Vendre des fleurs à Jérusalem : un commerce sous la terreur des gangs

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Vendre des fleurs à Jérusalem : un commerce sous la terreur des gangs

Israël face à la pieuvre mafieuse : quand la vente de fleurs devient un champ de guerre

Extorsion, menaces et racket : les nouvelles armes du crime organisé

En Israël, le crime organisé n’opère plus seulement dans les recoins sombres de la société. Il envahit désormais les espaces publics à la lumière du jour, imposant sa loi jusque sur les trottoirs où des citoyens ordinaires tentent simplement de gagner leur vie. L’extorsion et les menaces sont devenues monnaie courante, du secteur du bâtiment aux échoppes les plus modestes. Même la vente de fleurs au bord des routes, a priori innocente, est désormais gangrenée par la violence mafieuse.

Un bouquet d’intimidations à Givat Ze’ev

L’affaire commence en 2023 dans la localité de Givat Ze’ev, près de Jérusalem. N., un habitant du secteur, décide de monter un petit stand de fleurs à proximité d’une station-service. Ce qu’il ignore, c’est que ce territoire est déjà sous le contrôle d’un homme que la police connaît bien : Itshak Avoudi, alias “Itsik des fleurs”, un criminel notoire, pourtant incarcéré à cette époque.

Depuis sa cellule, Avoudi téléphone à N. et le somme de déguerpir : « Tu prends tes affaires et tu dégages. Cette zone est à moi. » Lorsque N. lui répond qu’il s’agit d’un espace public, la conversation s’envenime. La menace devient explicite, le ton mafieux : quiconque ose vendre des fleurs sans son accord s’expose à de lourdes représailles. Le racket, ici, ne connaît ni pause ni barreaux.

 Une opération sous couverture pour démanteler le réseau

Face à cette mainmise brutale sur l’espace public, la police décide de monter un piège. Un policier infiltré, connu sous le pseudonyme de G., prend l’apparence d’un jeune vendeur de fleurs et installe un stand fictif au même endroit que N.
L’initiative fonctionne : les bouquets partent rapidement, tandis que les agents attendent l’apparition des hommes de main du caïd.

Des individus s’approchent, posent des questions, cherchent à savoir qui est le propriétaire du stand. G. leur donne un faux numéro – celui d’un autre policier jouant le rôle de l’“oncle propriétaire”. Et comme prévu, l’inévitable coup de fil arrive.
Au bout du fil, la voix menaçante d’Avoudi résonne : « C’est mon territoire. Si vous ne venez pas en paix, on va vous démolir. Mon associé va arriver, il est fou, il n’a aucune limite. Il va vous trancher la tête et balancer toute votre marchandise. »

Une mafia qui opère jusque derrière les barreaux

Malgré son incarcération, Avoudi dirigeait encore, à distance, un système d’extorsion structuré. Grâce à l’opération de la police, des preuves accablantes sont réunies. Un acte d’accusation est déposé contre lui pour trois chefs d’accusation de chantage par la menace.

La police israélienne qualifie l’affaire de « cas emblématique de domination mafieuse de l’espace public », soulignant le « recours gravissime à la violence, même depuis l’intérieur d’une cellule, pour imposer sa loi à des citoyens qui cherchent simplement à gagner leur vie honnêtement ».

Une société sous pression, une démocratie en alerte

Ce cas n’est pas isolé. Il révèle une tendance préoccupante : des pans entiers de l’économie de rue sont aujourd’hui sous l’emprise de la mafia en Israël. Des entrepreneurs, des commerçants, des vendeurs ambulants, tous sont exposés à ces réseaux violents qui considèrent les trottoirs comme leur fief personnel. L’État de droit est défié au cœur même de la vie civile.

Derrière les bouquets vendus aux carrefours, derrière les étals fleuris du vendredi , se cache parfois une guerre invisible, où l’arrogance criminelle tente de remplacer l’ordre public.

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