Ukraine : Accord bancal et fragile

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Russie et Ukraine accord bancal et fragile

Ukraine : Accord bancal et fragile
« On a réussi à trouver un accord sur l'essentiel c’est-à-dire sur un cessez-le feu». C’est par cette petite phrase que le président russe Vladimir Poutine a mis fin, jeudi matin 12 février, au suspens de la longue nuit blanche de négociations sur un règlement de la situation dans le Donbass. Seize heures de tractations entre lui-même et ses homologues ukrainien Petro Porochenko, allemand Angela Merkel et français François Hollande qui auront donc abouti à un accord de cessez-le-feu. Reste à se demander ce qui se cache derrière cet «  accord global » dont s’est félicité François Hollande avant de remercier le chef de l’état russe « d’avoir fait pression sur les insurgés du Donetsk et de Lougansk » En y regardant de plus près il apparait que le document n’est pas si favorable à l’Ukraine qu’il semblait au premier abord.
Jugez par vous-mêmes !
 
Le cessez-le-feu
L'accord prévoit donc un cessez-le-feu qui doit entrer en vigueur dans la nuit de samedi à dimanche.

Pourquoi l'arrêt des combats n'est-il pas immédiat ? Avant même la rencontre du Quartet dit "de Normandie", l'un des principaux responsables rebelle, Andrei Purgin, avait d'ores et déjà déclaré à la télévision russe que la mise en place de la fin des hostilités pourrait prendre quelques jours…. Signe soit que les séparatistes ne tiennent pas leurs troupes soit qu'ils ont quelques arrière-pensées, soit des deux ? Du côté de Kiev, une explication est apparue tout de suite : ce délai de trois jours pourrait permettre aux pro-russes de conquérir la ville clef de Debaltseve, aujourd'hui sous contrôle de l'armée ukrainienne et placée sur la route entre Donetsk et Lougansk. Malgré l'accord conclu ce jeudi, les combats pourraient donc s'intensifier dans cette zone d'ici dimanche.
 
Retrait des belligérants et des armes lourdes – Zone tampon
L'accord prévoit un début du retrait des armes lourdes au plus tard deux jours après le cessez-le-feu et la fin du processus dans les 14 jours, permettant la création d'une zone tampon. Le tout sous surveillance de l'OSCE.
Il s’agissait de l’un des principaux points litigieux- : ladite zone tampon est désormais prévue sur une largeur de 50 à 70 km, et non plus 30 km comme lors des précédents accords de paix conclus à Minsk le 19 septembre. Une solution qui permet en quelque sorte d'intégrer les dernières avancées des séparatistes. En effet, dans son discours, Vladimir Poutine  a bien précisé bien que les troupes ukrainiennes doivent stationnées sur leur ligne actuelle et non celle du précédent accord de Minsk. Un recul donc pour le président ukrainien !!!!

 
Echange de prisonniers - Amnistie
L'accord prévoit la libération des "otages ukrainiens" d'ici 19 jours a souligné le président russe Petro Porochenko. Ainsi qu'une amnistie générale pour tous les belligérants.
- Reste à s'entendre sur les listes de personnes à libérer. Des discussions sont en cours depuis de nombreuses semaines car des échanges ont d'ores et déjà eu lieu. Mais un cas symbolique reste à régler : celui de la pilote ukrainienne Nadia Savchenko qui est, elle, incarcérée à Moscou. Et accusée d’avoir tué deux journalistes russes. Certes, Petro a annoncé à Minsk sa prochaine libération, malheureusement l'avocat de la jeune femme, Mark Feygin, soulignait lui à Moscou que les poursuites en Justice étaient bel et bien maintenues…
  
L'intégrité territoriale de l’Ukraine
L'accord prévoit le respect de l’unité et l'intégrité territoriale ukrainienne en ce sens qu'il maintient les régions de Donetsk et Lougansk au sein Ukraine contre l'adoption d'une loi sur la décentralisation.
- Cependant, deux points donnent à réfléchir : l'accord prévoit que la loi de décentralisation intègre quelques éléments notés en bas de page éléments qui pousse cette décentralisation un peu plus loin, même s'il on ne peut parler de fédéralisation, (par exemple une autodétermination pour le choix de la langue ou le choix des forces de police locales.) En outre, s'il est bien prévu que Kiev récupère le contrôle de sa frontière Est avec la Russie, c'est en dernier ressort, à la toute fin de 2015, après des élections locales dont la tenue reste pour le moment hypothétique. Or, comment parler d'intégrité territoriale sans un contrôle total de ses frontières

Nathalie Ouvaroff avec la Nouvel Observateur 

 

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