochaine comment se vit les fêtes de Rochachana chez les Karaïtes.

 

-Aujourd’hui et de plus en plus, les karaïtes ont les moyens de vivre leur judaïsme comme les autres. Bien sur, un karaïte israélien ou américain aura beaucoup plus de facilités à vivre  son judaïsme qu’un karaïte français par exemple car les autorités religieuses sont centralisées en Israël et également aux Etats-Unis.

Les karaïtes en Israël vivent complètement en communauté. Elle est structurée autour du  « HaYahadut HaQara’it Ha‘Olamit », le Judaïsme Karaïte Universel : 

Des actions propres à une communauté sont proposées tels que les cours religieux, des activités sociales et éducatives pour les jeunes, des aides psychologiques et physiques pour la préparation au service militaire dans Tsahal pour les jeunes adultes etc. 

Les communautés les plus importantes se situent à Ramla, Jérusalem, Ashdod, Beer Sheva, Kyriat Gat, Rishon Lezion.  

Le conseil religieux du judaïsme karaïte ou conseil des sages équivalent d’un Beth Din gère les synagogues du pays, les mariages, les divorces, les funérailles du défunt, la supervision du cacherout et les autres activités religieuses.

Les karaïtes sont représentés au sein de l’état par le conseil religieux du judaïsme karaïte et leurs activités religieuses sont reconnues par le gouvernement. La cour suprême d’Israël reconnait le statut de la loi juive et valide toutes les procédures engagées par les karaïtes.

Rappelons que les karaïtes reconnaissent la Miqra comme seule loi religieuse. et rejettent l’existence d’une loi orale. Ils s’opposent donc à tout enseignement rabbinique qui place le Talmud au même niveau que la Torah

De plus ils considèrent que le Talmud contredit en de nombreux points la Miqra et qu’il n’y aucune mention d’une Torah orale dans le Pshat de la loi écrite. Les karaïtes donnent la priorité à l’interprétation de la Torah au sens premier des versets, c’est-à-dire le sens le plus évident.

De ce fait, les karaïtes sont totalement convaincus qu’ils n’enfreignent pas la loi de Dieu. 

Cela les rend bien évidemment différents des autres communautés dans le sens où ils ne basent leur pratique religieuse que sur les paroles de Dieu, la Torah et non sur la loi orale qu’ils considèrent dangereuse car non divine. Par conséquent, elle peut éloigner l’Homme Dieu. 

Entre le IXème siècle et le XIème, Les grands rabbins karaïtes et pharisiens dont les rabbanites sont les descendants se disputaient en permanence .

Le judaïsme karaïte était loin d’être minoritaire puisque 40-50% de la population juive était karaïte à cette époque.

Quelques différences avec la pratique du judaïsme courant :

La halakha karaïte se base uniquement sur la Torah écrite alors que la halakha rabbanite se base principalement sur le Talmud. Par conséquent il y a des différences fondamentales qui peuvent être observées dans la pratique religieuse.

Par exemple, pour les fêtes religieuses, les karaïtes suivent le calendrier lunaire biblique qui était la calendrier suivi par tous les juifs avant l’apparition du Talmud et à l‘époque du second temple.

 Ils se basent sur l’observation de la lune alors que le calendrier rabbanite est fixé à l’avance par calcul et a été crée par Hillel II pour des raisons de facilité et d’accessibilité. De ce fait, les fêtes peuvent parfois différer de un ou deux jours.

La fête de Hanoukka n’est pas reconnue par les karaïtes car c’est une fete talmudique, elle n’apparait pas dan la Torah. 

Les karaïtes laissent leurs chaussures à l’entrée de la synagogue. Moïse a eu ordre de se prosterner dans les lieux sacrés lorsqu’il reçut les commandements écrits de la main de Dieu sur le mont Sinaï.

« N’approche pas d’ici , ôte tes souliers de tes pieds, car l’endroit que tu foules est une terre sacré » L’exode 3,5

Les karaïtes ont pour habitude de prier en se prosternant en référence aux passages de la Torah.

Les karaïtes pratiquent la filiation patrilinéaire alors que les rabbanites pratiquent la filiation matrilinéaire. 

Cela signifie qu’une personne est juif uniquement si son père est juif ou converti en référence à la Torah ou la filiation est explicitement patrilinéaire.

La bar-mitzva n’est pas pratiquée car la maturité ne peut être jugé en fonction de l’âge mais est spécifique à chacun de nous. De plus la bar mitzva n’apparait pas dans la Torah.

Les tzitzis sont différents des rabbanites et sont attachés selon les règles écrites dans la Torah.

Le Cacherout est globalement similaire cependant les mélanges viande- lait sont autorisés à partir du moment le lait ne provient pas de la mère de l’animal. D’après le verset  «  Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère »

Pendant Shabbat, les karaïtes ne laissent surtout pas le feu allumé, c’est pourquoi il n’y a pas de bougies .Le respect du shabbat est donc plus stricte. Les karaïtes considèrent que les rabbanites détournent les commandements de Dieu en agissant de la sorte.

Aussi, il n’y aucune purification au  mikveh qui est considéré comme une invention d’influence païenne non biblique.

La Torah ne mentionne ce procédé à aucun moment et il est écrit que l’on doit se purifier dans «  l’eau vive » qui est par définition de l’eau potable ou de l’eau de source.  

Les karaïtes peuvent tout simplement se purifier en prenant une douche par exemple puisque l’eau sera potable et donc pure. L’eau du mikveh n’est même pas considérée pure par les karaïtes puisqu’elle est légèrement javellisée pour détruire les bactéries, donc impure.

La Nidda :

Les lois de pureté rituelle sont différentes. 

Par exemple, la femme est nidda pendant 7 jours alors que chez les rabbanites, c’est 12 jours en général.

La Torah dit : «  La femme qui aura un flux, un flux de sang en sa chair, restera sept jours dans son impureté jusqu’au soir » Lévitique, 15-19.

La Ketouba :

Chez les rabbanites, pour les mariages, la kétouba est rédigée en araméen alors que chez les karaïtes, elle est rédigée en hébreu exclusivement.

 

Le mariage :

Les mariages entre karaïtes et rabbanites sont assez courants et existent depuis toujours bien qu’il soit préférable de se marier avec une personne de même communauté. 

Le Beth Din karaïte autorise le mariage avec des juifs rabbanites. 

Cependant il faut qu’il soient juifs selon la halakha karaïte c’est-à-dire que le père du conjoint ou de la conjointe rabbanite soit juif ou converti ou qu‘il ou elle se soit converti

Les conversions orthodoxes sont acceptées pour le/la conjoint(e ) ou son père  par le Beth Din karaïte dans l’optique d’un mariage avec un(e )karaïte. Ici c'est la judaicité du père qui est prise en compte.

Qu’en est-il de la reconnaissance ?  

Les mariages karaïtes sont reconnus comme juifs par l’Etat d’Israël et la cour suprême. 

A l’heure actuelle, les mariages karaïtes sont les seules mariages juifs validés à l’intérieur d’Israël qui ne dépendent pas du rabbinat orthodoxe israélien.

Les communautés juives libérales ou Massorti par exemple n’ont pas encore accès à au mariage à l’intérieur d’Israël. 

Cependant, le grand rabbinat orthodoxe israélien ne préfère pas reconnaitre les mariages karaïtes officiellement mais plutôt officieusement

Il souhaite garder le monopole religieux le plus longtemps possible en Israël. La reconnaissance de ces mariages n’est pas unanime au sein du grand rabbinat orthodoxe. Certains rabbins orthodoxes les reconnaitront, d’autres pas. 

En France, de par mes expériences personnelles, je sais que les actes religieux karaïtes  sont reconnus par le consistoire.

En ce concerne le mariage entre karaïtes et rabbanites, au sein du grand rabbinat orthodoxe israélien, un rabbin est chargé de s’occuper de  couples rabbanites-karaïtes dans l’optique d’un mariage orthodoxe et que les mariages sont aussi courants. Mais la encore, l’opinion n’est pas unanime au sein du rabbinat orthodoxe israélien. Le Rav Ovadia Yosef, ancien grand rabbin d’Israël a toujours encouragé les mariages avec les karaïtes

Par contre, Je ne sais pas ce que demande le rabbinat orthodoxe à propos du conjoint ou de la conjointe karaïte mais fonctionnant dans la même logique de ce que demande le beth din karaite à propos du conjoint ou de la conjointe rabbanite, il parait évident que le conjoint ou la conjointe karaïte devra répondre aux exigences de la halakha  rabbanite. 

Par conséquent il faut que sa mère soit juive ou convertie ou qu’il ou elle se soit converti pour qu’un mariage orthodoxe soit possible auprès de ces institutions. 

Disons, d’une manière générale, que les mariages entre les deux communautés sont courants quand elles le permettent et de plus en plus aujourd’hui car les juifs karaïtes sont confrontés à un problème d’assimilation avec les juifs rabbanites. 

A noter aussi que les communautés juives libérales ont toujours accueilli à bras ouverts les juifs karaïtes. Les mariages entre rabbanites et karaïtes sont encouragés

Mais les juifs karaïtes n’adhérant pas du tout au système libéral juif et à sa doctrine ont toujours gardé leur distance.

Au sujet de la conversion : 

Bien-sûr, si l‘on veut devenir karaïte, il faut se convertir dans le cas où le père n'est pas juif , rappelons que la judaicité de la mère ne suffit pas.

Si le père est juif,  la conversion n’est pas obligatoire, il suffira d'accepter les principes fondamentaux du judaïsme, respecter la halakha karaïte, renoncer aux pratiques rabbanites, c’est-à-dire tout simplement vivre la Torah.

Pour un non juif, la  conversion est longue et difficile. Elle peut être semblable à une conversion consistoriale sur les bases de ces critères. La conversion se termine sur la circoncision du nouveau juif.

La conversion a pendant longtemps été très peu utilisée par les communautés karaïtes. 

Et c’est seulement en 2007 que la troisième cérémonie de conversion s’est déroulée depuis 500 ans ! Les conversions étaient rares et on était juifs que de naissance. 

Il y a eu peut être un certaine attitude élitiste des communautés karaïtes de l’époque.

Cela peut expliquer pourquoi aujourd’hui les juifs karaïtes sont minoritaires et ont connu un tel reflux ces derniers siècles alors qu’ils comptabilisaient 40 % de la population juive au IXème siècle.

Chaque année depuis 2007, des cérémonies de conversions ont lieu. Elles sont organisés par le Beth Din karaïte en Israël et la Karaïte Jewish University, un centre formation pour apprendre le judaïsme karaïte et ses pratiques.

 

BENJAMIN SIAHOU