Sarcelles :Le système mafieux des Flanades mis à sac.

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Sarcelles, escroquerie 4 ans de prison ferme, le mafia démantelée. centre commercial les flanades

Des peines allant jusqu'à quatre ans de prison ferme ont été requises ce mercredi contre sept personnes, dont un policier, jugées pour une escroquerie impliquant des sociétés chargées d'assurer la sécurité dans un centre commercial de Sarcelles (Val-d'Oise).

Racket d'entreprises, embauche de salariés fictifs, menaces de mort... Dans le centre commercial des Flanades, «c'est la loi du plus fort qui triomphait», a résumé le procureur, Bernard Augonnet, devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Au cœur de l'affaire : un gérant de société immobilière à la carrure de boxeur, Tony Louis-Ambroisine, soupçonné d'avoir été l'un des cerveaux et l'un des principaux bénéficiaires de cette affaire d'escroquerie, portant sur plusieurs millions d'euros.

Le fonctionnaire sert de gérant de paille

«Il contrôlait tout, du début jusqu'à la fin. Il imposait les salaires, le paiement de commissions et même des emplois fictifs. Il y avait un sentiment d'impunité», a souligné Bernard Augonnet, qui a réclamé à son encontre 4 ans de prison et 100 000 € d'amende.

Une peine de 18 mois ferme a par ailleurs été demandée à l'encontre d'un policier, en poste au commissariat de Cergy-Pontoise, accusé d'avoir servi de gérant de paille pour l'une des sociétés impliquées dans le trafic.

«C'est en toute connaissance de cause qu'il a couvert ces agissements», a estimé Bernard Augonnet, qui a réclamé des peines d'un an avec sursis à deux ans ferme contre les autres prévenus, parmi lesquels trois ex-compagnes de Tony Louis-Ambroisine, jugées pour avoir bénéficié d'emplois fictifs.

Appelé à la barre, le principal prévenu, crâne rasé et col de veste relevé, a reconnu avoir «commis des erreurs», mais nié farouchement toute volonté d'escroquerie et contesté avoir touché de l'argent «indu».

«J'ai apporté la paix sociale»

«J'ai fait un travail monstre pour ce centre commercial, j'ai apporté la paix sociale», a martelé ce père de neuf enfants, en critiquant les responsables d'entreprises qui l'ont mis en cause. «Avant, ils venaient me supplier pour avoir des contrats. Ils me mangeaient dans la main».

L'affaire avait éclaté en décembre 2011 avec la plainte du responsable d'une société de gardiennage, Vigie kal sécurité privée (VKSP), contre Tony Louis-Ambroisine, qui avait fait office d'intermédiaire avec la direction du centre commercial.

En échange de l'obtention du marché, ce dernier aurait exigé plusieurs dizaines de milliers d'euros. Mais aussi l'embauche par VKSP de salariés fictifs choisis parmi ses proches, dont un fonctionnaire de police et deux de ses ex-compagnes.

La société avait finalement été placée en liquidation judiciaire, après avoir vu sa trésorerie fragilisée par ces dépenses frauduleuses. Comme plusieurs autres sociétés de sécurité du site avant elle, elles aussi victimes, selon les enquêteurs, d'extorsion.

«Toutes ces sociétés ont été vidées de leur substance. Les gérants n'avaient pas le choix : soit ils payaient, soit ils perdaient leur contrat», a souligné l'avocat de deux entreprises de sécurité partie civile, Me Arié Alimi.

«Dans cette affaire, on parle de système mafieux, on parle de loi du silence. Il y a d'autres ramifications, il y a d'autres personnes dont les noms sont cités et qui auraient pu être inquiétées», a poursuivi l'avocat, évoquant l'implication de «notaires», «d'avocats» et «d'élus».

Le jugement a été mis en délibéré au 28 janvier.

 

Source LEPARISIEN

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