Thérapies de conversion et ses charlatans : la Knesset protège les bourreaux d’enfants

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Thérapies de conversion et ses charlatans : la Knesset protège les bourreaux d’enfants

La coalition rejette la proposition de loi interdisant les thérapies de conversion pour les mineurs

La proposition de loi visant à interdire les thérapies de conversion pour les mineurs a été soumise ce mercredi à la plénière de la Knesset et a été rejetée par 59 députés contre 36 favorables. Le président de la Knesset, Amir Ohana, a voté en faveur, aux côtés de l'opposition.

Détails de la proposition

Déposée par les députés Yorai Lahav-Herzanu (Yesh Atid) et Eitan Ginzburg (Bleu et Blanc), la proposition visait à qualifier l'exécution de thérapies de conversion sur un mineur ou son orientation vers de tels traitements comme un délit civil.

Elle permettait aux tribunaux d'accorder des dommages et intérêts sans preuve de préjudice, jusqu'à 120 000 shekels pour l'auteur du traitement et jusqu'à 60 000 shekels pour quiconque oriente ou incite un mineur à y recourir.

Bien que le ministère de la Santé ait interdit en 2022 ces pratiques aux professionnels de santé sous peine de sanctions, y compris la révocation de licence, la proposition cherchait à étendre la protection en instaurant une responsabilité civile plus large, couvrant les contextes non médicaux où ces thérapies persistent, selon des rapports de Haaretz.

Clarifications et limites

Limitée aux mineurs, la proposition prohibait toute tentative de modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, sans entraver les traitements psychologiques légitimes, les conseils ou le soutien. « Un individu peut choisir un traitement, mais il est interdit à un thérapeute, sous couvert de pratique professionnelle, d'essayer de changer de force l'identité de l'enfant », stipulait le texte.

Appel à la coalition

Avant le vote, le député Ginzburg s'est adressé directement aux membres de la coalition : « C'est un test de votre humanité. Êtes-vous capables de regarder ces enfants dans les yeux et de les abandonner ? Il y a des moments où la conscience doit primer sur la discipline de coalition. »

Les dangers soulignés

Ginzburg a insisté sur les dommages irréversibles : « Les thérapies de conversion ne sont pas des traitements, mais des abus, un meurtre de l'âme. Elles provoquent dépression, anxiété et des blessures psychiques incurables. Cette loi vise à stopper les charlatans opérant dans l'ombre sans conséquence. » L'Association médicale israélienne condamne ces pratiques depuis des années, les qualifiant de non éthiques et scientifiquement infondées, comme rapporté par Ynet.

Réaction virulente de Lahav-Herzanu

Le député Yorai Lahav-Herzanu a fustigé les opposants : « On ne peut combattre l'antisémitisme et voter pour l'homophobie. La haine est la haine, sans version morale. Zéros. Démissionnez. Pour vous, que des charlatans et des religieux obscurantistes continuent d'électrocuter, d'isoler et d'abuser mentalement et physiquement des enfants et jeunes simplement parce qu'ils sont nés LGBT. »

Parmi les opposants figuraient le président de la commission de l'éducation, Zvi Sukot, et celle des droits de l'enfant, Kati Shitrit, selon des publications sur les réseaux sociaux relayées par les médias israéliens.

Contexte de rejets répétés

Cette proposition s'ajoute à d'autres initiatives en faveur de la communauté LGBT rejetées par la coalition.
La semaine dernière, celle du député Lahav-Herzanu, président du caucus LGBT à la Knesset, prévoyant des indemnités et un soutien étatique pour les victimes de crimes de haine – similaires à ceux accordés aux victimes d'actions hostiles – a échoué avec 56 voix contre 40. Fin décembre, la coalition a rejeté la « loi d'interprétation », déposée par Lahav-Herzanu et Ginzburg, visant à imposer une interdiction générale de discrimination fondée sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre dans toutes les lois de l'État.

on ne peut pas modifier durablement l'orientation sexuelle d'une personne

Les thérapies de conversion (ou efforts de changement d'orientation sexuelle, SOCE) n'ont aucun taux de réussite scientifiquement crédible : le consensus mondial des organisations de santé mentale et médicale, y compris l'American Psychological Association (APA) en 2025, affirme qu'il n'existe aucune preuve solide d'une modification durable de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre.

Des revues exhaustives, comme celle de l'APA en 2009 actualisée en 2021 et confirmée en 2025, montrent que les rares revendications de « succès » (parfois autour de 3 % dans des études biaisées de 2015) reposent sur des méthodologies faibles : échantillons religieux auto-sélectionnés, auto-déclarations non vérifiées, ou confusion avec une bisexualité préexistante non reconnue initialement.

En réalité, ce qui change parfois est le comportement forcé (abstinence ou relations hétérosexuelles sans attraction authentique), pas l'attraction profonde elle-même.

Au contraire, ces pratiques sont associées à de graves préjudices : dépression accrue, stress post-traumatique, idées et tentatives de suicide (jusqu'à 2 fois plus élevées selon des méta-analyses récentes comme celle de Stanford en 2024 sur plus de 4 000 participants), isolement social et abus de substances.

L'orientation sexuelle est une variation normale de la condition humaine, influencée par des facteurs biologiques et précoces – non une pathologie modifiable.
Les approches affirmatives, qui soutiennent l'acceptation de soi, produisent de bien meilleurs résultats en santé mentale.

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