Nataneli Lizee

Nataneli Lizée est journaliste et Correspondante de Presse.
Avec plus de vingt ans ans d'expérience dans l'écriture, l’information, la communication et la littérature, je me consacre à la création d'œuvres qui explorent la conscience individuelle et collective à travers la poésie, la littérature romancé et l'essai. Actuellement auteure et journaliste indépendante, je fusionne ma passion pour la littérature avec mes compétences en communication et nouveaux médias pour toucher un public plus large.

Les articles de Nataneli Lizee

Tribune juive : Quand la parole s’habille de faux-semblants de Lizee Nataneli

Tribune juive : Quand la parole s’habille de faux-semblants de Lizée Nataneli melenchon en chute libre

Tribune juive :  Quand la parole s’habille de faux-semblants

Il existe des phrases qui, au lieu d’éclairer l’histoire, en obscurcissent brutalement les contours. Celle prononcée récemment par Jean-Luc Mélenchon appartient à cette catégorie.
Devant une commission, avec une assurance construite comme une posture, il a affirmé avoir aidé des Juifs à quitter l’URSS. Une déclaration à effet immédiat, conçue pour impressionner, provoquer un respect automatique, anesthésier la critique.

Mais dès que l’on cherche la moindre trace — la moindre — tout s’effondre.
Les archives ne disent rien.
Les journaux de l’époque ne disent rien.
Les associations juives engagées dans le combat pour les Refuzniks ne disent rien.
Les familles qui ont vécu cette lutte n’ont jamais entendu son nom.
Son parti de l’époque, dont les publications sont pourtant méticuleusement conservées, ne dit rien non plus. Le vide est total.

Et c’est précisément dans ce vide que se dévoile le mécanisme.
Mélenchon ne veut pas seulement déclarer : il veut fabriquer. Il remplace l’histoire par une version romancée de lui-même, érige une fiction héroïque destinée à camoufler une réalité autrement gênante.
La rhétorique devient voile, le sophisme devient outil, et le mensonge devient refuge.
Tout cela pour masquer ce qui s’observe à ciel ouvert : son mouvement est devenu l’un des principaux incubateurs de l’antisémitisme politique français, légitimant ses expressions les plus sourdes comme ses explosions les plus violentes.

Il faut une grande dose de cynisme pour prétendre un passé glorieux, inexistant, quand le présent de son parti raconte exactement l’inverse : complaisance, relativisation systématique de la haine antijuive, inversion accusatoire permanente.
Le récit imaginaire devient alors une stratégie : détourner le regard, effacer les fautes, dramatiser un soi héroïque pour mieux effacer les dérives qu’on refuse de nommer.

Or les faits ne se plient pas à la volonté d’un tribun. On peut proclamer ce que l’on veut, poser ce que l’on veut, théâtraliser ce que l’on veut : la réalité reste têtue. Et ici, elle se réduit à une évidence brutale : rien ne vient confirmer son histoire parce que cette histoire n’a jamais existé. Pas un document, pas un nom, pas une trace. L’héroïsme proclamé ne s’est jamais matérialisé ailleurs que dans sa bouche.

Dans cette confusion volontaire entre mémoire et mythe personnel, le citoyen n’a qu’une seule arme : la lucidité. Distinguer l’histoire des illusions, les actes des mots, le réel des mirages. car lorsque la parole se fait écran de fumée et que le récit sert d’armure à l’inaction ou à l’indulgence envers la haine, ne pas se laisser hypnotiser devient une obligation morale.

© Nataneli

Tribune juive de Nataneli Lizée : Sous le sable de Gaza, la parole et le silence

Tribune juive de Nataneli Lizée : Sous le sable de Gaza, la parole et le silence

Sous le sable de Gaza, la parole et le silence

Les accords, en Orient, se signent souvent à l’encre des illusions. Celui-ci, pourtant, s’impose avec la gravité d’un acte suspendu entre l’espérance et la mémoire du sang : Israël et le Hamas ont paraphé, sous l’égide des médiateurs américains, égyptiens et turcs, un cessez-le-feu censé ouvrir la voie à la restitution des otages.
Un accord fragile, presque éthéré, tant il repose sur la seule vertu dont la guerre manque : la bonne foi.

Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque terroriste qui fit vaciller Israël, deux trêves avaient déjà été conclues — et deux fois rompues, sitôt l’encre séchée.
Chaque fois, le Hamas reprit les hostilités : roquettes, tirs, revendications soudain réécrites à la hâte, comme si la paix n’était pour lui qu’un intervalle stratégique. Le précédent est donc lourd : la confiance, dans cette région, n’est plus une monnaie d’échange.

À présent, le texte stipule le retrait partiel des forces israéliennes de certaines zones de Gaza et la libération de quarante-huit otages encore détenus, dont vingt seulement seraient présumés en vie. Le Hamas, de son côté, aurait reçu des garanties formelles des médiateurs : si l’accord est intégralement appliqué, le conflit pourrait être considéré comme clos.
L’énoncé est solennel ; la réalité, incertaine.

Car la localisation des disparus demeure un labyrinthe. Sous les ruines de Gaza s’étend un réseau de tunnels si dense qu’il confine au mythe : un autre monde, souterrain, tissé de béton et d’ombre.
C’est là, selon le renseignement israélien, que les otages auraient été retenus — parfois sous des écoles, parfois sous des hôpitaux.
Ces soupçons, longtemps traités avec scepticisme par certaines chancelleries, s’avèrent désormais fondés : nombre de corps exhumés gisent sous des structures civiles effondrées.
La thèse du bouclier humain, tant décriée, ne relève plus de la propagande : elle s’énonce comme une tragédie vérifiable.
Le peuple palestinien, instrumentalisé, devient l’écran vivant d’une stratégie cynique ; et Tsahal, en ciblant ces labyrinthes, n’a pas combattu des civils, mais tenté d’extirper la guerre des entrailles d’une ville.

Pour Israël, le dilemme est abyssal : libérer les siens sans renoncer à la sécurité, tendre la main sans la perdre. Le Premier ministre Netanyahu se trouve, dans cet équilibre périlleux, isolé jusqu’à l’exil moral.

Sa coalition vacille : les factions les plus radicales — celles d’Itamar Ben-Gvir et de Bezalel Smotrich — dénoncent un pacte de faiblesse, un marché de dupes où l’État hébreu relâcherait deux mille prisonniers contre quelques survivants.

L’opposition, quant à elle, guette sa chute avec une impatience feutrée. Ainsi, l’homme d’État, naguère figure de puissance, marche sur une crête : celle où la raison d’État croise la lassitude des peuples.

Et déjà, dans les marges du traité, les fissures se devinent : ici, un tir isolé rompt le silence ; là, un retard s’installe dans la libération d’otages que le Hamas prétend ne pouvoir « localiser ». La paix chancelle comme une chandelle dans le vent. Elle n’est pas encore un état : elle demeure une hypothèse.

Reste cette vérité nue : Israël, las de la haine, tente encore la voie du droit.
Le Hamas, fidèle à son double langage, instrumentalise la mort et la misère, jouant sur l’effet médiatique comme sur une harpe sinistre. Et l’Occident, embarrassé, feint de croire que la symétrie des armes fonde l’équité des âmes.

Pourtant, dans la poussière des tunnels, dans la lumière tremblée des abris, un peuple attend que justice et sécurité cessent d’être des termes antagonistes. L’Histoire, ici, ne se juge pas à la rhétorique, mais au courage de ne pas céder. Israël, encore une fois, paie le prix de sa survie.

©️ Nataneli

Tribune juive — Pour un judaïsme qui ne se déchire pas par Nataneli Lizée

Tribune juive — Pour un judaïsme qui ne se déchire pas par Nataneli Lizée

Tribune — Pour un judaïsme qui ne se déchire pas

Je lis le texte de Jean Vercors et je reste sidérée.
Pas tant par sa virulence que par son absurdité : s’en prendre, une fois encore, à Delphine Horvilleur, non pour ses idées, mais pour ce qu’elle est — une femme, une rabbine, libérale, visible, et donc coupable d’exister hors du cadre que certains voudraient imposer au judaïsme français.

Ce n’est pas une tribune, c’est un pamphlet sans fondement.
Un procès en appartenance. On y moque une voix “en cachemire”, une parole “tiède”, on raille sa présence médiatique, comme si le ton, la douceur, ou la modernité rendaient la foi suspecte. On ne discute pas son travail, on attaque sa personne. C’est une rhétorique ad hominem, ad personam, sans un seul argument de fond.

Je ne comprends pas comment, dans un peuple déjà visé, amalgamé, caricaturé depuis des siècles, on peut encore se permettre de se diviser ainsi : libéraux contre orthodoxes, hommes contre femmes, sionistes inconditionnels contre juifs lucides.
Nous sommes déjà sous le feu de la propagande antisémite et antisioniste ; pourquoi rajouter nos propres fractures ?
En dénonçant Delphine Horvilleur comme “figure clivante”, Jean Vercors fait exactement ce qu’il dénonce : il fracture
. Il retire à des milliers de juifs — libéraux, traditionnalistes, ou simplement culturels — le droit d’être pleinement juifs à leur manière.

Delphine Horvilleur, qu’on l’aime ou non, fait vivre le judaïsme. Elle ne le dilue pas, elle le transmet. Elle ouvre un espace de pensée dans une société qui ne connaît souvent de nous que des clichés : l’intégrisme ou le silence.
Elle fait ce que font depuis toujours les sages du Talmud : interroger, relier, faire bouger les lignes sans rompre le fil. Être juif, c’est cela : refuser la stagnation.

Et non, critiquer Netanyahou n’est pas trahir Israël. C’est aimer assez ce pays pour vouloir qu’il reste fidèle à son âme. C’est la responsabilité morale d’un peuple qui a toujours su se juger lui-même avant que le monde ne le fasse. Confondre la loyauté avec le silence, c’est nier notre propre tradition : celle de la discussion, de la vigilance, de la conscience.

Ce qu’on appelle “judaïsme light” n’existe pas : il y a simplement plusieurs manières d’être juif. Et la parole libérale ne nie pas les autres — elle s’y ajoute, elle les complète.
Le judaïsme n’a jamais été un bloc monolithique : il est une respiration plurielle, un tissu de voix qui se répondent. Ceux qui rêvent d’un dogme unique oublient que c’est précisément la diversité qui nous a maintenus debout à travers les exils et les persécutions.

Alors oui, débattons, mais avec respect. Opposons des idées, pas des visages. Parce que chaque fois qu’un juif insulte un autre juif au nom de la “pureté” de sa foi, il fait le travail de nos ennemis à leur place.

Delphine Horvilleur n’affaiblit pas le judaïsme, elle lui rend son humanité. Et c’est peut-être cela, le plus insupportable pour ceux qui confondent piété et pouvoir : qu’une femme pense, parle, enseigne, sans demander la permission.

“Toute controverse menée pour l’amour du Ciel perdure ; celle qui n’est pas menée pour l’amour du Ciel ne perdure pas.” (Pirke Avot 5:17)

À chacun de choisir de quel côté de cette phrase il veut se tenir.

Nataneli Lizee

La chute de Sébastien Lecornu : symptôme d’une République épuisée par Nataneli Lizée

La chute de Sébastien Lecornu : symptôme d’une République épuisée par Nataneli Lizée

La chute de Sébastien Lecornu : symptôme d’une République épuisée

Par Nataneli Lizée, journaliste et essayiste

Le court règne de la continuité

Le 6 octobre 2025, Sébastien Lecornu a présenté sa démission. Moins d’un mois après sa nomination à Matignon, l’ancien ministre des Armées quitte le pouvoir, victime d’un effondrement politique éclair. Sa chute n’est pas un accident : elle est la conséquence logique d’un système qui s’effondre sous son propre poids — celui d’une Ve République privée d’oxygène, où plus personne ne gouverne vraiment.

Nomination le 9 septembre. Annonce du gouvernement le 5 octobre. Démission le 6.
En vingt-sept jours, tout a vacillé. Lecornu devait incarner la stabilité, la méthode, la loyauté. Il n’aura incarné que la fragilité d’un pouvoir désincarné.
Son gouvernement, dévoilé à grand renfort d’éléments de langage, fut perçu comme un recyclage des élites : Bruno Le Maire de retour aux Armées, la plupart des sortants reconduits, aucun souffle nouveau. Le mot “rupture”, un instant murmuré, s’est évaporé dès la lecture des premiers portefeuilles.

Dès le lendemain, le verdict était unanime. Les Républicains parlaient de mascarade, la gauche dénonçait une parodie de changement, et le Rassemblement national réclamait la dissolution immédiate de l’Assemblée. En moins de douze heures, la majorité éclatait, les motions de censure s’alignaient, et la promesse d’un gouvernement d’unité sombrait dans le ridicule.

Le syndrome du funambule

Lecornu avait pourtant perçu le péril. Conscient du rejet du passage en force, il avait annoncé qu’il ne recourrait pas à l’article 49.3 pour faire adopter le budget.
Ce geste, d’une élégance républicaine, s’est retourné contre lui.
Dans un Parlement sans majorité, la volonté de dialogue devient aveu de faiblesse.
L’Élysée a vite compris qu’aucune majorité ne voterait la confiance, ni même le budget, et que la chute était inévitable. Les marchés ont réagi aussitôt : repli du CAC 40, tensions sur les taux français, inquiétude européenne.
Ce n’était pas tant Lecornu qui tombait que la crédibilité institutionnelle de la France. Un pays qui change de Premier ministre tous les six mois ne gouverne plus : il cherche à survivre.

Le piège macronien

La démission de Lecornu met à nu le paradoxe du macronisme : un pouvoir hyperprésidentiel sans base politique. Emmanuel Macron, en nommant un proche, pensait consolider son emprise. Il l’a fragilisée.
Car ce système de gouvernance verticale, efficace en période d’élan, devient étouffant dès que le souffle se retire.
La majorité n’est plus qu’une fiction arithmétique, les alliés de droite se retirent, la gauche se replie sur ses slogans, et le centre ne tient que par lassitude.
Macron est aujourd’hui seul. Seul au milieu des ruines d’un appareil politique qu’il a lui-même façonné. Son pouvoir n’est plus contesté : il est vidé de substance.

La mécanique d’un effondrement

La chute de Lecornu révèle le délitement progressif du pacte démocratique français.
Le Parlement ne légifère plus, il bloque ; le gouvernement ne gouverne plus, il gère ; le peuple ne croit plus, il s’abstient.
La Ve République, née pour stabiliser le pays, se heurte à une société éclatée où plus aucun consensus n’existe. Elle s’effondre sur son socle même : un exécutif tout-puissant, mais sans légitimité vécue.
Depuis la dissolution ratée de 2024, la France navigue de remaniement en remaniement, de promesse en désaveu.
Les gouvernements se succèdent comme des fusibles. Celui de Lecornu n’aura été qu’un court-circuit de plus. Mais ce court-circuit a valeur de signal : il n’y a plus d’électricité dans le système.

Une République au bord de la paralysie

Au-delà du tumulte médiatique, une vérité s’impose : le pouvoir n’a plus de centre de gravité. L’opposition se nourrit du vide, les partis traditionnels agonisent, les syndicats s’épuisent, les institutions chancellent. La France n’est pas en révolution : elle est en suspension.
Une suspension civique, presque métaphysique, où tout semble à la fois possible et stérile.
Le pays n’attend plus un programme, il attend un sens. Et ce sens, aucun des acteurs actuels ne paraît capable de le lui redonner.

Le silence après le fracas

Sébastien Lecornu est parti sans mot d’amertume. Peut-être avait-il compris, avant tous les autres, que sa mission était impossible.
Son échec n’est pas celui d’un homme, mais celui d’un régime qui ne sait plus se réinventer.
Il s’en va comme on éteint une lumière dans une pièce déjà vide.
L’histoire retiendra sa brièveté. Mais au-delà des chiffres, sa chute marque un basculement.
Ce n’est plus la politique qui s’effondre, c’est l’idée même de gouvernement.
Et si cette démission n’était pas seulement la fin d’un mandat, mais le symptôme d’une République à bout de souffle — d’un monde politique où la parole ne précède plus l’action, où le pouvoir ne précède plus la confiance ?

Une France désenchantée, ou une France en gestation ?

Il ne reste que deux issues possibles : la dissolution ou la refondation. La première prolongerait l’agonie ; la seconde suppose un courage que la classe politique ne semble plus posséder.
Mais il arrive parfois que les nations, comme les êtres, ne se relèvent qu’après avoir touché le sol. Peut-être ce moment de vide, de désillusion et de lassitude, est-il le prélude à une réinvention. Si la République veut survivre, elle devra retrouver ce qui lui manque le plus :
la croyance dans la vérité du politique. Pas dans ses mots, mais dans sa parole tenue.

Nataneli Lizée

Journaliste et essayiste

Tribune juive de Natanali Lizee : Quand l’ONU confie la plume à Alger

Tribune juive de Natanali Lizee : Quand l’ONU confie la plume à Alger

Quand l’ONU confie la plume à Alger

Le 18 septembre 2025, dans le huis clos solennel du Conseil de sécurité, quatorze mains se levèrent, une seule se baissa. Le veto américain claqua, interrompant la liturgie d’une résolution qui, sous l’apparat de la paix, masquait une inversion morale.

Le texte réclamait un cessez-le-feu « immédiat, inconditionnel et permanent », la libération « digne et sans condition » des otages, et la levée des restrictions humanitaires.
Mais derrière la façade d’équilibre, l’absence hurlait : nulle condamnation du Hamas, nulle mention du droit d’Israël à se défendre. Tout était exigé de la victime ; rien du bourreau.

Le triangle de l’ironie historique

La résolution fut parrainée par l’Algérie, membre non permanent en 2024-2025, État qui n’a jamais reconnu Israël et dont le président proclamait encore qu’aucune normalisation n’adviendrait sans État palestinien.

La séance fut présidée par l’ambassadeur d’Égypte, pays jadis défait par Israël, signataire de Camp David mais toujours lesté d’une hostilité sourde.

Enfin, le climat fut imprégné des déclarations de Francesca Albanese, rapporteure spéciale accusée d’antisémitisme, dont la parole obstinée forge, au fil des ans, une rhétorique implacable contre Israël.

Ainsi se dessina ce triangle accablant : Algérie qui rédige, Égypte qui préside, Albanese qui inspire. Tout concourait à un théâtre d’ombres où Israël comparaissait sans défense, tandis que le Hamas, effacé du texte, se voyait blanchi par le silence.

L’aveu des institutions

Et l’ONU dut avouer :

« 19 membres du personnel de l’UNRWA à Gaza furent impliqués dans les abominables attaques du 7 octobre. »

Ainsi donc, l’agence censée instruire et soigner reconnaissait que certains de ses propres agents avaient trempé dans le sang. Et pourtant, dans ce climat vicié, on osa confier la plume à Alger.

La fourberie rhétorique

On invoque le droit humanitaire pour sommer Israël de « restaurer » Gaza.
Mais ce droit, noble en son principe, devient arme syntaxique, instrument grammatical.
On somme Israël d’assurer ce qu’il assurait déjà avant la guerre — eau, électricité, soins, travail — tandis que le Hamas détourne, pille, opprime.

Et plus encore : pas une ligne, pas un mot pour exiger du Hamas qu’il cesse de fusiller ses propres citoyens, Palestiniens soupçonnés de collaboration, exécutés d’une balle dans la nuque pour avoir accepté une aide. Le Conseil exige le courant, mais se tait devant les cadavres.

La manipulation est patente : juxtaposer des exigences simultanées — cessez-le-feu, aide, otages — comme si tout se valait. Or l’ordre sert le Hamas : cessez-le-feu d’abord, flux humanitaires ensuite, libération des otages plus tard, peut-être. Chaque trêve devient un répit, chaque aide un arsenal, chaque promesse un leurre. Les otages, eux, meurent, creusant leur tombe sous l’œil des caméras.

Le masque tombe

Dans ma tribune sur le procès Albanese, j’écrivais déjà que la neutralité onusienne avait été confisquée. La démonstration, désormais, éclate :

- une agence qui confesse la compromission de ses propres employés ;

- une rapporteure spéciale accusée d’antisémitisme ;

- un État qui nie Israël investi du rôle de plume 

-une présidence confiée à un pays jadis en guerre contre lui.

Voilà la mise en scène qui se prétend « justice internationale ». Ce n’est pas de la diplomatie, c’est une farce tragique.

L’illusion d’universalité

Car l’ONU s’acharne contre Israël avec une constance obsessionnelle, tandis que des massacres réels, des génocides entiers, s’oublient dans les sables du Darfour, du Congo, du Soudan.
Vingt ans de tueries, quarante ans de guerres, et point de rapport, point de résolution. L’institution, forgée pour la Palestine, s’est muée en tribunal permanent d’Israël, comme si la planète entière se réduisait à cette obsession unique.

Le dernier mot

Il faut le dire avec gravité : les mots comptent. Ils sont semence et sentence, germe du vrai comme arme du mensonge. Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ; bien les nommer, c’est déjà résister. Mais l’ONU choisit d’arranger, de masquer, d’édulcorer.

La propagande ne ment pas frontalement : elle se drape d’un fragment de vérité.
Elle martèle, elle répète, elle sature l’air de demi-vérités, jusqu’à ce que l’esprit grégaire les confonde avec l’évidence. Ainsi Goebbels façonna des certitudes, ainsi les rhétoriques soviétiques subjuguèrent des foules, ainsi les slogans collaborationnistes pavèrent la route du renoncement.

Et nous voyons ce mécanisme renaître aujourd’hui : dans les travées de l’ONU, au sein de l’UNRWA, mais aussi en France, dans les tribunes du LFI ou du NPA, où l’on inverse les rôles, où l’on magnifie les bourreaux, où l’on efface les victimes.

Voilà pourquoi ce conflit est aussi une guerre de mots. Et dans cette guerre, la falsification rhétorique tue autant que les armes. Car lorsque la haine guide une cause, l’homme efface, l’homme inverse, l’homme falsifie.

Souvenons-nous : perdre la rigueur des mots, c’est déjà commencer à perdre l’humanité.

Nataneli