Yael BENZAQUEN

Yaël Benzaquen célèbre phoniatre de la place de Paris spécialiste de la voix et du comportement
a accepté de collaborer avec Alliance pour une chronique
La séduction c’est quoi ?
pour les femmes et hommes de la communauté juive
Chronique reprise sur judaïques FM 94.8 dans l’émission animée par Claudine Douillet



Sa formation
Premier prix de chant du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris
Premier prix de musique de chambre du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris
Certificat d’Aptitude d’orthophonie de la faculté de médecine de Paris
Diplôme d’Etat de professeur de chant
Formation de médecine chinoise à l’Institut Chuzhen de Paris et chez le professeur Philippe Sionneau
Formation en AT (analyse transactionnelle) et PNL (programmation neurolinguistique)
Formation en Qi Gong et streching postural

Son expérience professionnelle

Enseignement privé à la salle Pleyel (cours de chant et technique vocal
Séminaires pour plusieurs établissements, cabinets d’avocats, entreprises et médias
Consultante et conseillère vocale à la Fondation Rotschild
Coaching de formateurs
Cours à l’hôpital Foch à l’intention des orthophonistes, ORL et professeurs de chant
Séminaires pour les orthophonistes (Bretagne, Pays de Loire, Ile de France…)
Stages de comédie musicale et d’Art Lyrique (Paris, Deauville-Trouville, Lourmarin, Andorre …)
Chargée de cours à l’Université de Poitiers (Licence Pro Art)
Master-Coach à « Coaching Voix Off »
Coach vocal et Intervenant Voix pour Sing City
Coach vocal pour les équipes de journalistes (TLM) et animateurs (Fille TV)

Les articles de Yael BENZAQUEN

Yael Naïm en tournée en France cet hiver

yael_mail.jpgC'est l'heure de la confirmation pour Yael Naïm. La belle Israélienne, révélée par la comédie musicale "Les dix commandements" et son album éponyme en 2007, sortira le 15 novembre prochain son nouvel opus "Go To The River" (Tôt ou Tard), concocté avec l'aide de David Donatien. Dans la foulée, l'interprète du hit "New Soul" sera en tournée en France.

Après deux concerts programmés de longue date au Café de la Danse à Paris les 7 et 8 décembre, l'artiste juive jouera successivement en 2011 au 106 à Rouen (21 janvier), à la cigale à Paris (du 26 au 29 janvier), mais aussi au Théâtre Sebastopol (le 16 mars), entre autres dates. Les billets pour ces concerts seront mis en vente le 15 septembre à 10h.

Sources : concertlive.fr

Yael Naim envoie son nouveau single en radio

yael_mail.jpgArticle paru dans "Ptitblog"

Yael Naim fait donc son retour en musique depuis quelques jours avec son nouveau single "GO TO THE RIVER", premier extrait de son nouvel album à paraître le 15 novembre prochain. Un album qu'elle a pris le temps de préparer loin des médias afin de coller au mieux à ses envies artistiques.

En effet 3 années se sont écoulées après le succès de son premier album éponyme et du titre phare "NEW SOUL". Yael Naim est de retour et finalise actuellement son nouvel opus avec David Donatien. Le premier extrait "Go to the River" vient d'être envoyé en radio.

Yael Naim sera sur la scène du Café de la Danse à Paris les 7 et 8 décembre et en tournée dans toute la France dès janvier 2011.

La force claire de sa voix est à elle seule une musique. Ses chansons voyagent au fil des langues et des pays, d’Israël à Paris. Piano classique, pop paternelle, prédilection pour le jazz et le folk, autant d’empreintes lumineuses et légères qui vibrent dans ces ballades limpides, et dans la sobre esthétique des arrangements de David Donatien.

Nouvelle araignée découverte en Israël

araig.jpgArticle paru dans "Le NouvelObs"

Cerbalus aravensis. (Yael Olek, courtesy of the University of Haifa)
Cette araignée aux longues pattes –elles atteignent 14 cm- vit dans des dunes de sables de la vallée de l’Arava, au sud d’Israël. L’équipe d’Uri Shanas, de l’université d’Haïfa, a découvert récemment cette nouvelle espèce, baptisée Cerbalus aravensis, et craint déjà pour son avenir.

L’habitat naturel de cette araignée, les dunes de sables de Samar, s’est rétréci: de 7 km2 il est passé à 3 km2, précisent les chercheurs, à cause de la transformation de certaines zones en terres cultivables et de l’exploitation des sables. Selon Uri Shanas, des projets de mines envisagés par les autorités pourraient encore aggraver la situation et compromettre l’avenir de l’arachnide.

Cerbalus aravensis est une espèce nocturne. Elle vit dans un terrier dont elle protège l’entrée par une porte faite de sable aggloméré. Beaucoup d’études restent à faire pour mieux connaître la biologie de cette araignée.

Sciences-et-Avenir.com

Le sel utilisé pour rendre la viande « casher » pollue le sol et les aquifères en Israël

sel.JPGArticle paru dans "IsraelValley"
Sur le plan environnemental, Israël connaît un problème auquel nul autre pays au monde n’est confronté : des tonnes de sel utilisé pour rendre la viande propre à la consommation d’après la loi juive, sont jetées chaque année et menacent de polluer le sol et les aquifères.

Actuellement, le sel jeté à l’issue du processus de cachérisation est acheminé dans des décharges. De là, avec la pluie il pénètre peu à peu dans le sol et il risque de saler les aquifères qui sont les essentielles sources d’eau douce du pays. Le ministère de la Protection de l’environnement a finalement trouvé une solution : les abattoirs seront bientôt contraints de jeter le sel dans la mer.

Le ministère prévoit de n’accorder des permis de travail aux abattoirs que si ces derniers s’engagent à acheminer leurs déchets de sel dans la mer. Parallèlement deux terminaux de traitement des eaux usées seront mis à disposition pour évacuer le sel dans la mer.

Pourquoi les écolos ont-ils si peur du sel utilisé pour cachériser la viande et le poulet ? En fait, pour cachériser onze tonnes de viande, il faut en moyenne une tonne de sel. Ainsi chaque année, les abattoirs utilisent environ 30 000 tonnes de sel, qui finissent à la décharge. Une grosse partie aussi est évacuée dans les égouts, mais les stations d’épuration de l’eau ne sont pas capables de filtrer le sel.

Le Dr Yael Maisson, directrice du département du traitement des eaux usées de l’industrie, de l’essence et des sols pollués au sein du ministère de la Protection de l’environnement, explique qu’Israël est le pays qui utilise les plus grandes quantités au monde d’eaux recyclées pour l’irrigation des terrains agricoles. Ainsi, le sel finit encore plus sûrement dans le sol.

Israël emploie 75 % des eaux recyclées pour irriguer les champs. Il s’agit d’une quantité sans précédent dans le monde. A titre de comparaison, l’Espagne qui vient après Israël dans ce domaine n’utilise que 10 % des eaux recyclées pour irriguer les terrains agricoles.

Mais ces deux particularités – l’usage du sel pour la cachérisation et celui des eaux recyclées pour l’irrigation – entraînent une menace pour la nature. Le sol dont la composition chimique change après avoir absorbé trop de sel n’est d’ailleurs pas récupérable, les dégâts sont irréparables.

Le grand rabbinat a accepté de coopérer et a fait savoir qu’il soutenait la diminution des quantités de sel utilisé dans les abattoirs, à partir du moment où la viande est salée de tous les côtés. Les abattoirs aussi ne seraient pas mécontents de faire des économies en utilisant moins de sel. Mais comme le processus est encore manuel, il est difficile de contrôler la quantité de sel utilisée.

Une expérience est actuellement tentée dans l’un des abattoirs : la cachérisation se fera dans une machine, sous supervision d’un employé. Si le processus fonctionne et permet de diminuer la consommation de sel, le grand rabbinat a déclaré accepter la nouvelle méthode.

Quant à la mer, est-elle menacée par ces déchets ? D’après le Dr Maisson, des critères clairs ont été établis pour l’évacuation du sel et d’après les tests réalisés, il ne devrait pas y avoir de difficulté pour les appliquer. La Grande Bleue ne devrait donc pas subir de dommages.

Le 03/01/07, Téhéran : du négationnisme à la médisance

Article  de Yael Ancri pour Aroutz7

hitler4.jpgL'Institut de recherche des medias du Proche-Orient (MEMRI), qui explore le Proche-Orient à travers les médias de la région, a publié lundi des extraits d’une interview du conseiller du Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.

Dans l’interview, accordée à un site Internet iranien, Mohamed Ali Ramin a prétendu qu’Hitler était juif. Ramin a, par ailleurs, "expliqué" que les actions menées par le dictateur allemand en faveur de la création de l’Etat d’Israël étaient dues à l’influence d’un cercle d’amis juifs. Selon lui, Hitler a collaboré avec les Britanniques, car tout comme ces derniers, il souhaitait déporter les Juifs loin d’Europe.

Pour Ramin, si la Shoah n’a pas eu lieu, Hitler en tout cas avait des racines juives. «Un livre a d’ailleurs été publié sur la question. Il s’appelle Adolf Hitler, le fondateur d’Israël de Karl Hanke. L'ouvrage "prouve" qu’Hitler lui-même était juif. "Sa grand-mère était une prostituée juive et son père portait encore jusqu'à l’âge de 40 ans le nom de famille de sa mère juive. Ce n’est qu’ensuite qu’il a choisi le nom d'Hitler."

Le conseiller du Président iranien a également été capable d’expliquer la haine qu’Hitler vouait aux Juifs. «Adolf Hitler lui-même a développé une véritable répulsion envers les Juifs, car sa mère était une Juive abandonnée. C’est à ce moment qu’il a fui sa judaïcité. Des sentiments d’identification avec le judaïsme et de répulsion à l’égard de cette religion se développaient parallèlement au sein de la personnalité d’Hitler. Cette ambivalence émotionnelle a influencé son comportement à l’égard des Juifs,» a affirmé Ramin.

«D’une part, tous ses proches, les gens qui partageaient ses opinions et les amis qui lui ont permis d’atteindre le pouvoir et l’ont accompagné jusqu’au dernier instant – même ses amours et son médecin privé – étaient juifs. D’autre part, il a salué l’expulsion des Juifs d’Europe centrale pour deux raisons supplémentaires : en premier lieu parce que les Juifs riches et influents qui l’entouraient aspiraient à voir la création d’un gouvernement juif en Palestine. En second lieu, parce que la déportation des Juifs était une exigence générale historique formulée par les nations occidentales et chrétiennes. Avec le soutien inconditionnel des Anglais et avec leur collaboration, Hitler a réussi à remplir cette exigence et à devenir largement populaire chez les Européens.»

Le conseiller d’Ahmadinejad a même affirmé qu’il existait des documents prouvant cette théorie. «Ces derniers temps, les sionistes ont détruit les nombreux documents liés à l’époque qui a précédé la Seconde Guerre mondiale, comprenant des statistiques, comme par exemple combien y avait-il de Juifs, où vivaient-ils et que faisaient-ils. Un des endroits brûlés et entièrement détruits, dont on peut dire qu’il abritait beaucoup de documents de la plus grande valeur sur ce sujet, était le bâtiment abritant les locaux du journal ‘‘Pravda’’ publié à Moscou. Le bâtiment du quotidien a été brûlé le 10 février 2006 et toutes les archives, comprenant les anciens numéros et les photos du journal ont été brûlées et détruites, et il n’en reste strictement plus rien.»

«J’ai proposé de fonder un organisme non gouvernemental en Iran et à l’étranger, pour étudier de nouveau ce sujet, en organisant des forums internationaux. Cependant après vérification, nous avons vu que personne au monde n’avait le courage de traiter ce sujet. On fait taire immédiatement tous ceux qui abordent la question,» a ajouté l’Iranien.

Qu est ce queantisemitisme arabe?

Par Menahem Milson, professeur émérite de l'université de Jérusalem et conseiller au MEMRI.
MEMRI- Dossier spécial n° 26
La résurgence de l'antisémitisme ces dernières années, en France comme ailleurs en Europe, a permis de comprendre que l'antisémitisme, que l'on croyait en déclin depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, menace une fois de plus les Juifs. Cet antisémitisme récent comporte, toutefois, deux spécificités : (a) les positions anti-juives sont présentées comme une juste réaction à la conduite d'Israël dans le conflit qui l'oppose aux Palestiniens ; (b) ce sont les médias arabes qui génèrent la majeure partie de la propagande anti-juive. Voilà qui pose le problème de la particularité de l'antisémitisme arabe, qui se distingue des attitudes musulmanes à l'égard des Juifs et du judaïsme antérieures à l'ère moderne. Ces deux caractéristiques, qui interagissent l'une sur l'autre de diverses façons, sont toutefois nées dans des contextes historiques totalement différents et doivent donc être considérées séparément.

Il est en effet malheureux que le statut des Juifs - considérés comme une minorité tolérée dans le monde musulman avant l'avènement du sionisme, soit devenu, pour les Juifs comme pour les Arabes, un argument essentiel de ralliement de l'opinion publique à leurs positions respectives. Le profane se sent souvent perdu face aux arguments des uns et des autres. D'un côté, il entend dire que les Juifs (et les chrétiens) bénéficient du statut de minorité protégée sous l'islam et que les Juifs de l'Espagne musulmane ont connu un Age d'or de paix et de prospérité. De l'autre, il entend dire que les Juifs et les chrétiens ne sont pas égaux aux musulmans face à la loi et n'ont jamais été plus que des citoyens de seconde classe. Ces versions contradictoires ont été replacées dans leur contexte par la plume équilibrée de Bernard Lewis : "Même à son sommet, l'islam médiéval était assez différent de l'image qu'en donne Disraeli et d'autres écrivains romantiques. L'Age d'or de l'égalité des droits est un mythe, et la croyance en l'existence d'un tel Age d'or est le résultat, plutôt que la cause, de la sympathie des Juifs pour l'islam. Ce mythe a été créé par les Juifs d'Europe au 19ème siècle comme un reproche fait aux chrétiens – puis repris à notre époque par les musulmans comme un reproche aux Juifs".

Comme la plupart des mythes puissants, cette histoire contient un élément de vérité historique. Si la tolérance signifie l'absence de persécution, alors on peut en effet dire que la société islamique classique était tolérante à l'égard de ses sujets juifs et chrétiens – plus tolérante peut-être en Espagne qu'à l'Est, et dans ces deux régions, incomparablement plus tolérante que le christianisme médiéval. Mais si la tolérance signifie l'absence de discrimination, l'islam n'a jamais été, ni prétendu être tolérant, insistant au contraire sur la supériorité du véritable croyant dans ce monde et dans le monde à venir. (1)

L'analyse suivante se limite au sujet de l'antisémitisme arabe comme phénomène médiatique contemporain ; nous évitons délibérément d'aborder le sujet de l'attitude des musulmans à l'égard des Juifs et du judaïsme avant l'ère moderne. Cela ne signifie toutefois pas que je sous-estime les effets d'une tradition vieille de plusieurs centaines d'années : comme on peut s'y attendre, les stéréotypes du Juif hérités de l'islam médiéval alimentent la réaction arabe au sionisme et à Israël.

Pour illustrer ce point, voici le témoignage d'un témoin des plus fiables : le grand historien du 14ème siècle Ibn Khaldun. Dans l'un des chapitres les moins bien connus de sa célèbre Muqaddima ("Introduction à l'étude de l'histoire"), portant sur les principes de l'éducation, Ibn Khaldun met en garde ses lecteurs contre une discipline trop sévère et le recours au châtiment corporel des enfants, susceptibles, selon lui, de provoquer des dégâts moraux : "Une éducation sévère brise l'esprit des jeunes ; elle supprime la vertu et engendre des traits de caractères négatifs tels que la propension au mensonge et la fourberie (khubth)." "L'effet nuisible des restrictions sévères et de l'oppression," soutient Ibn Khaldun, "est visible non seulement sur les individus, mais aussi sur les groupes. Cela," affirme-t-il, apparaît clairement chez les Juifs, qui sont "connus partout pour leur bassesse et leur fourberie." (2)

Ce dernier commentaire nous en apprend beaucoup sur l'image des Juifs dans l'islam médiéval, d'autant plus qu'il est rapporté par Ibn Khaldun pour illustrer un sujet extérieur à la question juive: dans ce chapitre, Ibn Khaldun ne cherche pas à informer ses lecteurs sur les Juifs ; il se contente de rapporter ce qui est considéré comme un fait bien connu. C'est précisément parce qu'Ibn Khaldun ne doute aucunement du fait qu'en tout lieu, les Juifs soient considérés comme vils et fourbes, qu'il peut aisément se servir de leur image pour illustrer son propos.

Cela me rappelle une anecdote personnelle : en juin 1979, je me trouvais au Caire, à l'occasion d'une visite toute particulière, puisque j'avais été invité par le président Sadate [ndlr : le professeur et colonel Milson fut l'aide de camp de Sadate lors de sa visite en Israël]. J'étais descendu à l'hôtel Shepheard; or personne à l'hôtel ne savait que j'étais israélien, hormis bien sûr le directeur de l'hôtel et les standardistes, pour des raisons évidentes.

Au petit déjeuner, une hôtesse me demanda d'où je venais ; je lui répondis "d'Israël". Mais elle ne voulut pas me croire, affirmant : "Non, vous vous payez ma tête, vous êtes jordanien" Elle imagina aussi que je pouvais être libanais ou libyen, mais ne parvenait pas à croire que je puisse être israélien. Elle expliqua : "Je connais les Israéliens ; nous avons reçu un grand nombre d'Israéliens. Je sais reconnaître les Israéliens" . Cela m'intrigua. Je lui demandai : "Et à quoi les reconnaissez-vous ?" "Eh bien, dit-elle, ils ont un regard fourbe typique". Cette remarque me frappa: cette hôtesse, décrivant les Israéliens, employait précisément le terme "fourbe", adjectif qui avait été employé six siècles plus tôt par Ibn Khaldun pour qualifier les Juifs.

Je voudrais souligner que mon intention n'est pas ici de faire d'Ibn Khaldun un anti-Juif. Il ne l'était certainement pas : quand il évoque les Juifs dans sa Muqaddima (ou dans ses autres ouvrages), comme il le fait de temps à autres pour dresser des comparaisons historiques, il en parle de façon parfaitement objective, sans manifester le moindre antagonisme. S'agissant de l'exemple cité plus haut, on y discerne d'ailleurs une touche de compassion pour les Juifs "opprimés". Je n'ai pas non plus l'intention d'accuser d'antisémitisme l'amicale hôtesse égyptienne. Le seul but de ces exemples est de montrer que les stéréotypes ont la vie dure.

L'antisémitisme contemporain dans les médias arabes

On entend souvent dire que, dans les pays où les médias sont contrôlés par l'Etat, le public tend à développer une saine résistance vis-à-vis de la ligne du parti et à cultiver ses sympathies et ses antipathies indépendamment des médias. Doit-on en conclure que dans les pays arabes, le public, habitué à se méfier des médias officiels, ne tiendrait pas compte des propos antisémites servis par les médias, les reléguant au rang de "propagande officielle (et donc mensongère)" ? Il n'en est rien. L'attitude de l'hôtesse égyptienne de l'hôtel Shepheard au Caire révèle la résistance, par-delà les frontières, de préjugés vieux de centaines d'années, lesquels facilitent l'adoption des images négatives des Juifs et des Israéliens diffusées par les médias.

L'antisémitisme arabe en tant que phénomène idéologique et politique moderne, relayé par les médias, correspond à l'émergence du sionisme et à la naissance de l'Etat souverain d'Israël. La date de parution des publications antisémites en arabe le montre bien : le premier roman arabe aux thèmes clairement antisémites date de 1921 ; en 1925 a paru la première traduction en arabe du Protocole des Sages de Sion. A partir de 1947, on assiste à une augmentation indéniable du nombre de publications antisémites en arabe. Mais ce serait une erreur de limiter l'antisémitisme arabe à une conséquence du conflit israélo-arabe.

Pourquoi ce refus de reconnaître l'existence d'un antisémitisme proprement arabe ?

Au vu de la quantité de références antisémites contenues dans les publications arabes de toutes sortes du siècle dernier, on ne peut que constater, avec une certaine perplexité, que les universitaires juifs et israéliens les ont tout bonnement ignorées.

Il existe toutefois quelques exceptions (en Israël et ailleurs) : La position arabe dans le conflit israélo-arabe (paru en hébreu en 1968), de Yeoshafat Harkabi, demeure, jusqu'à ce jour, un ouvrage de référence sur le sujet. (3) Harkabi n'a pas hésité à qualifier le phénomène d'antisémitisme. A suivi, en 1971, un article de Bernard Lewis intitulé "Sémites et antisémites" suivi de travaux supplémentaires du même auteur. Rivka Yadlin, Norman Stillman, Bat Yeor et Ron Nettler ont aussi abordé le sujet. Mais ils sont restés des exceptions: l'écrasante majorité des spécialistes du Moyen-Orient, en Israël et ailleurs, ont évité le sujet.

J'ai tenté de donner une explication à ce surprenant phénomène: des facteurs psychologiques se mêlent ici aux facteurs politiques et idéologiques. Nous devons garder en mémoire le fait que toute l'entreprise sioniste avait pour but de résoudre le problème de l'antisémitisme. Ainsi, la découverte que la haine à laquelle nous croyions avoir échappé en quittant l'Europe était endémique au Moyen-Orient est un fait que beaucoup ont préféré ignorer ou nier.

Il existe peut-être une autre motivation, plus politique, derrière le refus d'admettre l'existence d'un antisémitisme arabe: la crainte que la révélation de ce sentiment antisémite chez les Arabes ne renforce l'intransigeance politique en Israël et fasse le jeu des groupes politiques opposés à tout compromis territorial. Il faut reconnaître que cette crainte n'est pas sans fondement.

Toutefois, ceux qui, comme moi, sont favorables à une politique israélienne allant dans le sens de deux Etats, doivent bien admettre que fermer les yeux sur l'antisémitisme arabe n'est pas seulement une faute intellectuelle; c'est aussi contre-productif sur le plan politique. Nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer l'antisémitisme arabe ; nous nous devons même de l'examiner de près. Il est désolant de constater que l'antisémitisme arabe est devenu, depuis la fin des années 1930, la plus dangereuse forme de haine des Juifs, où que ces derniers se trouvent. Cela est notamment dû à la coopération qui existe entre Arabes antisémites et leurs homologues occidentaux.

Qu'est-ce que l'antisémitisme arabe ?

La définition la plus évidente serait : un sentiment arabe anti-juif, s'exprimant en arabe à l'attention du public arabe. Force est de constater que les antisémites arabes s'adressent toutefois fréquemment aux publics étrangers pour gagner leur soutien.

Quelles sont les caractéristiques de l'antisémitisme arabe ?

Les conclusions suivantes ont été formées sur la base d'une veille médiatique de grande envergure réalisée par le MEMRI, portant sur la presse, des publications arabes, des émissions télévisées, des sermons du vendredi, des ouvrages et des sites Internet.

La propagande arabe anti-juive semble comprendre trois composantes majeures :

a – des opinions anti-juives dérivées de sources islamiques traditionnelles

b – des stéréotypes antisémites, des images et des accusations d'origine européenne et chrétienne

c – Une attitude négationniste, et l'équation de sionisme avec nazisme (également d'origine occidentale, mais son rôle de pivot requiert une attention particulière).

La composante islamique
Des singes et des porcs

Une insulte extrêmement courante adressée aux Juifs, non seulement dans les sermons du vendredi, mais aussi dans les articles politiques, consiste à les qualifier de singes et de porcs, ou de descendants de ces animaux. Cette référence injurieuse se base sur un nombre de versets coraniques selon lesquels certains Juifs auraient été transformés en singes et en porcs par Dieu, pour les punir d'avoir enfreint le shabbat. (4)

Cette injure ne devrait pas être écartée comme une vulgaire insulte, et la croyance selon laquelle les Juifs ont été métamorphosés en singes, en porcs et en d'autres créatures ne devrait pas plus être considérée comme une simple croyance primitive propre à la pensée magique. Le fait de faire allusion de façon récurrente aux Juifs comme à des bêtes méprisables les déshumanise et justifie leur élimination. Voici quelques exemples de l'utilisation de cette injure dans différents contextes.

- Le cheikh saoudien Abd El-Rahman Al-Sudayyis, imam et prédicateur à la mosquée Al-Haram, c'est-à-dire à la mosquée de la Kaaba à la Mecque, Premier lieu saint du monde musulman, a déclaré dans un sermon : "Lisez l'histoire et vous comprendrez que les Juifs d'hier sont les ancêtres malfaisants des Juifs d'aujourd'hui, une descendance malfaisante composée d'infidèles qui déforment les paroles (de Dieu), d'adorateurs du veau, d'assassins des prophètes, de négateurs des prophéties… Le rebut de l'espèce humaine, qu'Allah a maudit et 'dont il a fait des singes et des porcs...' Ainsi sont les Juifs, un continuum d'escroqueries, d'entêtement, de permissivité, de mal et de corruption…" (5)

- Cette image a pénétré la conscience collective, y compris celle des enfants. En mai 2002, Iqraa, la chaîne satellite saoudienne qui, selon son site Internet, s'efforce d' "éclairer les aspects de la culture islamique qui suscitent l'admiration… afin de mettre en avant la véritable image de l'islam - fait de tolérance, et de réfuter les accusations dirigées contre l'islam", a interviewé une "vraie petite musulmane" âgée de trois ans et demi au sujet des Juifs, dans l'émission Magazine féminin musulman. L'animatrice a demandé à la fillette si elle aimait les Juifs. Celle-ci a répondu : "Non." A la question "pourquoi ?", la fillette répond que les Juifs sont des "singes et des porcs". "Qui a dit cela?", demande la présentatrice. "Notre Dieu", répond la fillette. "Où l'a-t-il dit ?" reprend la présentatrice. "Dans le Coran." A la fin de l'entretien, la présentatrice conclut avec satisfaction : "Des parents ne pourraient pas souhaiter qu'Allah leur accorde plus croyante petite fille (…) Qu'Allah la bénisse, ainsi que son père et sa mère." (6)

- Salim Azzouz, chroniqueur pour le quotidien égyptien d'opposition Al-Azzouz, affilié au parti libéral religieux, a ainsi commenté le retrait israélien du Liban en mai 2000 : "Ils se sont enfuis avec seulement la peau sur le dos, comme des porcs. Et pourquoi dire 'comme', quand ce sont effectivement des porcs et des singes?"

La promesse des pierres et des arbres – Wa'd al-hajar wa-'l-shajar

Un autre thème traditionnel anti-juif très populaire est celui de "la promesse de la pierre et de l'arbre". Une tradition prophétique (hadith) souvent citée affirme que peu avant le Jour du Jugement, les musulmans se battront contre les Juifs et les tueront. Les Juifs se réfugieront derrière des pierres et des arbres, mais ces derniers s'exclameront : "Ô musulman, ô serviteur d'Allah, un Juif se cache derrière moi. Viens le tuer !" Tout récemment, un prédicateur de la plus grande mosquée de Bagdad a cité un hadith à la télévision en brandissant son épée. Son cri "Nous leur couperons la tête !" a mis en transe le public, composé de centaines de personnes.

Eléments occidentaux.

L'antisémitisme arabe a adopté tous les mythes antisémites européens, y compris ceux que les antisémites occidentaux ont écartés comme étant trop primitifs. Les exemples le plus évidents sont : l'accusation de crime rituel, le Protocole des Sages de Sion, et l'accusation – assez étrange de la part de musulmans – selon laquelle les Juifs auraient tué Jésus.

L'accusation de crime rituel

Cette accusation est encore très courante aujourd'hui dans le monde arabe et musulman, jusque dans les journaux gouvernementaux à grand tirage. Certains écrivains rabâchent et recyclent ces accusations bien connues, leur donnant un tour nouveau, comme à celle concernant la festivité juive de Pourim, qui prétend que les Juifs incorporent du sang humain à leurs gâteaux traditionnels. Ces accusations de crimes rituels contenues dans les médias arabes se rencontrent essentiellement dans le contexte de la critique des actions d'Israël contre les Palestiniens. L'une d'elle a incité la Cour suprême de Paris à assigner à comparaître Ibrahim Nafie, directeur du quotidien égyptien Al-Ahram. Nafie a été accusé d'incitation à l'antisémitisme et de violence raciste pour avoir autorisé la publication d'un article intitulé "La matza juive est faite de sang arabe", paru dans le numéro d'Al-Ahram du 28 octobre 2000. L'article a créé un lien entre l'accusation de crime rituel de Damas en 1840 et les opérations israéliennes dans les territoires occupés. (7)  Il est intéressant de constater que les accusations contre Nafie, qui est président de l'union des journalistes arabes, ont suscité une tempête de protestations à travers le monde arabe. Elles ont été qualifiées dans les médias arabes de "terrorisme intellectuel", de "coup porté à la liberté d'_expression", d' "attaque sioniste contre la presse égyptienne", d' "extorsion du lobby sioniste de France" et même d' "insulte à l'ensemble de la presse arabe", Ibrahim Nafie étant considéré comme son principal représentant.

Le Protocole des Sages de Sion

Depuis 1927, année de la traduction du Protocole des Sages de Sion en arabe, l'ouvrage a fréquemment servi de référence au discours anti-juif dans le monde arabe, pour appuyer l'hypothèse d'un "complot juif pour contrôler le monde". Dans le monde arabe, nombreux sont les façonneurs d'opinion qui citent ce faux pour montrer comment le prétendu projet juif visant à contrôler le monde, transcrit dans le Protocole, est mis à exécution. Les Juifs sont accusés de recourir à des méthodes sournoises pour atteindre leur but : contrôler l'économie et les médias, corrompre les mœurs et encourager le conflit national et international.

Fin 2002, l'usage du Protocole des Sages de Sion dans les médias arabes a suscité la controverse aux quatre coins du monde, avec la diffusion de la série télévisée égyptienne Cavalier sans monture pendant le Ramadan (novembre-décembre). (8) Au mois de Ramadan 2003, également à une heure de grande écoute, un autre feuilleton a été diffusé, dans le but de salir la réputation des Juifs en "révélant" leurs machinations. La série, produite par la Syrie et intitulée Al-Shatat (Diaspora), prétendait présenter la vie juive en Diaspora et l'émergence du sionisme ; elle était diffusée par la télévision du Hezbollah Al-Manar. Ce feuilleton comportait quelques scènes proprement horribles, telles que celle du meurtre rituel d'un Juif marié à une non-Juive. Le feuilleton montre en outre comment Amschel Rothschild, prétendu fondateur d'un gouvernement juif secret, aurait ordonné à ses fils, sur son lit de mort, d'entamer des guerres et de corrompre le monde pour servir les intérêts financiers et les objectifs politiques des Juifs.

Il est intéressant de noter que les producteurs d'Al-Shatat, conscients du tollé général provoqué par la diffusion de Cavalier sans monture, ont pris la peine de diffuser un démenti au début de chaque épisode, affirmant que la série ne se basait pas sur le fameux Protocole des Sages de Sion mais sur des faits et des recherches historiques, y compris des écrits de Juifs et d'Israéliens.

Quand le Protocole est mentionné dans les médias arabes, il n'est jamais remis en question. De nombreux écrivains arabes sont bien sûr conscients du fait que le Protocole est un faux. Néanmoins, cela ne les empêche généralement pas se servir du Protocole parce que, disent-ils, "peu importe qu'ils rapporte des faits ou relève de la fiction : leurs 'prédictions' se sont en grande partie réalisées."

Voici, à titre d'exemple, un extrait d'article du journaliste libanais Ghassan Tueni : "Si nous ne savions pas que le Protocole des Sages de Sion avait été fabriqué par les services de renseignement russes au 19ème siècle (…), nous dirions que les événements actuels correspondent très exactement au projet juif mondial, vu la grande similitude qui existe entre [les événements actuels] et ce qui est attribué, à tort, [aux Juifs]. [Je fais allusion] au complot visant à contrôler le monde et à en piller les richesses, aux actions [des Juifs] partout dans le monde et au statut financier, politique et militaire [des Juifs à travers le monde]. Cela s'ajoute à leurs efforts pour détruire tout ce que les autres considèrent comme sacré."(9)

Comme mentionné plus haut, il existe quelques notables exceptions, dont des personnalités renommées, qui ont ouvertement dénoncé Le Protocole comme étant un faux. On compte parmi elles le philosophe syrien Dr Sadeq Jalal al-Azm, le conseiller du président Moubarak Oussama El-Baz et le Dr Abdel Wahhab Al-Massiri, une référence en Egypte en matière d'histoire juive et l'auteur d'une encyclopédie du judaïsme en langue arabe.

Les Juifs ont tué Jésus

L'ancienne accusation chrétienne selon laquelle les Juifs auraient tué Jésus s'est banalisée dans le discours arabe antisémite. Un exemple : le conseiller d'Arafat, Bassam Abou Sharif, fait allusion, dans le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat, basé à Londres, à la statue de la Vierge Marie endommagée par les tirs israéliens au cours du siège de l'Eglise de la Nativité à Bethlehem, dans les termes suivants : "Le triste sourire de la Vierge Marie qui sert de bouclier à son fils le Messie n'a pas empêché les soldats de l'occupation israélienne de pointer leurs armes sur l'ange palestinien [Jésus] et d'assassiner le sourire [de la Vierge] (…) afin d'éliminer ce qu'ils n'ont pas réussi à tuer en 2000 ans. A Bethlehem, un nouveau crime a été commis. Ce fut, bien sûr, une tentative ratée pour éradiquer la paix, l'amour et la tolérance, à l'instar de leurs ancêtres qui ont essayé d’assassiner le message prophétique en enfonçant des clous et des pieux en fer dans le corps du Messie et la Croix de bois." (10)

Il est particulièrement ironique de constater que la propagande arabe anti-juive qualifie les Juifs de meurtriers du Christ, car selon le Coran, Jésus n'a pas été crucifié et n'est pas mort sur la croix. Cette croyance chrétienne est considérée par l'islam comme blasphématoire. (11)

Négationnisme et équation entre sionisme et nazisme

Les écrits anti-sionistes arabes actuels tendent généralement à faire l'équation entre sionisme et nazisme. Ils insistent sur une prétendue similitude entre les idéologies des deux mouvements, notamment sur une composante raciste commune : tout comme les nazis croyaient en la supériorité de la race aryenne, les sionistes croiraient en l'existence d'un "peuple élu", le peuple juif. En outre, ces deux idéologies sont prêtes à une expansion militaire au moyen des armes, affirment-ils.

Un autre argument est que les sionistes auraient collaboré avec les nazis à l'annihilation du peuple juif : puisque les sionistes considéraient la Palestine comme la seule destination appropriée à l'immigration du peuple juif, ils ne se sont pas donné la peine d'investir dans une aide strictement humanitaire pour sauver des Juifs. De telles déclarations ont servi de thème à la thèse de doctorat (1982) du haut responsable de l'Autorité palestinienne et secrétaire général du comité exécutif de l'OLP, M. Mahmoud Abbas, connu aussi sous le nom d'Abou Mazen, à l'Institut des études orientales de Moscou. La version arabe de la thèse a été publiée en 1984. (12)

L'équation entre sionisme et nazisme s'applique aussi à la situation actuelle au Moyen-Orient. Les actions d'Israël et des sionistes contre les Palestiniens sont comparées aux crimes nazis contre les Juifs ; on peut parfois lire qu'elles sont pires encore.

Les implications politiques de ces déclarations sont claires : s'il n'y a pas eu d'Holocauste, les Allemands ne devraient pas se sentir coupables à l'égard des Juifs. Mais s'il n'y a pas eu d'Holocauste, les Allemands, et le reste du monde occidental, sont coupables de ce qu'ils ont fait subir aux Palestiniens au nom des Juifs. Et si les Juifs font aux Palestiniens ce que les nazis ont fait aux Juifs, les Allemands n'ont pas à avoir honte. Tel est le lien qui relie l'antisémitisme du Moyen-Orient à l'antisémitisme occidental, créant un axe stratégique de l'antisémitisme.

La diabolisation du Juif

La conséquence "logique" de ce qui a été dit plus haut est la diabolisation des Juifs, individuellement et collectivement. Malgré les informations accumulées sur l'identité des auteurs des attentats du 11 septembre 2001, fonctionnaires, journalistes et dirigeants religieux dans l'ensemble du monde arabe et musulman ont continué d'affirmer que les auteurs des attentats n'étaient pas arabes ou musulmans. La croyance selon laquelle des éléments américains ou juifs/israéliens ont perpétré ces attaques est devenue un mythe communément accepté dans le monde arabe. Selon certaines versions de ce fantasme grotesque, ce serait même le président George W. Bush et le Secrétaire d'Etat Colin Powell qui auraient commandité les attentats. (13)

Que faire ?
La question que l'on se pose finalement est : que faut-il faire ? La première étape consiste à comprendre le danger représenté par l'antisémitisme arabe. Il a infiltré les esprits de part et d'autre du monde arabe et créé une atmosphère dans laquelle les Juifs, individuellement ou collectivement, ne sont pas considérés comme tout à fait humains. Cela représente en soi un obstacle à la paix : les accords de paix avec Israël signés par l'Egypte et la Jordanie n'ont toujours pas conduit à la normalisation des relations avec Israël.

C'est pourquoi lutter contre l'antisémitisme arabe n'est pas seulement lutter contre le mensonge et les préjugés ; c'est essentiellement lutter pour l'amélioration des relations entre Juifs et Arabes.

En pratique, il faudrait opérer une veille médiatique des manifestations de l'antisémitisme arabe et permettre aux médias occidentaux, ainsi qu'aux façonneurs d'opinion, d'en connaître le résultat. Les publications antisémites devraient être traduites dans les langues européennes, dans l'espoir que la révélation publique de ces propos suscite des protestations au niveau international, des pressions diplomatiques à l'égard des institutions et des gouvernements arabes coupables d'antisémitisme.  

Certains ne manqueront pas d'opposer qu'une telle veille médiatique attirera l'attention sur l'opinion d'une minorité de fanatiques religieux qui seraient autrement passés inaperçus. Cette opinion ignore le fait qu'une grande partie de cette littérature de la haine est publiée dans les principaux journaux et magazines des pays concernés – subventionnés pour beaucoup par les gouvernements – et sur des chaînes télévisées très populaires. Feindre d'ignorer l'antisémitisme arabe ne fera qu'encourager les éléments extrémistes du monde arabe à se développer sans surveillance et à accroître leur influence politique néfaste.

De récentes expériences ont montré que les gouvernements et intellectuels arabes ne sont pas indifférents aux protestations et aux pressions extérieures. Les articles d'Oussama Al-Baz, de décembre dernier, où il dénonce l'antisémitisme, ont été accueillis comme un important pas en avant. Tout aussi importante est la nouvelle (rapportée par le quotidien saoudien Al-Watan du 14 mars 2003) selon laquelle l'Institut d'études islamiques de l'université a recommandé aux prédicateurs musulmans de ne pas comparer les Juifs à des singes et des porcs. Aucune de ces mesures n'aurait sans doute été prise sans les récentes protestations et critiques émises par le Congrès américain et les médias occidentaux. (14)

 

Pour toutes ces raisons, je pense qu'il convient de persévérer dans la tâche fastidieuse qui consiste à surveiller et exposer le terrible produit de l'antisémitisme arabe.

 

* "Qu'est-ce que l'antisémitisme arabe ?", paru dans Antisémitisme international, revue annuelle du centre international Vidal Sassoon [Jérusalem, 2003], pp. 23-29 – sur la base d'une conférence donnée a l'Université hébraïque de Jérusalem le 20 février 2003.

Notes

(1) Bernard Lewis, Islam in History: Ideas, Men and Events in the Middle East (Londres : Alcove press, 1973), pp. 134-135.

(2) Ibn Khaldun, Al-Muqaddima (Beyrouth : Dar ihya' al-turath, date non indiquée), p. 540 ; traduction anglaise de Franz Rosenthal (New York : Pantheon Books, 1958), vol. 3, pp. 305-6. C'est le professeur Pessah Shinar qui m'a suggéré, voilà quelques années, de consulter ce chapitre de la Muqaddima d'Ibn Khaldun.

(3) Y. Harkabi, Emdat Ha'aravim besikhsukh Yisarel 'arav ("La position des Arabes dans le conflit israélo-arabe", Tel-Aviv : Devir, 1968) ; une version anglaise a été publiée sous le titre Arab attitudes to Israel (Jérusalem : Keter, 1972).

(4) Le Coran, 2:65, 5:60, 7:166. Deux de ces textes (2:65 et 7:166) précisent que la violation du shabbat était la cause de cette métamorphose. Dans l'un des cas (5:60), cette transformation est mentionnée comme un châtiment administré à ahl al-kitab ("le peuple du livre", _expression qui fait à la fois allusion aux Juifs et aux chrétiens) qui a refusé d'accepter la vraie foi.

(5) Voir le dossier spécial n° 11 de MEMRI (1er novembre 2002), d'Aluma Solnick.

http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sr&ID=SR01102

(6) Iqraa, le 7 mai 2002.

(7) Une affaire connue où la mort d'un moine capucin italien, Thomas, et de son serviteur musulman, a été attribuée aux Juifs, accusés de crime rituel.

(8) Le 6 novembre 2002 (première nuit du Ramadan), certaines chaînes de télévision arabes (dont la télévision d'Etat égyptienne) ont diffusé la première partie d'un feuilleton en 41 parties intitulé Cavalier sans monture, basé sur le Protocole des Sages de Sion. Il convient de noter que les nuits du Ramadan sont des heures de très grande écoute dans les pays arabes et musulmans. La diffusion du feuilleton a suscité des protestations en Occident, dont un appel du Département d'Etat américain au gouvernement égyptien à faire cesser la diffusion de la série – une demande qui a été d'emblée rejetée par le ministre égyptien de l'Information, Safwat Al-Sharif. La diffusion du feuilleton a suscité un débat animé dans la presse arabe et égyptienne.

La plupart des écrivains ont soutenu la diffusion de la série, mais certains ont toutefois dénoncé l'obsession des écrits antisémites en Egypte. Le feuilleton a été visionné et approuvé pour diffusion par un comité nommé par la Censure égyptienne. L'Association de la radio et de la télévision égyptiennes a qualifié le feuilleton de "jalon dans l'histoire de l'art dramatique arabe." Le ministre égyptien de l'Information a affirmé que "les positions théâtrales exprimées dans le feuilleton ne contiennent aucun élément antisémite." Voir les Enquêtes et analyses n°109, 113 et 114 de MEMRI. Une cassette vidéo d'extraits sous-titrés en anglais est disponible au MEMRI. 

(9) Al-Ayyam (Autorité palestinienne), le 28 mars 2000. L'article est tiré du quotidien libanais Al-Manar.

(10) Al-Sharq Al-Awsat, le 20 mars 2002
(11) Le Coran 4:156-157 

(12) Voir le Dossier spécial n° 15 de MEMRI en anglais sur http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sr&ID=SR01503 , "Abou Mazen, profile politique", chapitre V (Sionisme et négationnisme) par Yael Yehoshua ; introduction en français sur http://memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=sr&ID=SR01503

(13) Nouveau mythe antisémite dans les médias du Moyen-Orient : les attentats du 11 septembre ont été perpétrés par les Juifs (MEMRI, 2002), en anglais sur http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sr&ID=SR00802

(14) Yigal Carmon, "Evolution dans le discours antisémite du monde arabe" (Enquête et analyse n° 135 de MEMRI) sur http://memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=ia&ID=IA13503

Joli jupons

jolijupon.jpg.gifLa créativité, la simplicité,  le « chic ». C'est sur ces trois axes que se décline le travail de la créatrice de mode Hyérosolomitaine Yael, qui mise, à partir d'une base assez classique, le féminin israélien religieux (robes et jupes longues et mi-longues, chemisiers manches trois-quart) sur le « petit quelque chose » qui fait toute la différence. A la fois confortables et originales, ses créations présentent des combinaisons étonnantes de matières et de couleurs, Israélienne et très fraiche, Une mode véritable pour les femmes qui veulent respecter la « tsniout », et pour toutes les autres,,,

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Yael Naïm en concert

yaya.jpgYael Naïm en concert - www.viafrance.com
Rendez-vous en France à Paris dans 304 jours
Le jeudi 25 février 2010

Concert - Musique Jazz Blues Funk - Jazz
Une voix chaude et émouvante.

La force claire de sa voix est à elle seule une musique. Ses chansons voyagent au fil des langues et des pays, d’Israël à Paris. Piano classique, pop paternelle, prédilection pour le jazz et le folk, autant d’empreintes lumineuses et légères qui vibrent dans ces ballades limpides, et dans la sobre esthétique des arrangements de David Donatien.

Auteur-compositeur-interprète, pianiste de formation, Yael Naïm est accompagnée de son percussionniste David Donatien.
Avant de découvrir son propre album, on a déjà pu entendre Yael sur le titre The Only One sur l'album Babilonia de Readymade FC.

Yael et David ont enregistré ensemble des chansons en hébreu et en anglais pour l'album éponyme sorti sur le label Tôt ou tard en octobre 2007.
L'heure de la consécration a sonné le 8 mars 2008 lors des Victoires de la Musique, puisque ce premier album a obtenu la récompense du meilleur album de Musiques du Monde de l'année.

Prix donné(s) à titre indicatif, susceptible(s) de variation selon frais de location :

Le jeudi 25 février 2010 :
Voir l'horaire
- Jeudi de 20:00 à 22:00

Tarifs d'entrée :
- Tarif en prévente (plein tarif) : 49.5 €
- Tarif réduit en prévente : 33 €

Tel Aviv fait la fête pour son centenaire

100telaviv.jpgTel Aviv marquera samedi les 100 ans de sa fondation, un événement célébré avec ferveur par la première ville israélienne tout au long de l'année, et la nuit de préférence, malgré la crise financière internationale.

Les festivités, qui ont commencé l'an dernier avec une exposition de photos sur les premières années de la ville, se prolongent cette année avec une foule de concerts en plein air, d'expositions et même un marathon, en plus de l'incontournable vie nocturne, trait caractéristique de Tel Aviv.

Fondée le 11 avril 1909 sur un désert de dunes au nord du port arabe de Jaffa, Tel Aviv est devenue la ville la plus peuplée d'Israël avec 400.000 habitants. Elle héberge aujourd'hui les principales institutions politiques et militaires de l'Etat. Presque 61 ans après l'indépendance du pays, en 1948, 3 millions de personnes vivent par ailleurs dans la banlieue de la capitale économique du pays, soit plus de la moitié des juifs d'Israël.

"La bulle", comme elle est surnommée, est parfois décrite comme coupée de "l'autre Israël", celui des juifs pratiquants, des habitants des kibboutz, des communautés du Sud vivant sous la menace des missiles près de Gaza. Très loin aussi des 2,4 millions de Palestiniens qui vivent sous occupation militaire en Cisjordanie, à seulement 30km de distance.

A 60km au sud-est, dans les montagnes, Jérusalem, la capitale politique, n'est reconnue comme telle par aucun gouvernement, excepté celui d'Israël. Les communautés y vivent séparées: juifs non pratiquants, juifs orthodoxes et Arabes, chacun de leur côté.

"Jérusalem n'est pas une ville, c'est un symbole et un lieu que les habitants préfèrent quitter", explique Yael Dayan, présidente du conseil municipal de Tel Aviv et fille de Moshe Dayan, général et grande figure politique du pays. "Ma ville est l'exact opposé: c'est la cité du vivre et du laisser-vivre, un modèle pour le futur d'Israël."

De nombreux Arabes homosexuels trouvent refuge à Tel Aviv, rejetés par la société conservatrice dont ils sont issus. Dans la rue, des juifs orthodoxes croisent des jeunes occidentalisés et non-pratiquants. Certains quartiers commerçants sont traversés par des parades gay les vendredis mais restent calmes les samedis pour respecter le shabbat. Des plages offrent des espaces séparés: religieux, femmes, homosexuels ont chacun leur place.

Enfin, Tel Aviv est également réputée pour sa vie nocturne, qui déborde chaque nuit dans les rues. Quelques heures avant la dernière offensive israélienne dans la Bande de Gaza, le matin du samedi 27 décembre 2008, Tel Aviv vivait au rythme de la fête et de la musique, comme à son habitude.

Cette nuit-là, le patron du bar branché le "Zizitripo" avalait une gorgée de vodka en même qu'il répondait à un journaliste : "La vie nocturne est plus déjantée ici que nulle part ailleurs dans le monde. Les clients boivent toute la nuit", expliquait Omer Gershon, 34 ans, malgré le vacarme de la musique électronique. "Pour beaucoup, c'est une façon de s'échapper. L'expression 'carpe diem' (profite de l'instant) prend un sens très particulier ici..."