Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Sans Identité

Sans-identite.jpgRendez-vous dans les salles cette semaine avec la sortie de Sans Identité, avec le nouvel acteur "à soucis", Liam Neeson , comme l'étaient en leur temps Harrison Ford et Michael Douglas. Après avoir perdu sa fille en plein cœur de Paris dans Taken, le voici perdu lui-même dans les rues berlinoises.

Victime d'un grave accident de voiture, le docteur Martin Harris justement, reprend conscience et découvre étrangement que sa femme ne le reconnaît plus et qu'un autre homme a pris sa place et son identité.

Pis encore, il va s'apercevoir que de mystérieux assassins veulent le tuer! Aussi, ne devient il pas un inconnu (sans identité donc), entouré d'inconnus, dans un monde inconnu? Face aux autorités qui ne le croient pas, il se retrouve seul et traqué. Presque seul dirons-nous, puisqu'il se verra aider d'une ancienne conductrice de taxi (Diane Kruger) et d'un vétéran de la Stasi (le trop rare Bruno Ganz), la police secrète est-allemande.

Sans Identité, thriller ô combien kafkaïen se situe à mi chemin entre le Locataire et Frantic du même Roman Polanski, où le film d'espionnage se mêle à la traque identitaire (très en vogue au cinéma, avec notamment la trilogie Jason Bourne). Victime d'un complot? Dédoublement de la personnalité? Les deux? Au-delà de la progression paranoïaque du récit, le réalisateur Jaume Collet-Serra y dresse un grand film d'action où se confond courses-poursuites mémorables en tout genres et suspense. A la clé, plusieurs retournements de situations vous feront bondir. Mais attention, lorsque les personnages de ce thriller auront jeté leurs masques (ne révélant ainsi leurs vraies natures, ni bonne, ni mauvaise), l'individu pourra se voir transformer en un pantin, sans âme et sans identité ou bien peut être avec une nouvelle identité! Mais silence, j'en dis un peu trop.

Laurent Bartoleschi

Crème de Blush, Yves Saint Laurent

cremeblush.jpgYves Saint Laurent joue la couleur avec une collection de fards à joues crème qui sculptent et rehaussent les pommettes de façon "sur-naturelle".
Au contact de la peau, la texture crème se transforme en un léger voile poudré. Veloutée, aérienne, légère, son glissant exceptionnel lui permet de fondre et d'ajuster la couleur telle une "seconde peau".
Faciles à glisser dans une pochette, ces écrins aux lignes pures, rehaussés d'un capot or, laissent deviner en transparence la couleur du blush.

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Interview de Vincent Elbaz pour le film L'Assaut

ELBAZ.jpgSouvenez- vous de ce que vous faisiez le 26 décembre 1994 ? Armés jusqu'aux dents, quatre terroristes du GIA prennent en otage à Alger l'Airbus A-300 d'Air France reliant la capitale algérienne à Paris avec à son bord 227 personnes.

Atterrit sur le sol français, et devant 21 millions de téléspectateurs, les pirates de l'air vont faire face aux hommes du GIGN qui vont intervenir afin de mettre un terme à cette prise d'otage sans précédent dans l'histoire du terrorisme. L'acteur principal du film, Vincent Elbaz revient pour nous sur l'Assaut le nouveau film de Julien Leclercq. Une intervention comme si vous y étiez!

- Avec en bonus (sonore) un clin d'œil à la Vérité si je mens III   

L.B:
Comment s'est déroulée votre préparation physique? C'est la première fois, où une telle intensité vigoureuse vous a été exigée?


Vincent Elbaz:
J'avais fait deux longs métrages où la préparation physique était assez intense; lassaut2.jpgl'un était sur la danse( J'aurais voulu être un danseur, NDLR) où pendant cinq mois je faisais plus de sept heures de répétition pour préparer le film, et un autre (Ni pour ni contre, bien au contraire, NDLR) où il n'y avait pas de préparation demandée par le réalisateur, mais, personnellement, je voulais que le rôle soit très sec et très dessiné; alors, je m'étais assisté d'un coach en arts martiaux qui m'avait poussé au plus dans mes retranchements.

Physiquement, c'était assez dur. Mais pour en revenir au film de Julien Leclercq, je situerai la préparation physique entre mes deux expériences: assez poussive et en même temps émotionnellement très forte.

Pris entièrement en charge par deux consultants dont Roland Môntins (l'auteur du livre l'Assaut), je découvrais une base d'entrainement, celle du GIGN même, où régulièrement des exercices  étaient demandés, exigés et auxquels on ne s'attendait pas, on Assaut.jpgavait accès à leur matériel .

Le tournage se déroulait tantôt avec un niveau de stress, tantôt avec de l'excitation. Je me souviens d'une anecdote où un soir après avoir dîné, les coachs venaient nous chercher pour aller s'entrainer par -15° en pleine nuit.    

L.B:
Parlez-nous de cette solitude chez ces hommes. Il y a comme une balance entre leur "métier" et leur vie dans leur foyer familial.

V.E: J'ai envie de dire que l'un ne va pas sans l'autre. Pour pouvoir être dans l'action, et être disponible dans leur métier, ils ont besoin de cette stabilité familiale. Cette cellule leur permet justement de décompresser. Lorsqu'ils sont en "meute", ensemble, il y a aussi cette part de solitude. Alors que dans le couple, il y a comme une solitude dans l'angoisse, où chacun se stresse dans son coin. le personnage ne partage pas ses états d'âme avec sa femme, il ne va pas lui raconter tout ce qu'il fait, tout ce qu'il voit. Il partage éventuellement avec ses collègues du GIGN et encore.

L.B: On fait souvent le rapprochement avec le 11 septembre 2001/médias; il faut aussi se souvenir qu'avant ces événements, il y avait le 26 décembre1994. Souvenez-vous de cette actualité?

V.E: Avant Marignane, les gars du GIGN faisaient leur boulot discrètement dans un certain anonymat (on le voit au début du film); des familles ignoraient même les actions qu'ils menaient. Alors que là justement, avec la sur médiatisation de l'événement, elles ont découvert, en même temps que du reste de la population, ce que leur mari, leur fils, leur père étaient en train de faire. Un réel choc! Et effectivement, lorsqu'ils sont rentrés à bord de l'avion, que les journalistes ont annoncé un carnage, les familles étaient déboussolées. Il n'y avait même pas de cellule de crise. Sincèrement, avant de relire le scénario, je n'avais pas le souvenir de l'événement. Je me souvenais de quelques images comme tout le monde: Je me souvenais d'une prise d'otage à Marignane, bien sûr des images choquantes, de ce copilote qui tombe, de cette fumée noire, de ces passerelles. Je ne savais plus l'état du bilan humain, s'il y avait eu des morts ou pas. J'avais même oublié qu'il s'agissait d'une opération préparée par le GIA.  Cela m'a remémoré en quoi cette prise d'otage était dramatique.

L.B:
N'avez-vous pas l'impression que l'épisode de Marignane possède des similitudes avec l'opération d'Entebbe en 1976?

V.E: Oui, sauf que cette opération s'est située sur un territoire qui n'était pas le leur. Et puis évidemment il y a toute cette mise en scène absolument hallucinante (se faire passer pour un convoi diplomatique, utilisation de fumigènes pour créer un faux brouillard,…) pour désorienter au maximum les terroristes. La réponse israélienne est beaucoup plus pointue et subtile par rapport à celle du GIGN, c'est clair en tout cas que le niveau de compétence n'est pas le même. Cependant,  j'ai appris en faisant le film que les commandos d'intervention israéliens étaient fortement reconnus; mais que le GIGN lui aussi était reconnu dans le monde entier (depuis ce jour en tout cas).

Laurent Bartoleschi

Peut-on élire un Président juif en France?

strauss-kahn_dominique.jpgArticle paru dans "Slate"

La question que certains sous-entendent dans la polémique lancée par Christian Jacob est, hélas, une vieille rengaine française.

Terre de Jacob et France de Strauss-Kahn

Dimanche 13 février 2011, sur Radio J, Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a déclaré que Dominique Strauss-Kahn n'incarnait «pas l'image de la France, l'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des territoires, celle qu'on aime bien, celle à laquelle je suis attaché». Au mieux, cette phrase, largement commentée depuis, est maladroite; au pire, carrément nauséabonde.

Depuis, le responsable UMP a précisé ses propos en expliquant qu'à ses yeux, DSK incarne davantage «les bobos» que la «France rurale». Mais la strauss-kahnie, elle, les a interprétés autrement, dégainant illico le point Godwin. Sortie «profondément malsaine» pour Pierre Moscovici qui craint d'y retrouver «un peu une rhétorique de l'extrême droite de l'entre-deux-guerres». Déclaration «indigne» pour Jean-Christophe Cambadélis, estimant que «dire que DSK n'est pas à l'image de la France, c'est sous-entendre qu'il est un étranger, un apatride, membre du “parti de l'étranger”, voire malheureusement bien autre chose».

Au-delà de la polémique politique, l'affaire Jacob-DSK soulève une interrogation indirecte: les Français votent-ils pour un candidat en tenant compte de ses origines, juives dans le cas de Dominique Strauss-Kahn? Difficile de répondre clairement tant la question a toutes les caractéristiques du tabou. Une chose est sûre: à ce jour, aucun président de confession juive n'a été élu sous la Ve République. Si la question d'une éventuelle incompatibilité semble avoir peu de sens en 2011, elle en a eu pendant longtemps. Directrice de recherche au CNRS-Cevipof et spécialiste de l'extrême droite, Nonna Mayer rappelle que «la possibilité qu’un président de la République soit juif (...) paraissait choquante à un Français sur deux en 1966».

Durant l'entre-deux-guerres, le débat a été encore plus violent et les exemples politiques nombreux, surtout à l'encontre de figures de la gauche attaquées par l'extrême droite de l'époque. En 1936, Xavier Vallat, député nationaliste et antisémite, futur «commissaire général aux questions juives» sous le régime de Vichy, déplorait notamment qu'avec la nomination de Léon Blum à la présidence du conseil, «la France, vieux pays gallo-romain, soit désormais dirigée par un juif». Plus tard, Pierre Mendès-France, figure de la gauche morale, se verra lui aussi reprocher de n'avoir «pas assez de terre française à la semelle de ses souliers». Que dire enfin de la sortie en 2010 de l'ancien baron socialiste de l'Hérault Georges Frêche contre la «tronche pas catholique » de Laurent Fabius?

Une réalité française

L'antisémitisme en France est-il vraiment de l'histoire ancienne? Pas sûr si l'on se réfère à une étude commandée en 2009 par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) sur «la circulation des préjugés» dans notre pays. Selon ce sondage qui fait un tour d'horizon de préjugés types concernant différentes minorités (les arabes et le vol, les femmes et la compétence professionnelle, les noirs et la force physique...), 42% des personnes interrogées estiment «pas grave» de déclarer que «les juifs ont plus d'influence que les autres dans la finance et les médias». Elles sont même 18% à estimer que ce n'est «pas du tout grave», de quoi accréditer l'idée d'un noyau dur d'environ 20% de Français prompts à nourrir des réflexes antisémites. 

Dominique Strauss-Kahn lui-même semble avoir envisagé par le passé ses origines juives comme un possible frein pour sa carrière politique. Dans un article du Monde paru en octobre 2006, il expliquait avoir «longtemps pensé qu'être juif serait un handicap dirimant. Aujourd'hui, je crois que si être juif est un handicap, cela ne l'est qu'auprès de la frange très marginale des électeurs de gauche antisémites».

L'hostilité serait désormais cantonnée à une marge de l'électorat dépassant le clivage droite-gauche classique. Au printemps 1991, DSK qui est alors ministre délégué à l'Industrie dans les gouvernements Cresson puis Bérégovoy, donne une interview à la revue de géopolitique Passages. Dans cet entretien publié en pleine guerre du Golfe et des menaces de Saddam Hussein contre Israël, le socialiste déclare:

    «Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc c'est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C'est pour ça d'ailleurs qu'il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. Tout le monde ne pense pas la même chose dans la Communauté juive, mais je crois que c'est nécessaire. Car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu'un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd'hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l'infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l'ensemble de mes actions, j'essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d'Israël.»

Ces cinq phrases ne cessent depuis d'être commentées sur internet, et les attaques sont multiples: forums, sites ou blogs d'extrême droite comme d'extrême gauche, islamistes comme altermondialistes... Ceux-là y voient la preuve du communautarisme juif du leader socialiste français et celle d'un complot de la finance mondialisée et cosmopolite, vieilles thématiques du discours antisémite.

La fin d'un phantasme

Mais d'autres études pondèrent ce niveau général inquiétant d'un antisémitisme de France et développent au contraire l'idée d'une plus grande tolérance de la société. Chaque année, le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) sur «le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie» pointe un recul constant des opinions ouvertement hostiles aux minorités, y compris à la minorité juive.

Dans celui publié en 2009, la CNCDH précise même que «90% de la population (soit +2 points par rapport à 2008) considère que les Français juifs sont des Français “comme les autres”». Ce «niveau le plus bas» des opinions antisémites s'expliquerait par «le renouvellement générationnel, la hausse du niveau d’études et la diversité croissante de nos sociétés».

Le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste des extrêmes droites, confirme «une normalisation du fait juif dans la vie politique française». «Cette question ne se pose plus, mais elle se posait encore jusque dans les années 1980 avec par exemple la personne de Simone Veil qui appartient à la dernière génération politique victime d'antisémitisme de la part d'une fraction de la population», précise le chercheur.

Le préjugé négatif concernerait davantage aujourd'hui la minorité musulmane. «Pour beaucoup de Français, voter pour un candidat musulman fait plus débat que voter pour un candidat juif», explique Nonna Mayer, qui cite le rapport de la CNCDH selon lequel «de toutes les religions, (la religion musulmane) serait celle qui suscite le plus d'images négatives» dans l'Hexagone.

A l'inverse, si la judéité n'est plus un handicap politique, elle pourrait être, à l'instar d'autres «marqueurs» de minorités, un atout.

Jérôme Sainte-Marie, de l'institut de sondage CSA, y voit «un possible effet valorisant pour le candidat». «D'un côté, c'est quelque chose de bon pour l'estime de soi de l'électeur qui peut se prévaloir de voter pour un candidat issu d'une minorité –juif, noir ou femme par exemple– même si en privé, il développe des comportements antisémites, racistes ou machistes. De l'autre, c'est un élément de protection pour le candidat lui-même, avec un effet bouclier contre d'éventuelles basses attaques», explique le sondeur.

En ce sens, les propos de Christian Jacob contre DSK sont du pain béni pour le responsable du FMI. Ils le victimisent au point même d'obliger l'ensemble du PS à faire bloc derrière lui.
L'effet Sarkozy

L'élection présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 semble avoir été un pas de plus en avant. Même s'il n'est pas juif au sens religieux du terme –il n'est pas né de mère juive ou ne s'est pas converti au judaïsme– le chef de l'Etat a néanmoins mis en avant durant la dernière campagne électorale ses origines familiales hongroises et juives par son grand-père paternel, allant jusqu'à se présenter comme un «petit Français de sang mêlé». Dans une interview au quotidien israélien Haaretz en 2006, Christian Estrosi, l'un de ses soutiens, l'a même présenté comme «le candidat naturel des électeurs juifs».

Cette élection aurait fait bouger les lignes, y compris dans son propre camp. Dans leur biographie fouillée de Jean-François Copé, publiée en 2010, les journalistes Solenn de Royer et Frédéric Dumoulin expliquent que la victoire de Nicolas Sarkozy a levé sur ce point comme sur beaucoup d'autres, les doutes de «l'homme pressé» de la droite et désormais patron de l'UMP (et chroniqueur sur Slate.fr). Avant de s'appeler Copé, la famille du député-maire de Meaux s'appelait jusqu'aux années 1950 «Copelovici». Des racines juives au double patrimoine ashkénaze et sépharade: la Roumanie et la Bessarabie (actuelle Moldavie) du côté de son père; l'Algérie, la Tunisie et le Maroc du côté de sa mère.

Selon ses biographes, l'ancien ministre du Budget a toujours fait part de la plus grande pudeur, voire d'une certaine gêne, à l'égard de ses origines.

    «Jean-François Copé, élevé dans l'univers très bourgeois – et très largement catholique – des VIIe et VIIIe arrondissements de Paris, est longtemps resté discret sur sa judéité, quand il ne l'a pas carrément tue.»

Peu après l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé se serait confié à un ami, cité dans le livre. «Tu sais, l'élection de Sarko a brisé pas mal de tabous...», lui aurait-il dit. «De quoi veux-tu parler?» lui demande son proche. «Il avait un grand-père juif», aurait répondu Copé.

Arrivée à Paris des premiers Français rapatriés de Libye

aeroport_paris.jpgDeux des trois avions militaires affrétés par le ministère français des Affaires étrangères pour rapatrier les Français de Libye se sont posés à Paris tôt mercredi matin avec environ 400 personnes à bord.
Les deux appareils ont atterri à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle à 02h36 et à 03h50, a constaté un journaliste de Reuters sur place.

Cent-soixante douze ressortissants étaient à bord du premier avion et 230 à bord du deuxième, selon Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Nous sommes contents que ce soit fini", a déclaré à Reuters TV une passagère. "On n'a rien vu, rien entendu, il n'y a pas eu de bombardement comme on a pu le dire en France, ça je peux vous le garantir", a ajouté cette mère de famille âgée d'une quarantaine d'années.

"Ça a été très soudain, il y a cinq jours, on était vraiment en sécurité, on ne pensait pas que ça allait si vite dégénérer", a-t-elle aussi rapporté.

Un autre Français, habitant dans le centre de la capitale Tripoli, a fait état de violences.

"Il y a eu quelques tirs de prévention, on a senti qu'il fallait partir. On sentait que ça allait devenir de plus en plus pire", a-t-il dit à la presse. "Il n'y avait pas vraiment de danger pour les étrangers, c'était surtout entre Libyens".

La France comptait avant cette évacuation quelque 750 ressortissants en Libye, où plus de 200 personnes auraient été tuées ces derniers jours lors d'affrontements entre manifestants anti-gouvernementaux et forces de l'ordre, selon l'ONG Human Rights Watch.

D'après le ministre français des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, il reste désormais environ 300 Français en Libye.

"Ces avions vont repartir, faire une rotation et ramener tout le monde à la maison", a-t-il déclaré sur Canal+. "C'est très difficile, le contexte là-bas est très dur, très éparpillé".

Un balcon sur la mer de Nicole Garcia

unbalcon2.jpgVoilà une femme qui sait filmer les hommes. Nicole Garcia réalisatrice, il faut le dire est une habituée des films où le rôle masculin détrône son opposé. En témoigne sa filmographie: le Fils Préféré, l'Adversaire ou plus récemment Selon Charlie. Aujourd'hui, c'est au tour du nouveau Belmondo du cinéma français de se retrouver devant la caméra de Madame Garcia, Jean Dujardin. Dans Un Balcon sur la Mer, on délaisse Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, on oublie carrément Brice de Nice pour se retrouver face à un acteur au jeu plutôt tragique, érotique et fragile; Comme Gérard Lanvin dans le Fils Préféré, il incarne la masculinité dans ce qu'elle a de plus beau et surtout comme lui aussi, il est à la recherche d'un secret.

Dans le sud de la France, Marc, la quarantaine, est installé dans une vie tranquille. Marié, un enfant, il est agent immobilier dans la société de son beau-père.

Au hasard d'une visite, il croise une femme élégante et sûre d'elle : Cathy, son amour d'enfance Unbalcon1.jpgqu'il a quitté à 12 ans, en se sauvant d'Algérie où ils vivaient une enfance heureuse et complice. Il court à l'hôtel, la retrouve. Ils passent la nuit ensemble. Puis, au fil des jours, un énorme doute jaillit en lui. Est-ce bien Cathy qu'il a retrouvé ?

Si ce n'est pas elle, pourquoi cette femme a-t-elle accepté d'être prise pour Cathy ? Au programme donc, thriller (des clins d'œil à Hitchcock et même au Basic Instinct de Paul Verhoeven), tragédie amoureuse, retour à l'enfance voire même ricochet sur les événements de l'Algérie des années 60. Car ce Balcon sur la Mer tient une part d'autobiographie sur la jeunesse de la réalisatrice. Bref, aux côtés du méconnaissable Jean Dujardin, un trio de femme se partage: Marie-Josée Croze à la blondeur éclatante (attention, une femme peut en cacher une autre!) Sandrine Kiberlain et Claudia Cardinale un peu trop discrètes. 

Laurent Bartoleschi

La Princesse de Montpensier

la-princesse-montpensier.jpgPrésenté en Compétition au dernier Festival de Cannes, le nouveau film de Bertrand Tavernier sort enfin en salles. Deux hommes amoureux de la même personne, c'est une chose commune au cinéma (Jules et Jim, Bande à Part…); mais trois hommes tombés sous le charme de la même femme, rarement!

C'est justement ce postulat que propose La Princesse de Montpensier. Adapté d'un roman de Mme La Fayette, le nouvel opus du réalisateur de l'Appât s'entoure une nouvelle fois d'une belle brochette de comédiens, de nouvelles têtes du cinéma français, dirons-nous. Entourée de la divine Mélanie Thierry (césarisée l'an dernier pour Un Dernier Pour la Route)), on découvre un trio masculin assoiffé de désir, de jalousie, de jeux amoureux et bien sûr de vengeance, interprété par Raphaël Personnaz, Gaspard Ulliel et Grégoire Leprince-Ringuet.

Mais le film n'aurait pas son charme et sa verve absolue sans la prestation exceptionnelle (déjà la-princesse-de-montpensier2.jpgénorme dans le récent film de Xavier Beauvois) de Lambert Wilson, en homme d'armes et d'esprit qui ne cherche qu'une seule chose, "décrocher" et donc déserter.  Durant le Festival de Cannes, certains l'ont vu comme un énième film de cape et d'épée classique en costume, pourtant La Princesse de Montpensier s'avère ressembler à notre temps: de la condition de la femme, s'y mêle les différentes guerres de Religion, où le thème central n'est autre finalement que l'honneur. Bertrand Tavernier se fait une nouvelle fois fin portraitiste: avec des travellings plus que surprenant, sa caméra dessine aussi bien les visages de ces personnages que les paysages magnifiques. On aurait comme l'impression que le réalisateur ait fait un grand bond en arrière afin d'y suivre les aventures (amoureuses et dangereuses) de Marie de Mézières et Henri de Guise.

Laurent Bartoleschi

Les Français de Benghazi rapatriés à Tripoli, annonce Wauquiez

libye.jpgUne trentaine de Français qui travaillaient à l'hôpital de Benghazi, épicentre de la révolte populaire libyenne, ont été rapatriés vers la capitale, Tripoli, a annoncé lundi le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Laurent Wauquiez.

Sur Europe 1, il a réitéré la condamnation "totale des violences et de l'usage disproportionné de la force en Libye" et souligné que Paris encourageait les 750 Français y résidant à quitter le pays, sans évoquer d'évacuation officielle.

"Pour l'instant, il n'y a pas de menace directe (...) L'ambassade a fait un énorme travail pour essayer d'organiser leur sécurité", a déclaré le secrétaire d'Etat.

"On a rapatrié une trentaine de Français qui étaient sur Benghazi (...) qui travaillaient à l'hôpital et qu'on a ramenés sur Tripoli par affrètement d'un vol spécial", a-t-il dit.

"On essaie d'organiser les choses pour que la fermeture des écoles françaises soit faite maintenant, encourager les Français et les familles qui sont à Tripoli ou sur l'ensemble du territoire libyen à pouvoir revenir en France. Globalement, notre message c'est: surtout pas de risque", a-t-il insisté.

Selon un dernier bilan établi par l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch auprès de sources dans des hôpitaux, la répression des manifestations a fait au moins 233 morts en Libye ces quatre derniers jours.

La France réticente à accueillir les clandestins tunisiens

carte-france.gifArticle paru dans "Le Monde"

La France ne prévoit d'accueillir des Tunisiens débarqués sur l'île italienne de Lampedusa que dans des cas "très marginaux", a déclaré, mardi 15 février, le ministre des affaires européennes, Laurent Wauquiez.

De nombreux Tunisiens, parmi les 5 000 migrants arrivés ces derniers jours sur l'île, ont indiqué qu'ils voulaient se rendre en France. "On examinera – c'est le ministre de l'intérieur qui le fera – au cas par cas et sur mesure, ceux qui peuvent rentrer dans notre droit de l'immigration et ces cas-là ne peuvent être que très marginaux", a indiqué le ministre lors d'une conférence de presse. "On ne peut pas créer un appel d'air avec une prime à l'immigration illégale", a-t-il expliqué.

Peu après, ledit ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a confirmé cette politique de fermeté, expliquant que "la règle qui s'appliquera, c'est celle de notre politique migratoire". "Un étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d'origine, sauf situation humanitaire particulière (...) Ce n'est de l'intérêt ni de la Tunisie, qui l'a parfaitement compris, ni de l'Europe, ni de la France, d'encourager et d'accepter ces migrations clandestines", a dit Brice Hortefeux à l'Assemblée nationale.

Le ton était monté ce week-end entre la Tunisie et l'Italie après l'arrivée massive de clandestins, pour la plupart des Tunisiens partis chercher un emploi en Europe. Le ministre de l'intérieur italien, Roberto Maroni, avait indiqué dimanche son intention de demander l'envoi de ses policiers en Tunisie, une idée jugée "inacceptable" par Tunis, et réclamé l'aide de l'Europe.

ROME TENTE D'APAISER LES TENSIONS AVEC TUNIS

Dans un geste d'apaisement, l'Italie a fini par proposer, lundi, une aide "opérationnelle" à la Tunisie pour lutter contre l'afflux massif de clandestins sur ses côtes, et a annoncé le déblocage d'une aide d'urgence de 5 millions d'euros pour la Tunisie, assortie d'une ligne de crédit de 100 millions lors de la conférence internationale sur les réformes dans ce pays prévue en mars à Carthage.

Les frictions entre les deux pays avaient pris un tel tour que le ministre des affaires étrangères italien, Franco Frattini, s'est rendu à Tunis pour rencontrer le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, pour une visite éclair.

Les frictions entre les deux pays avaient pris un tel tour que le ministre des affaires étrangères italien, Franco Frattini, s'est rendu à Tunis pour rencontrer le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, pour une visite éclair.REUTERS/STR

Les frictions entre les deux pays avaient pris un tel tour que le ministre des affaires étrangères italien, Franco Frattini, s'est rendu à Tunis pour rencontrer le premier ministre, Mohamed Ghannouchi. A l'issue de l'entretien, M. Frattini a indiqué lui avoir offert une "coopération pragmatique et opérationnelle dans le respect de la souveraineté de l'Etat tunisien".

275 MILLIONS D'AIDE EUROPÉENNE

La tension entre les deux pays s'était aussi imposée à l'agenda de la chef de la diplomatie européenne, la Britannique Catherine Ashton, arrivée lundi à Tunis pour une visite destinée au départ à apporter le soutien de l'UE aux réformes politiques et à la relance économique cruciale pour la transition. "La Commission à Bruxelles est en contact avec la Tunisie et l'Italie pour régler ce problème de clandestins", avait-elle indiqué lors d'une conférence de presse, alors que l'Italie avait demandé "l'intervention urgente" de l'UE.

Mme Ashton a annoncé que l'UE allait "immédiatement débloquer 17 millions d'euros pour aider le gouvernement" et 258 millions d'euros d'ici à 2013. Elle a également espéré que le "statut avancé" serait prêt à être ratifié par le gouvernement issu des élections prévues dans six mois. La Tunisie tient particulièrement à obtenir de l'UE ce statut qui ouvre la voie à un traitement douanier préférentiel.

Lundi, les arrivées de migrants tunisiens à Lampedusa avaient cessé, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Sur les côtes tunisiennes, à Gabes, Sfax ou Zarzis, villes du Sud à fort taux de chômage, d'où sont partis des centaines de jeunes, les forces de l'ordre ont renforcé leurs contrôles.

Prévert en musique

prevert.jpg"Prévert en Musique" est un spectacle de poésie sensible, émouvant, souvent drôle et truffé d'anecdotes.Une vision de notre société qui n'a pas pris une ride. Laissez vous emporter par la magie des mots...Un voyage initiatique accompagné d'une musique originale créée par 2 musiciens auteurs et compositeurs d'exception. Les plus beaux textes de Prevert interprétés par Ory Mederic accompagné à la guitare par Laurent Nakash et Thierry Wieder.

Quand : le 10 mars à 20h30
Où : Théâtre Hirsch au 6 rue Eliahou Shamma; Jérusalem
Prix des billets : 70 Sh, 80 Sh et 100 Sh
Renseignements et Réservations, Sophie Attal : 052 3060862