Terrorisme : la France en « grand danger », selon Valls

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La France en grand danger

Terrorisme : la France en « grand danger », selon Valls

Selon les enquêteurs, seule l'affaire de Joué-lès-Tours est de nature terroriste.
Après les drames de Dijon et Nantes, une réunion a lieu ce matin à Matignon.

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En Côte-d'Or, la procureure de la République Marie-Christine Tarrare a produit des éléments qui permettent de distinguer les deux tragédies.

L'homme qui a volontairement lancé sa voiture sur 13 passants dimanche dans plusieurs lieux de Dijon souffre d'une « pathologie psychiatrique ancienne et lourde » faite de « délire mystique » et prend toujours « un certain nombre de médicaments ». « Pour me donner du courage, j'ai crié "Allah Akbar" pour annihiler tout esprit critique », a-t-il déclaré aux enquêteurs.

Le parquet a ouvert une information judiciaire pour « tentative d'assassinat », mais n'a pas retenu la qualification « en lien avec une entreprise terroriste ». Un cas très différent de celui de Bertrand Bilal Nzohabonayo, qui a blessé à l'arme blanche trois policiers de Joué-lès-Tours samedi, avant d'être abattu.

Appel à la vigilance
Français né il y a une vingtaine d'années au Burundi dans une famille catholique, il s'était converti à l'islam « vers 16-17 ans » et affichait sur son compte Facebook le drapeau du groupe djihadiste Etat islamique.

Le parquet antiterroriste, saisi de l'affaire, devra déterminer s'il a agi de son propre chef ou dans le cadre d'une action organisée. Il était « connu » des services de renseignements « par le biais de son frère Brice », islamiste radical, « signalé par sa mère en août 2013 », a expliqué hier le procureur François Molins.

Brice Nzohabonayo a d'ailleurs été arrêté hier au Burundi, où il passait quelques jours en famille. Il est actuellement détenu et interrogé par le Service national de renseignements de ce pays et la France souhaite dépêcher ses enquêteurs sur place. Leur soeur placée en garde à vue à Joué-lès-Tours, samedi soir, a été relâchée.

En déplacement à Montpellier dans l'après-midi, Manuel Valls a tenu des propos alarmants : « Jamais nous n'avons connu un aussi grand danger en matière de terrorisme », a-t-il déclaré, appelant la société à « réagir » face au phénomène des jeunes qui se sentent « impliqués » par le djihad. « Nous avons plus d'un millier d'individus concernés par le djihad en Syrie ou en Irak, plus de 300 sont là-bas, 56 ou 57 sont morts sur place, ça montre le degré d'implication », a-t-il souligné.

Hier soir, à Nantes, un homme a foncé en camionnette dans le marché de Noël, faisant 10 blessés, dont 5 graves. « On ne peut parler d'acte de terrorisme », a néanmoins assuré la procureure de la République, Brigitte Lamy. Une « réunion ministérielle » a été convoquée ce matin à Matignon.
E. F., Les Echos

 

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