Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Le corps de Matthew Besner retrouvé dans le canal Lachine

matthew-besner-manque-appel-depuis.jpgArticle paru dans "Cyberpresse.ca"

Des enquêteurs du Service de police de la ville de Montréal se sont rendus à l'endroit où le corps de Matthew Besner a été découvert, mardi matin, dans un secteur industriel du Vieux-Montréal.

Le corps de Matthew Besner, ce jeune homme de 27 ans porté disparu depuis samedi soir, a été retrouvé ce matin dans les eaux du canal Lachine.

La découverte a été effectuée vers 8h par deux employés d'une entreprise d'affichage qui travaillaient en haut d'un panneau publicitaire qui surplombe la voie d'eau. Son corps gisait frigorifié, à moitié sur la berge sud du canal et à moitié dans l'eau. Il a été retrouvé à environ un kilomètre à l'ouest du restaurant où le jeune homme a été vu pour la dernière fois.

Les policiers tentent toujours d'élucider les circonstances de son décès. Pour l'instant, la thèse privilégiée par les enquêteurs est celle de l'accident puisque le corps de la victime ne présente aucune trace de violence.

«Rien n'indique pour l'instant qu'il s'agit d'un crime», a indiqué Daniel Lacoursière, porte-parole au Service de police de la Ville de Montréal. «Selon toute vraisemblance, il est descendu sur la glace du côté nord du canal Lachine pour le traverser. La glace a cédé sous son poids à deux ou trois reprises, mais il est parvenu à se rendre sur la berge du côté sud. Il pourrait être mort d'hypothermie ou noyé. L'autopsie le déterminera dans les prochains jours.»

Selon les traces de pas visibles sur la glace hier, Besner serait soit accidentellement tombé à l'eau du côté nord du canal ou il s'y serait aventuré pour des raisons inconnues.  Une fois dans l'eau glaciale, il ne pouvait plus rebrousser chemin car un muret d'environ deux mètres l'empêchait de sortir du canal. Il semble donc qu'il ait tenté de traverser vers l'autre rive en nageant, marchant et rampant sur la glace.

Joint par Cyberpresse, le père de la victime, Clifford Besner, a indiqué que la police ne lui avait pas donné davantage de détails sur les circonstances de la mort de son fils. Visiblement ébranlé, il a affirmé que la famille préférait vivre son deuil en privé.

«C'est une terrible tragédie. On n'a pas dormi depuis deux jours», a affirmé un ami de la famille, Ziggy Zalezniak. Ce dernier a expliqué que les proches de Matthew Besner considéraient qu'il était mort de façon accidentelle. «Je l'ai connu toute sa vie et il a toujours été un garçon stable et responsable. Le connaître, c'était l'aimer», a-t-il relaté. «Il avait une âme douce et bonne.»

Matthew Besner a été vu pour la dernière fois dans la nuit de samedi à dimanche alors qu'il célébrait l'anniversaire de son beau-frère au restaurant L'Orignal, rue Saint-Alexis, dans le Vieux-Montréal. Selon M. Zalezniak, le jeune homme avait consommé quelques verres, mais il n'était pas intoxiqué.

Vers 2h45 du matin, le jeune conseiller en sécurité financière est sorti prendre un peu d'air frais en laissant ses effets personnels dans le restaurant. Il aurait alors envoyé un message texte à sa copine, qui était retournée à la maison un peu plus tôt. «Je serai à la maison très bientôt», aurait-il écrit. À peine cinq minutes plus tard, ses amis avaient perdu sa trace. Le groupe devait revenir ensemble avec le conducteur désigné.

Hier, amis et proches ont ratissé le quartier et on apposé des affiches près du restaurant dans l'espoir de retrouver le jeune homme.

Tout au long de la journée, ils ont répété dans les médias que jamais le jeune homme ne partirait sans avertir sa famille et sa copine, qu'il fréquentait depuis plusieurs années.

Diplômé de l'Université Concordia, le jeune anglophone d'origine juive a grandi à Ville Saint-Laurent. Il travaille depuis quelques années à la Financière liberté 55. Il avait un petit frère et une petite soeur. Il venait d'emménager au centre-ville avec son amie de coeur. «Il avait un avenir brillant devant lui», a dit M. Zalezniak.

Fin de prise d'otages heureuse à Besançon

carte-france.gifFin de prise d'otages heureuse à Besançon (Doubs). Les cinq enfants et l'institutrice encore retenus dans une école maternelle depuis le début de la matinée ont été libérés sains et saufs lundi midi et le forcené, un mineur de 17 ans présenté comme dépressif, a été interpellé par le Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN) de Strasbourg.

Le dénouement est intervenu peu avant 13h, lorsque les membres du GIPN sont entrés en action au moment de la distribution de plateaux-repas pour le déjeuner, a expliqué le ministre de l'Education nationale Luc Chatel, qui s'est rendu sur place. Armé de "deux longs couteaux", le forcené, qui voulait "mettre fin à ses jours dans la salle de classe", a alors été neutralisé, selon M. Chatel.

"Nous avons porté les repas et c'est à ce moment-là que le GIPN a pu intervenir, séparer les enfants, les libérer et appréhender le preneur d'otages", a-t-il déclaré. "Le preneur d'otages est sain et sauf".

Laurent Gresset, secrétaire régional du syndicat Alliance Police nationale, a précisé que le forcené avait été neutralisé à l'aide d'un pistolet à impulsion électrique.

"Depuis le début, les policiers ont compris qu'il voulait plus attenter à ses jours qu'à ceux des enfants ou de l'institutrice. Le GIPN a d'abord négocié la libération sans heurts des otages. Ensuite, ils ont continué de discuter avec lui pour qu'il se rende de façon pacifique et pour qu'il ne se suicide pas", a-t-il expliqué à l'Associated Press. "Comme la discussion n'avançait pas, le GIPN est intervenu et a maîtrisé le preneur d'otages avec un pistolet à impulsion électrique, ce qui a permis de l'interpeller sans le blesser".

Luc Chatel a pour sa part expliqué que c'est le forcené lui-même qui, dès le début de la prise d'otages "a pris contact avec le commissariat". "Il a demandé à plusieurs reprises une arme pour pouvoir mettre fin à ses jours. Mais, en dehors de ça, il n'a exprimé aucune violence vis-à-vis des enfants (...)", a-t-il expliqué sur France-Info. Les élèves ont pu sortir, notamment pour aller aux toilettes, pendant la prise d'otages.

Nathalie Roffet, l'institutrice, a expliqué que le preneur d'otages avait agi "très calmement". "Il était prostré dans un coin", a-t-elle déclaré, précisant lui avoir demandé, au bout de quelques temps, "si on pouvait lire des livres, faire quelques chansons, doucement".

Le forcené avait pénétré dans une classe de l'école Charles Fourier, située dans le quartier de La Planoise, vers 8h30. Il avait ensuite libéré 14 enfants en plusieurs fois, ne gardant avec lui que cinq élèves et l'institutrice. Inconnu des services de police, il s'agit d'un "jeune homme du quartier qui avait fréquenté le collège du quartier, qui était en difficultés psychologiques avec des relents suicidaires", selon Luc Chatel.

Toutes les autres classes de l'école avaient été évacuées et une cellule de soutien psychologique avait été mise en place pour les familles des enfants.

Le président Nicolas Sarkozy "se réjouit de l'heureux dénouement de la prise d'otages". Dans un communiqué, il a adressé "ses plus sincères félicitations aux autorités de l'Etat" et a exprimé "toute sa solidarité vis-à-vis de l'ensemble de l'équipe enseignante de l'école maternelle, notamment de l'institutrice prise en otage avec les enfants".

Box Office de David Mamet mis en scène par Anne Bourgeois

boxoffice_vignette.jpgAmateurs de pièces à la sauce aigre douce, rendez-vous au Théâtre du Lucernaire (53 rue Notre Dame des Champs, Paris VIème), afin d'y découvrir la nouvelle mise en scène d'Anne Bourgeois (Cochons d'Inde, Sur la Route de Madison…), Box Office de l'auteur américain David Mamet. Hollywood. Deux producteurs, Bobby et Charlie, à la recherche du projet de film qui fera d'eux Le tournant décisif de leur carrière et leur permettra (surtout) de devenir millionnaires, se voient complètement troublés par l'arrivée d'une jeune secrétaire intérimaire aussi naïve que sexy.

Cette pièce de Mamet (auteur juif américain, connu pour ses scénarios de film tels que Les Incorruptibles, Verdict ou encore le Facteur sonne Toujours Deux Fois) est dynamisé par la performance de ses trois comédiens où l'on a l'impression que chaque scène ait été écrite pour eux; s'y dégage en effet, une intensité et une virtuosité bouleversante. Ici, contrairement à son habitude, Anne Bourgeois a eu le bon goût de ne pas céder aux sirènes du vedettariat et de s'entourer d'acteurs peu connus certes mais d'une justesse incroyable. Mise en scène intelligente et réjouissante, au fil de la pièce les rapports de force du trio s'inversent laissant entrevoir leur visage sous leur masque de tous les jours.

Alors que le producteur en chef, Bobby laisse entrevoir ses faiblesses, l'ingénue dactylo se verra transformer en cérébrale inimaginable. Un sacré modèle d'écriture! Certains reconnaitront la verve caustique de David Mamet. Box office, mis en scène par Anne Bourgeois demeure être une pièce comique à l'acidité aiguë,  traite de cet univers impitoyable de ces producteurs qui feraient (presque) tout "pour y arriver", et où les films et les scénarios ne sont finalement que de la marchandise. Mais n'oubliez pas une chose, nous sommes à Hollywood, alors méfiez-vous des apparences, elles sont peut être trompeuses! 
 
Renseignements
Adresse : Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre-Dame-des-Champs Paris 6e (75006)
Contact : 01 45 44 57 34 - lucernaireforum@wanadoo.fr
 Prix : Pl.30 € , TR 15/20 €

Laurent Bartoleschi

Sa vie est un roman...Roman Polanski Vie et destin de l'artiste

romanpolanski.jpg(Ed. Philippe Rey) de Florence Colombani
Roman Polanski Vie et destin de l'artiste
Sa vie est un roman...

Emaillé de drames et de scandales, Roman Polanski reste un cinéaste brillant et cosmopolite; c'est ce que nous confirme Florence Colombani dans cet ouvrage (disponible aux Editions Philippe Rey). S'adaptant à toutes les situations, abordant tous les genres avec une égale aisance, du film d'épouvante (Rosemary's Baby) à la parodie (Le Bal des Vampires) du film noir (Chinatown) en passant par le (faux) thriller parano (Frantic, Le Locataire, et tout récemment The Ghost writer…) pour arriver au drame historique du Pianiste en 2002; Polanski a tourné en France, comme à Londres et à Hollywood.

Mais ce qui le particularise, c'est (malheureusement) son existence hors normes, son parcours très médiatisé, jalonné de succès artistiques et de fais divers. "Parce que sa vie est un destin, on oublie vite l'artiste", dit l'auteure. En près de cinquante ans de carrière, il a tout de même bâti une œuvre colossale et singulière dans laquelle passent les traumatismes d'une génération marquée par l'Holocauste.

En effet, l'horreur qui marque sa prime jeunesse représente une des clés de son univers cinématographique. "La Shoah, bien sûr: deux ans dans le ghetto de Cracovie; une mère, Bula, morte à Auschwitz; un père, Ryszard, déporté à Mauthausen; une enfance qui n'en est pas une, passée à fuir la persécution à la ville et à se cacher…". Juif, il est avant tout polonais, produit typique et exemplaire de la culture des années 50, formé à la grande école de cinéma à Lodz. Ce qui resurgit régulièrement dans sa filmographie, un mélange d'humour cynique, de perversité et de fatalisme, représente les caractéristiques de ses compagnons de route.

Des collaborateurs, il en est question dans le livre où Florence Colombani a réalisé une série d'entretiens pour France Culture: on y trouve un de ses comédiens, Peter "Oscar" Coyote, qui revient pour notre plus grand plaisir sur les moments partagés sur le tournage de Lunes de Fiel; l'un de ses cameramen Pawel Edelman, mais aussi un entretien exclusif de T. Jakubowicz, le président de la communauté juive de Cracovie, qui nous explique notamment, comment la famille de Roman est passée du nom de Liebling à Polanski. Après une telle lecture, quoi de bon de se refaire toute l'œuvre du génie, afin d'y décrypter tout l'art du huis clos. Yann Moïx affirmait dans son ouvrage La Meute (Ed. Grasset), "Polanski tournait des films, tandis que son arrestation tournait autour de lui tel un vautour". Tout ceci explique pourquoi la majeure partie de ses films était basée sur l'enferment.

Laurent Bartoleschi

Interview de Eran Riklis

riklis.gifRien ne va plus pour le Directeur des Ressources Humaines de la plus grande boulangerie de Jérusalem : il s'est séparé de sa femme, sa fille le boude et il est empêtré dans un boulot qu'il déteste.

Suite à la mort accidentelle d'une de ses employées, la boulangerie est accusée d'inhumanité et d'indifférence par un quotidien local. Le DRH est alors envoyé en mission pour redorer l'image de l'entreprise.

C'est le début d'un périple qui l'entraîne des rues mystiques de Jérusalem à la glaciale Roumanie, à la recherche du village de Yulia, cette femme qu'il ne connaissait pas mais qu'il apprend petit à petit à admirer.

A la tête d'un convoi chaotique, entre le fils de la défunte, en révolte contre tous, un exaspérant journaliste, une consule excentrique et un encombrant cercueil, le DRH retrouve son humanité et sa vraie capacité à s'occuper des "ressources humaines".

Eran Riklis est l'un des réalisateurs israéliens les plus connus en France (La Fiancée Syrienne, Les Citronniers). Ses films sont aussi bien des succès critiques que publics. Il est de retour avec un film Le Voyage du Directeur des Ressources Humaines tiré du roman éponyme d'A.B.Yehoshua. Rencontre.

L.B: Comment vous êtes vous venu à l'idée d'adapter le best seller d'A.B.Yehoshua? Vous, directeur-des-ressources-humaines-188x300.jpgqui avez pour habitude d'écrire vos propres scénarios.


Eran Riklis:
C'est étonnant puisque ce n'est pas une idée personnelle, mais plutôt de mon producteur Haim Heckleberg qui avait beaucoup aimé ce livre. Ensuite, une fois l'avoir lu à mon tour, j'ai pu remarquer que le sujet me "correspondait" parfaitement; aussi, j'ai donné mon approbation rapidement à le réaliser. Et puis, je n'ai pas eu de mal à me l'approprier puisque les idées qui émanent du livre me ressemblent pleinement.

L.B: Avez-vous rencontré A.B.Yehoshua?


E.R: Oui, je l'ai rencontré une ou deux fois pour le film (il faut dire que l'on s'était déjà croisé auparavant pour un autre projet, mais qui n'a jamais abouti). Ce qui était très intéressant durant la préparation du film ainsi que le tournage, A.B. Yehoshua m'a laissé une grande liberté; il a très vite compris qu'il ne fallait pas qu'il se "mêle" trop du scénario. Enfin ce qui est d'autant plus favorable est qu'il ait beaucoup aimé le film.

L.B: Dans votre film, on ressent deux grosses influences cinématographiques totalement opposées Ken Loach et Emir Kusturica, l'une pour le côté social, l'autre pour le côté absurde, burlesque…

E.R: …Pour ce film, il y a eu en effet pas mal d'articles de presse où l'on me compare au réalisateur d'Underground. Mais d'une certaine façon, je préfère les références à Ken Loach, notamment pour la première partie vous avez raison; puis, pour la seconde, je n'ai pas du tout essayé de faire du Kusturica. Mais, vous savez lorsque l'on tourne là bas, dans ces contrées, on ne peut s'empêcher d'y faire allusion.

L.B: Quelles ont été les réactions des habitants des villages où a été tourné votre film?


E.R: C'était étrange pour eux. Au départ, ils se sont dit en parlant de moi "mais qui c'est ce type qui vient de la Terre Promise?", un petit peu comme le D.R.H du film finalement. Mais cette expérience, je l'avais vécu pour La Fiancée Syrienne où j'étais amené à travaillé avec des druzes; ou même, dans Les Citronniers où je devais travailler avec des palestiniens. Je pense que le plus important résulte dans le fait de manifester du respect envers autrui. A ce moment précis, si vous témoignez du respect pour eux, automatiquement ils témoigneront du respect pour vous. Il faut essayer d'avoir des rapports les plus humains possibles avec eux. 

L.B: Votre précédent film Les Citronniers avait un côté tres "terre à terre", alors qu'ici il y a comme élévation. Qu'y a-t-il de spirituel dans votre film?

E.R: Je crois que cela tient essentiellement de l'intrigue de cette histoire. Mais je pense surtout que Jérusalem a eu le même effet sur moi que sur les personnages. Personnellement, je vie à Tel Aviv, ville finalement matérialiste, et je partage pleinement la même trajectoire que celle du D.R.H en arrivant à Jérusalem. Lui qui vit dans cette ville, ne sait pas du tout rendu compte de l'ampleur de toute cette spiritualité qu'il s'y dégageait. Jérusalem possède cette force mystique. J'ai envie de dire qu'on a l'impression qu'il s'agit d'une ville "aimant", que ce soit pour les chrétiens, les juifs, les musulmans. En tout cas, oui le personnage principal et moi avons fait le même cheminement.

L.B: Vous dîtes dans le dossier de presse, "nous avons tous une mission sur terre". Une fois réalisée, selon vous, à quoi servons-nous finalement?

E.R: Nous avons plusieurs missions sur terre. Je crois que lorsque l'on a vraiment "terminé" d'accomplir sa ou ses missions, on est mort quelque part. Aussi, je pense que la mission la plus fondamentale reste celle à faire le bien pour les autres. Une mission a pour particularité d'avoir une continuité avec d'autres: elles ne se "terminent" jamais. Il faut les poursuivre en permanence. Maintenant, si l'on a la forte impression d'avoir accompli Sa mission, si on La vraiment achevé, alors dans ce cas, je crois que l'on est un peu mort au fond de soi.

L.B: Il y a un peu de rédemption tout de même…

E.R: L'exemple du D.R.H est fondamental: c'est un type, la quarantaine consommée, qui n'a vraiment jamais accompli de mission d'aucune sorte, jusqu'à présent. Cette mission qu'il a entrepris et réalisé en Roumanie sera comme le facteur déclencheur de la (nouvelle) vie qu'il attend à Jérusalem entouré de sa fille, de sa femme et de ses employés. Ce voyage sera en fait une sorte de renaissance. D'un point de vue spirituel, comme d'un point de vue pratique, ce film est une histoire assez classique d'une certaine forme de rédemption. C'est une rédemption tardive certes pour le D.R.H puisque c'est plutôt la vie qui a choisit de le mettre sur cette voie là.

L.B: Votre film est une belle parabole sur la Mort. Justement, un tel périple permet-il de redécouvrir la vie d'un homme?

E.R: Je pense que c'est profondément inscrit dans la tradition juive, puisque l'on est censé faire le deuil pendant sept jours (la Shiva); on est censé parler du mort et en même temps on s'aperçoit que l'on parle de soi. Ce que vous dîtes est fort vrai, on se redécouvre soi même. Alors maintenant il est vrai que la défunte Yulia n'est pas juive, mais finalement c'est un peu comme si elle accomplissait cette shiva. Ainsi, le personnage du D.R.H redecouvre, en effet, d'un œil nouveau, sa fille à travers le fils de la défunte et à travers le mari de cette femme, il redécouvre sa propre épouse. Yulia, bien qu'elle soit morte, c'est elle qui fait avancer le film.

Laurent Bartoleschi

Un centre culturel juif tagué dans le sud

Des inscriptions antisémites ont été découvertes hier matin sur le mur principal du centre culturel de la communauté juive à Saint-Laurent-du-Var, sur la Côte d'Azur, a-t-on appris aujourd'hui de source préfectorale.

Deux croix gammées et l'inscription "sales feujs, marre de vous" ont été tracées à la bombe sur le bâtiment qui n'avait jamais fait l'objet dans le passé d'actes antisémites.
Le préfet des Alpes-Maritimes, Francis Lamy, a condamné fermement ces exactions "inacceptables", a indiqué la préfecture.

La police scientifique et technique a effectué des relevés sur place et une enquête a été ouverte.

Nostalgie quand tu nous tiens!

70.gifTendres souvenirs d'enfance pour certains, initiation aux débuts (prometteurs!) pour d'autres, agréables images de joies, de destins, de musiques, de modes, etc. A l'heure où la télévision passe au mode numérique et où les chaînes ne se comptent plus sur les doigts d'une seule main, les Editions Montparnasse vous proposent de faire un retour vers le passé avec la sortie de Nos Années Télé, un sublime coffret de trois DVD dédié justement aux années pionnières de la Télévision française: DVD1 : 1950-1960, Le temps des pionniers; DVD2 : 1960-1970, La télévision fait sa révolution; DVD3 : 1970-1980, La couleur, les jeux, le feuilletons...). Jusqu'en avril 1964, une seule chaine pour un seul poste pour tout le foyer qui se réunissait afin de découvrir des émissions très variées où l'on pouvait découvrir les débuts de Barbara, Jacques Loussier, Alain Delon… Des interviews – on dirait aujourd'hui collectors- de Charles Aznavour, Dario Moreno, Jean Gabin, Yves S. Laurent.

Tenant une place unique dans tous nos foyers, elle s'invente de jours en jours: loin de la télévision  d'hier, elle est en perpétuelle renouvellement. En somme, une pléiade d'extraits dontcoffret-nos-annees-tele.jpg quelquefois on ne soupçonnait même pas l'existence. Ce coffret fera de vous de véritables Enfants de la Télé! Retrouvez tous les meilleurs moments d'humour, de musique, de culture et bien sûr d'émotion dans ces émissions pertinentes, innovantes tantôt instructives tantôt satiriques, sans oublier, toute la nostalgie des programmes cultes de divertissement: un véritable panorama de la télévision française du XXème siècle.

Des heures de plaisir (plus de 9h!) à déguster sans modération avec une maitresse de cérémonie au sourire inimitable, Denise Fabre ! Cette Chronique des Années 70 (Seuil),telle une véritable exposition aux multiples thématiques, de la Politique à la Culture en passant par le cinéma, témoigne des enthousiasmes et des espoirs du monde bigarré et polymorphe qui la composait; certains "acteurs" de cette décennie y sont bien présents. Avec ses prises de [...]

Laurent Bartoleschi

Jacques Demy l'inoubliable

jacques-demy-intgrale.jpgVoilà vingt ans disparaissait l'un des réalisateurs les plus mythiques du cinéma de la Nouvelle Vague. Jacques Demy aurait aujourd'hui 80 ans. A l'occasion de l'anniversaire de sa mort, plusieurs événements célèbrent l'homme qui aimait tant les femmes au style inimitable. Il le prouve dès son premier long métrage en 1961, Lola, dans lequel il entrecroise les itinéraires de trois personnages féminins pour ne recomposer l'existence que d'une seule et unique femme dont la vie n'est que fidélité à un amour d'enfance; inoubliable Anouk Aimée.

Deux ans plus tard, plus de brune pour le rôle titre, mais plutôt à Jeanne Moreau à la chevelure platine digne d'une héroïne hitchcockienne, où une véritable descente aux enfers l'attendra, elle et son compagnon dans La baie des Anges. Mais ce sera en 1964, que Jacques Demy se fera une place parmi les plus grands réalisateurs (du monde) avec Les Parapluies de Cherbourg, où il obtiendra la Palme d'or à Cannes; mais surtout sa rencontre avec Catherine Deneuve qui deviendra son actrice fétiche pour quatre films et le début d'une longue collaboration avec le compositeur Michel Legrand. Les Parapluies de Cherbourg ayant une particularité à part entière celle de faire un film "en chanté" comme d'autre déterminerait d'un film dit "en couleur". Intégralement chanté, le film ne représente qu'une seule ligne du début à la fin.

Ce succès international (hautement mérité!), lui permet de réaliser son vieux rêve: réaliser unedemoiselles.jpg comédie musicale française à l'américaine. Ainsi, Les Demoiselles débarquent non pas seulement à Rochefort mais dans nos têtes et ça fait du bien. Jacques Demy ou le réalisateur anti- crise nous aurait fait un bien fou aujourd'hui. Aussi, l'ouvrage d'Olivier Père et Marie Colmant (Editions de la Martinière), Jacques Demy, ouvertement et fraichement en technicolor, accompagnés d'extraits de partitions musicales et de photographies pour la plupart inédites, ressemblerait à une œuvre du metteur en scène. Régulièrement, on retrouve dans sa filmographie, certains clins d'œil à ses précédents.

Comme si son œuvre ne formait qu'une unité et que rien n'est laissé au hasard; une belle histoire en somme. Merci Jacquot (comme l'appelait Agnès Varda)! A noter que la plupart de ses films sont désormais disponibles chez Arte Vidéo. Des Parapluies de Cherbourg, Lola en passant par les Demoiselles de Rochefort et au méconnu mais très drôle l'Evénement le plus important depuis que l'Homme a marché sur la Lune avec le duo Mastroianni/Deneuve épatant!    

Laurent Bartoleschi

Voici enfin la gagnante qui va recevoir une paire de lunettes de luxe avec Marques en Folie

large_marquesenfolie.gif- GALARD MARYLINE 86130  JAUNAY CLAN       

a gagné une paire de lunettes de soleil parmis les plus grandes marques de luxe proposé par le site Marques en folie...

Toutes les lunettes de marques aux prix les plus bas du marché avec Armani,Carrera, Celine, Cerruti, Diesel, Dior, Dsquared, Fendi, Fila, Gianfranco , Ferre, Gucci, Just Cavalli, Marc Jacobs, Michael Kors, Oakley, Persol, Police, Prada, Richmond John, Roberto Cavalli, Tom Ford, Valentino, Valerie Campbell,Yves Saint Laurent...

"On a tiré sur Rabin"

rabin0411.jpgArticle paru dans "Europe1"

Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin est assassiné. Des journalistes racontent leur "stupeur".

21h30, le 4 novembre 1995. Yitzhak Rabin descend de la tribune après avoir prononcé un discours pour soutenir le processus de paix avec le slogan : "oui à la paix, non à la violence". 150.000 personnes sont alors rassemblées sur la place des Rois d’Israël, en plein cœur de Tel Aviv. Dans la foule, Yigal Amir, un jeune extrémiste juif. A 21h40, il tire à trois reprises en direction d’Yitzhak Rabin qui s’écroule.
La "stupeur", "l’effroi"

"On a tiré sur Rabin. Ce n’est pas possible". Quand Laurent Hauben, correspondant de TF1 à Jérusalem reçoit un coup de téléphone de sa rédaction à Paris pour lui annoncer la mort d'Yitzhak Rabin, c’est la "stupeur", "l’effroi".

"Je suis reparti au bureau, on a envoyé une équipe à Tel Aviv, et j’ai préparé une rétrospective qui n’était évidemment pas prête. Cette nuit-là, j’ai dû dormir une heure", se souvient-il. "Je suis allé à l’hôpital dont l’accès était bouclé. C’était déjà le branle-bas de combat", raconte de son côté Georges Malbrunot, correspondant pour Europe 1 à l’époque. Son premier sentiment : "la surprise" face à ce qu’il qualifie de "tremblement de terre".

Pourtant, depuis quelques semaines déjà, en Israël, certains journalistes présents sur place sentaient monter une tension. Charles Enderlin, le correspondant de France 2, l’un des seuls sur place à Tel Aviv au moment du drame, raconte dans les colonnes du JDD "la sourde inquiétude qu’il ressentait depuis des mois". "Bien sûr, il y avait une dynamique qui allait vers la paix depuis 1993 et les accords d’Oslo. Mais à côté de cela, il y avait des manifestations de colons qui mettaient une pression désagréable", se rappelle aussi Laurent Hauben.
Les bougies des jeunes Israéliens

A l’annonce de la mort d'Yitzhak Rabin, ce sont des centaines d’Israéliens qui descendent à leur tour dans la rue. "C’est l’image la plus forte que je garde de ce moment-là : ces jeunes gens avec des bougies devant le domicile d'Yitzhak Rabin, le deuil, la colère aussi", se souvient Laurent Hauben.

Un cercueil couvert d’un drapeau israélien, la foule au bord des routes pour lui rendre un dernier hommage, les dizaines de chefs d’Etat étrangers réunis pour la cérémonie et les larmes de la petite fille d'Yitzhak Rabin : réécoutez les archives d’Europe 1 de l’époque.

"Tout s’est passé très vite" :

15 ans après, les participants à la cérémonie en la mémoire d'Yitzhak Rabin sont de moins en moins nombreux. Les jeunes qui pleuraient à l’époque, "c’est une génération désabusée qui a vécu tous les échecs du processus de paix", analyse Laurent Hauben. "La mort d'Yitzhak Rabin, c’est l’acte de décès du processus de paix. Les Israéliens d’aujourd’hui se sont radicalisés. Ils ne pleurent plus Rabin", confirme Georges Malbrunot.