Youssef Al-Qardaoui : Il faut traiter avec l'occident et Israel.

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al-Qaradawi5_1.jpgÀ propos d’Israël, une récente déclaration d’Al-Qardaoui laisse perplexe : « Les pays qui connaissent un réveil islamique et ont vu l’accès des islamistes au pouvoir traiteront avec l’Occident et Israël ».

Décidément, l’extravagance de ce printemps idéologique florifère ne cessera jamais de nous étonner : Al-Qardaoui qui recommande aux pays arabes de traiter avec Israël et qui prêche en faveur d’une intervention militaire étrangère pour démettre les gouvernements arabes en place ; BHL que les islamistes n’effraient plus et qu’il appuie dans leur « apprentissage » démocratique tout en donnant des cours de charia à ses concitoyens occidentaux.


Serait-il possible que le célèbre théologien n’ait plus envie d’en découdre avec l’état sioniste, ni de tirer sa dernière balle en terre sacrée du jihad ?

Serait-il tenté d’en faire plus que le gouvernement de son pays d’adoption, le Qatar, qui entretient des liens officieux avec Israël ?

D’ailleurs, les rumeurs d’établissement de relations diplomatiques entre la Libye « nouvelle » et l’état hébreu sous la probable médiation de BHL, semblent confirmer les dires du Cheikh.

En matière de religion, Youssef Al-Qardaoui revendique sa foi dans ses actions.

Cela se comprend par son érudition en sciences islamiques, ses nombreuses responsabilités et ses diverses activités et engagements reliés à la religion musulmane.

Cela était moins évident dans le cas de BHL jusqu’à ce qu’il confesse, à propos de son rôle dans la guerre civile libyenne : « C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques » .

Youssef Al-Qardaoui et Bernard-Henry Lévy (BHL).

L’un est un pur produit de l’Orient alors que l’autre est un Occidental invétéré. L’un se drape dans l’austère costume traditionnel serré au cou des savants d’Al-Azhar (longue gallabeyya, caftan et turban) alors que l’autre est un vrai dandy arborant une éternelle chemise blanche immaculée de chez Charvet, spécialement conçue pour lui et qu’il porte largement déboutonnée.


L’un est un fervent défenseur des palestiniens, opiniâtrement opposé au sionisme. À ce sujet, il a déclaré : « La seule chose que j’espère, […] c’est qu’Allah me donne, au crépuscule de ma vie, l’opportunité d’aller au pays du jihad et de la résistance (i.e. la Palestine), ceci même sur un fauteuil roulant. Je tirerai une balle sur les ennemis d’Allah, les juifs » .

L’autre est un ardent défenseur de l’État d’Israël et l’un de ses meilleurs ambassadeurs dans le monde.

D’un autre côté, la fatwa d’Al-Qardaoui appelant à l’assassinat de Kadhafi s’est inscrite dans le prolongement des gesticulations guerrières de BHL.

En contrepartie, le philosophe français n’a vu aucun inconvénient dans les déclarations du président du CNT libyen concernant l’application de la charia dans la future Libye. Dans un article qui fera date, il s’est laissé aller dans une dissertation sur la signification de la charia et du jihad : un vrai Al-Qardaoui « en herbe » !

L’intérêt de BHL pour les islamistes ne date pas de son « épopée » libyenne. Sur son site officiel, où trônent des centaines de photos destinées à la postérité, il y en a une qui attire l’attention : BHL s’entretenant avec Saad Al-Hoseiny au Caire, le 20 février 2011, soit 9 jours après la chute de Moubarak.

On connait actuellement la réalité des urnes égyptiennes. La victoire des islamistes dans les pays touchés par le « printemps arabe » en a surpris plus d’un.

Alors qu’aucun Coran n’a été brandi et que nul slogan religieux n’a été scandé pendant toute la durée des sanglantes manifestations, les partis religieux ont obtenu d’excellents scores, au détriment des jeunes activistes, principaux acteurs des révoltes populaires.


Pourtant, le 18 février 2011 un évènement prémonitoire s’est déroulé à la place Tahrir.

Ce jour-là, Al-Qardaoui est retourné triomphalement au Caire et a conduit la prière du vendredi devant plus d’un million de personnes. Profitant de l’occasion, l’illustre cyberdissident Wael Ghoneim, héros de la place Tahrir, celui-là même qui a été nommé « l’homme le plus influent du monde » par le magazine américain Time ’est approché de l’estrade pour prendre la parole.

Quelle ne fût sa surprise lorsqu’il s’est vu interdire, manu militari, l’accès à la tribune. Il quitta la place Tahrir, un drapeau égyptien sur le visage.

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