Photographe juive : Francesca Woodman

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Artiste juive photographe francesca woodman

Francesca Woodman : autoportraits intérieurs
Considérée comme la « Sylvia Plath de la photographie » Francesca Woodman avant sa fin tragique a proposé entre pudeur et impudeur sa nudité qu’elle ne cessa pourtant de dérober. Son œuvre garde une puissance particulière puisqu’elle joue autant de la présence que de l’effacement.

Si bien que chaque prise semble aussi à ras de la réalité qu’irréelle. Sans pathos l’œuvre n’en est pas moins douloureuse et solitaire comme sa créatrice elle-même. La femme reste parfois saisie dans une radicalité et parfois en une sorte d’incandescence blanche.
Inconnue de son vivant, Francesca Woodman trouve peu à peu sa juste place.

Elle reste mystérieuse – sa mort ajoutant du mythe à son énigme. Tout son travail reste avant tout une sorte d’introspection là où les femmes semblent se perdre entre l’espace et le temps. Quoiqu’occupant ce dernier la femme (souvent l’artiste elle-même en ses nombreux autoportraits) semble s’y diluer.

Elle est autant de notre monde qu’irréelle. Souffleuse de mort et de vie l’artiste n’a jamais fini de glisser derrière les volets de l’oubli. Elle fait descendre dans les profondeurs de l’être et ouvrent des questions sur l’existence. Aucun trou de mémoire ne peut effacer le sillage du temps.

A son époque on ne le lui pardonna pas. Désormais son travail est reconnu. Loin du barbouillage psychologisant l’artiste à toujours chercher un décryptage d’une identité fuyante.

A travers le propre visage et le corps de la photographe, celle-ci rend visible ce qui ne peut pas se voir. Toute la mise non en abîme mais aux abîmes est là. Face à la dénégation de diverses tragédies collectives de diverses époque la photographe a revisité l’Histoire selon des visions qui sont encore aujourd’hui occultées.

Afin de montrer une forme de terreur implicite Francesca Woodman n’a jamais refusé de payer de sa personne. Son corps séduisant est autant celui d’éros que de thanatos : celui-ci a fini par écraser le premier.

Dans chaque photographie la nuit du monde prend à la gorge selon divers points d’incandescence et d’effacement en un voyage géographique et mental. Il mène de la lumière jusque dans l’obscur.

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