Aujourd’hui, je vous propose une réflexion en observant deux personnes très différentes, Martine et Jean :
Martine prend tous les jours le train de 8h25, après avoir déposé Laurent chez la nounou à 8h10. Elle se place au milieu de quai 5 à 6 minutes avant l’arrivée du train et lorsque les portes s’ouvrent, elle monte au niveau supérieur du wagon, car elle sait qu’elle y trouvera une place. Son livre de poche est marqué à la bonne page, elle n’a plus qu’à lire pendant 30 minutes.
Elle n’a pas besoin de lever les yeux régulièrement, car elle s’arrête au terminus. La plupart du temps, elle est la dernière à descendre du train. Elle évite la cohue. Elle poursuit son chemin en « pilote automatique ». Elle franchit les portes du bureau à 8h56. Si à 9h00 elle n’est pas assise devant son ordinateur, ses collègues s’inquiètent : elle ne viendra peut-être pas aujourd’hui…
Jean, lui, ne sait pas s’il prendra le train de 8h25 ou le suivant, voire celui d’après... Tout dépend de l’heure du réveil, de l’actualité qu’il lit rapidement sur Internet, de Julie, qu’il accompagne à la crèche, et qui a parfois besoin de lui montrer la nouvelle coiffure de sa poupée. Une fois sur le quai, il marche, regarde les affiches, accélère, revient sur ses pas… Lorsque le train s’arrête, il peut se trouver en tête comme en queue. Il y entre, brasse du regard les places libres. S’il n’en trouve pas, il monte au niveau supérieur. Parfois, il préfère rester debout et observer les voyageurs... Arrivé au terminus, c’est lui qui ouvre la porte et il est souvent le premier sur l’escalator. Parfois, son chef de service entre dans son bureau à 9h30, et voyant qu’il n’est pas encore arrivé, il se dit qu’il repassera dans 10 minutes.
Jean et Martine sont tous les deux heureux. Il ne s’agit pas de juger leur mode de vie, mais de constater simplement qu’ils ont fait des choix. Jean redécouvre le monde chaque matin, alors que Martine a adopté un rituel. Voyons ce qu’il se pas à l’heure du déjeuner :
A 12h20, Jean se lève pour aller au self. Il prend systématiquement le plat de légumes, car il est végétarien. Le jeudi est une journée pizza, il prend donc une Marguerita. De toute façon ce n’est pas important, il n’aime que les plats que sa femme lui cuisine. Ce qu’il apprécie au self, c’est la compagnie de ses collègues du Marketing, car il voudrait rejoindre leur service.
Martine ne fait pas attention à l’heure du déjeuner. Elle termine ce qu’elle a à faire, parfois avant 12h00 parfois après 13h00. Elle ne sait jamais à l’avance ce qu’elle va manger. Elle aime se promener sur la rue piétonne et se faire la surprise. Sachant qu’elle peut aussi bien se surprendre avec un tajine qu’avec un sandwich… Si une recette lui plaît, elle essaye d’en deviner les ingrédients, afin de cuisiner le même plat à sa petite famille.
Jean a un comportement passif en ce qui concerne son déjeuner. Martine est très active. La tendance s’est inversée en quelques heures. Nous avons tous dans notre journée des moments où nous préférons être passifs, et d’autres, où nous avons tous les sens en éveil. Rien n’est dû au hasard, nous avons fait des choix précis.
Cette semaine, je vous propose d’observer vos moments actifs / passifs, sans essayer d’y changer quoi que ce soit. Observez simplement, et évaluez un pourcentage. Par exemple, 20% passif / 80% actif. Vous pouvez le faire lorsque vous vivez l’instant, ou alors en rêve éveillé en passant votre journée en revue.
Important : l'efficacité n'a rien à voir avec cette notation. On peut être actif sans rendement ou passif et très efficace. Ne jugez pas la passivité de façon péjorative et l'activité comme une performance, évaluez vos choix sans jugement.
A la semaine prochaine,
Stéphane SOLOMON
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