Michel Boujenah : inconsolable et gai

Actualités, Artistes - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Michel-Boujenah gai et inconsolable !

Pour l'avoir rencontré, pour avoir vu ses spectacles , voici un titre qui lui sied parfaitement.
Quand je lui ai demandé il y a quelques années de cela " Pourquoi n'écrivez-vous pas?
Pourquoi ne pas écrire un livre ? Vous parlez si bien "

A cela une réponse , simple ,résultat d'une réflexion profonde et brillante, emplie d'humilité signe de son attachement à ses racines.
" Je fais partie de la tradition orale, de ceux qui savent conter, je suis un conteur"

J'ai toujours était fasciné par cette double personnalité, drôle jamais méchant,  émouvant.
Un humour , une auto-dérision frisant bien souvent le chagrin.

Peut-être parce que sa lucidité, l'empêche de croire que tout finit bien mais finit tout simplement.
Alors que reste-t-il au demeurant ? La mémoire, la famille, les amis.
Michel Boujenah est fidèle, fidèle à lui-même , à son clan.

 

Culturebox a rencontré Michel Boujenah qui fait salle comble au long de la tournée de son spectacle actuel. "Ma vie rêvée" s'inscrit dans la ligne de ses autres créations depuis "Albert" en 1980. On y croise les mêmes personnages truculents à qui il prête les facettes de sa propre personnalité. L'humoriste évoque aussi l'actualité et réaffirme son attachement à la démocratie et à la France.

Pour ce qui est du rire, Michel Boujenah convoque toujours ses personnages fétiches, comme autant d'avatars de lui-même et de ses proches, la famille Boutboul pour commencer, et "Les Magnifiques", ces oncles juifs tunisiens, Guigui, Maxo chez qui il n'est pas interdit de reconnaître "Les Valeureux" d'Albert Cohen, l'une de ses inspirations. Le public rit beaucoup, est pris à partie par l'artiste qui soudain quitte l'éclat de rire pour l'éclat de lucidité. Et la lucidité fait mal, quand l'enfance s'éloigne toujours plus, quand la mort est au bout, et elle l'est toujours. Il y a donc une continuité dans les spectacles écrits et interprétés en solo par Michel Boujenah. Question : Albert, son personnage de 1980, a-t-il grandi ou a-t-il vieilli ? La réponse de Michel Boujenah en video:

Trente-cinq ans de carrière

Depuis 1980, Michel Boujenah est resté fidèle à lui-même, à son style, à ses lectures, à l'enfant qu'il était et à ses origines méditerranéennes. Mais en trente-cinq ans de carrière, quelle différence voit-il entre l'artiste que le public découvrait dans la peau d'Albert, le petit juif déraciné et celui qui est aujourd'hui sur la scène, interprétant "Ma vie rêvée" alors qu'à 62 ans il dit se sentir proche du bilan.

"On nous tue"

Au cours de son spectacle, Michel Boujenah évoque l'actualité de ce début d'année. Il explique qu'il ne veut pas quitter la scène car c'est le lieu où il contrôle tout. Ici, on ne meurt pas, et ils n'ont rien à craindre, ces gens que l'on tue parce qu'ils sont policiers, dessinateurs ou Juifs. L'année des débuts de Michel Boujenah, 1980, est aussi celle de l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, elle précédait de deux ans le mitraillage du restaurant Jo Goldenberg.

Il ajoute d'ailleurs sur scène qu'il aime la France et sa démocratie et qu'il n'est pas question pour lui de la quitter, allusion transparente à Benyamin Netanyaou appelant les Juifs de France à rejoindre la terre d'Israël. Question à l'humoriste qui a toujours revendiqué ses racines juives tunisiennes, est-il plus difficile d'être un humoriste juif aujourd'hui qu'il y a 35 ans ?

Son prochain film : "Le coeur en braille"

Michel Boujenah n'est pas seulement l'auteur et l'acteur de ses spectacles où il raconte sa "vie rêvée", seul sur la scène. Il est aussi comédien au cinéma, à la télévision, patron du festival de Ramatuelle et réalisateur. A ce dernier titre, il s'apprête à mettre en scène dans les prochaines semaines "Le coeur en Braille".  Il raconte l'histoire d'une petite fille de 12 ans qui refuse la fatalité alors qu'elle se bat contre la progression de la surdité.

 


Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi