Ilan Halimi: un des condamnés cite la ministre de la Justice comme témoin

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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Ilan_Halimi_ner.jpgLe procès en appel de ravisseurs et complices présumés de l’enlèvement et de la «détention arbitraire» du jeune juif Ilan Halimi, torturé à mort en 2006, prévu à huis-clos du 25 octobre et au 17 décembre devant la Cour d’assises de Créteil sans le «cerveau» autoproclamé du «gang des Barbares» Youssouf Fofana, s’annonce extrêmement tendu.

Me Françoise Cotta, avocate du gardien d’immeuble de Bagneux (Hauts-de-Seine) qui conteste sa condamnation à 9 ans de prison pour avoir prêté les clés d’un local inoccupé ayant servi de lieu de séquestration, a décidé de citer comme témoin Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux, afin «qu’elle vienne s’expliquer sur les raisons qui l’ont poussée à faire pression sur le parquet général, quelques jours après son arrivée, pour interjeter appel alors que les peines prononcées étaient conformes aux réquisitions».

D’autres avocats de la défense vont s’associer à la demande d’audition de la Ministre de la Justice que Me Cotta a envoyée hier soir au président de la cour d’assises du Val-de-Marne Olivier Leurent et à l’avocat général Jean-Paul Content.

Sur dix-huit accusés qui vont être re-jugés, quatorze sont en effet renvoyés à cause d’un appel du procureur général Laurent Le Mesle sur ordre express et public de la garde des Sceaux. Selon certaines sources, MAM avait elle-même «reçu des instructions de l’Elysée», influencé par Me Francis Szpiner, furieux du verdict.

Sitôt le prononcé le 8 juillet 2009, cet avocat de la famille d’Ilan Halimi, avait fustigé les peines à ses yeux trop «indulgentes pour ceux qui ont aidé ou assisté Youssouf Fofana».

La condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de vingt-deux années incompressibles infligée à Youssouf Fofana pour assassinat et tortures antisémites, convenait aux parties civiles, mais pas les dix ou onze ans de prison (contre 12 requis) contre certains géôliers ou neuf ans contre la fille appât mineure (contre dix ou onze réclamés).

Du coup, Me Cotta avec des collègues de la défense, veut réclamer des comptes à l’audience à la garde des Sceaux sur son immixion dans le judiciaire «dommageable pour la démocratie»: «Il s’agit d’une décision idéologique et d’opportunité prise sous l’influence de groupes de pression. Si à chaque fois par exemple que le Consistoire, les autorités musulmanes ou l’extrême droite font pression pour dicter la loi à la place du peuple français, la justice ne sera plus laïque ni indépendante».

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