Se battre à l’israélienne pendant que certains rêvent déjà d’un Hamas “parti politique”

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Se battre à l’israélienne pendant que certains rêvent déjà d’un Hamas “parti politique”

Douglas Murray : « se battre à l’israélienne »… pendant que certains rêvent déjà d’un Hamas “parti politique”

Se battre à l’israélienne : quand les démocraties refusent de voir la guerre

Face à des ennemis qui font de la mort un instrument politique, Israël a choisi de combattre sans faux-semblants. L’Occident, lui, tergiverse, s’excuse, édulcore.
Dans Les démocraties et la mort, Douglas Murray met à nu cette fracture morale : celle qui sépare un pays contraint de se défendre pour survivre, et des démocraties qui préfèrent le langage à l’action, quitte à réhabiliter leurs ennemis sous l’étiquette rassurante de “partis politiques”.

La guerre que l’Occident refuse de nommer

Dans son ouvrage consacré à Israël et à l’islamisme, Douglas Murray ne décrit pas seulement un conflit régional. Il décrit un effondrement moral occidental. Pour l’essayiste britannique, le 7 octobre 2023 n’a pas seulement révélé la barbarie du Hamas ; il a exposé l’incapacité des démocraties à regarder la réalité en face. Dès les heures qui ont suivi le massacre, alors que les corps n’étaient pas encore enterrés, une partie de l’opinion occidentale s’est empressée d’expliquer, de contextualiser, voire d’excuser.

Israël, lui, n’a pas eu ce luxe. Se battre à l’israélienne, écrit Murray, c’est d’abord refuser le mensonge. C’est comprendre que certains ennemis ne cherchent ni compromis ni coexistence, mais la destruction. Là où les démocraties parlent de “cycle de violence”, Israël parle de survie.

Une idéologie de mort face à une société de vie

Le titre original du livre est sans ambiguïté : On Democracies and Death Cults. Murray y développe une opposition frontale entre des sociétés qui sanctifient la vie et des mouvements qui glorifient la mort. Le Hamas, selon lui, appartient à cette seconde catégorie. Non pas seulement par ses actes, mais par sa vision du monde, dans laquelle le sacrifice, le martyre et la disparition de l’ennemi sont des fins en soi.

Cette logique, Murray l’a observée sur le terrain. Après le 7 octobre, il passe plusieurs mois en Israël, rencontre des familles d’otages, des survivants, des soldats, des médecins, des responsables politiques. Il entre à Gaza avec l’armée israélienne. Il constate l’ampleur du réseau souterrain du Hamas, construit non pour protéger la population civile, mais pour mener la guerre tout en utilisant les civils comme décor et comme bouclier.

Gaza, la mise en scène permanente

Depuis le retrait israélien de 2005, Gaza est devenue, selon Murray, un laboratoire de la propagande contemporaine. Le Hamas a bâti un récit international présentant l’enclave comme une prison à ciel ouvert, tout en détournant des milliards d’aide internationale vers l’armement, les tunnels et l’enrichissement de ses dirigeants. Les infrastructures civiles, elles, ont été sacrifiées au profit de la guerre.

Ce décalage entre le récit et la réalité est au cœur du malentendu occidental. Là où Israël voit une organisation militaire idéologique, beaucoup préfèrent voir un acteur politique “contraint” par les circonstances.

L’inversion morale occidentale

L’un des constats les plus sévères du livre concerne la réaction des démocraties après le 7 octobre. Murray observe que, très rapidement, la compassion s’est déplacée. Les victimes israéliennes ont été sommées de se justifier, tandis que leurs bourreaux ont été requalifiés en “résistants”, en “militants”, voire en futurs interlocuteurs politiques.

Cette inversion morale n’est pas accidentelle. Elle est le produit d’un refus de nommer l’islamisme comme idéologie politique violente. En Australie, après l’attentat de Bondi Beach qui coûte la vie à un survivant de la Shoah, les autorités hésitent à désigner l’islamisme, préférant des catégories floues et rassurantes. Pour Murray, ce déni prépare les tragédies de demain.

Le fantasme du Hamas “parti politique”

C’est dans ce contexte qu’émerge une idée de plus en plus présente dans les cercles diplomatiques occidentaux : celle d’un Hamas qui renoncerait aux armes pour devenir un acteur politique légitime. Murray voit dans cette hypothèse une fuite morale. Car aucune transformation cosmétique ne peut effacer une idéologie fondée sur la destruction d’Israël.

Certes, des discussions existent. Des scénarios évoquent une démilitarisation, une gouvernance technocratique de Gaza, une participation indirecte du Hamas à un futur processus politique. Mais, dans les faits, l’organisation n’a jamais renoncé à ses objectifs fondamentaux, ni reconnu Israël, ni rompu avec la violence comme mode d’action.

Pour Murray, présenter le Hamas comme un futur parti politique revient à recycler un mouvement totalitaire sous une étiquette acceptable, au prix d’un aveuglement volontaire.

Se battre à l’israélienne

Se battre à l’israélienne, ce n’est pas aimer la guerre. C’est la considérer comme une tragédie nécessaire quand l’ennemi ne laisse pas le choix. C’est refuser les demi-mots, les euphémismes, les illusions diplomatiques. C’est comprendre que la paix ne se construit pas avec ceux qui sacralisent la mort.

Le message de Douglas Murray est brutal, mais clair : Israël n’est pas une anomalie morale. Il est un révélateur. Et tant que les démocraties préféreront transformer leurs ennemis en “acteurs politiques” plutôt que de regarder leurs intentions réelles, elles continueront à perdre, non seulement des guerres, mais le sens même de ce qu’elles prétendent défendre.

Douglas Murray est un essayiste, journaliste et intellectuel britannique, connu pour ses positions tranchées sur l’islamisme, l’immigration de masse, la crise des démocraties occidentales et la défense d’Israël.

Né en 1979 au Royaume-Uni, il s’est imposé très tôt comme une figure du débat intellectuel anglo-saxon. Il est directeur associé du Henry Jackson Society, un think tank britannique spécialisé dans les questions de sécurité, de géopolitique et de lutte contre les idéologies totalitaires.

Douglas Murray n’est ni universitaire abstrait ni polémiste de plateau. Il revendique le terrain, l’enquête, le contact direct avec les zones de conflit.
Après le 7 octobre 2023, il passe plusieurs mois en Israël, rencontre survivants, familles d’otages, soldats, médecins, responsables politiques, et entre à Gaza avec l’armée israélienne. Son travail repose sur l’observation directe et la confrontation avec les faits.

Il est l’auteur de plusieurs essais influents, traduits dans de nombreuses langues, dont La mort de l’Europe, La folie des foules et Les démocraties et la mort. Dans ce dernier, il développe une thèse centrale : les démocraties occidentales sont menacées non seulement par leurs ennemis, mais par leur refus de nommer ces ennemis, préférant le langage, la culpabilité et la moralisation à la lucidité stratégique.

Très critiqué à gauche, régulièrement accusé de “provocation”, Douglas Murray est surtout redouté pour une raison simple : il démonte les récits, attaque les angles morts idéologiques et refuse toute équivalence morale entre terrorisme islamiste et défense d’un État démocratique.

En résumé :

Douglas Murray est l’un des rares intellectuels occidentaux à défendre Israël sans précautions oratoires, en assumant l’idée que se battre à l’israélienne n’est pas une dérive morale, mais une nécessité de survie.

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