Massacre à Bondi : quand le cauchemar du 7 octobre rattrape les Juifs en exil -vidéo-

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Massacre à Bondi : quand le cauchemar du 7 octobre rattrape les Juifs en exil

Les faits de la fusillade à Sydney

Le 14 décembre 2025, vers midi (heure locale), une fusillade d'une rare violence a éclaté sur la plage de Bondi, à Sydney, en Australie, lors d'une célébration publique de Hanouka organisée par la communauté juive Chabad de Bondi.

Plus de 1 000 personnes étaient rassemblées pour allumer la menorah et commémorer la fête des Lumières, dans un événement familial et ouvert à tous.

(Cette vidéo a été prise quelques instants avant le massacre)

Deux hommes armés, vêtus de noir, ont ouvert le feu de manière indiscriminée sur la foule, tirant des dizaines de coups. Selon les autorités australiennes, il s'agit d'un acte terroriste ciblant explicitement la communauté juive.

Parmi les victimes un garçons de 10  ans et le rabbin Habbad Eli Shklanger (photo)

Massacre à Bondi : quand le cauchemar du 7 octobre rattrape les Juifs en exil

Massacre à Bondi : quand le cauchemar du 7 octobre rattrape les Juifs en exil

 

L'Iran serait derrière cet attentat selon un responsable de la sécurité israëlien

Le bilan est lourd : au moins 12 morts confirmés, dont plusieurs enfants et un survivant de l'attaque du 7 octobre 2023 en Israël qui s'était installé en Australie deux semaines plus tôt pour fuir l'antisémitisme.

Plus de 30 blessés ont été évacués vers des hôpitaux de Sydney, dont 11 dans un état critique. Un des tireurs a été abattu par la police, l'autre est dans un état critique et en garde à vue.

Un passant a désarmé l'un des assaillants, évitant potentiellement un bilan plus lourd. Les forces de l'ordre enquêtent aussi sur la présence possible d'un engin explosif improvisé (IED) sur place.

L'un des suspects a été identifié comme Naveed Akram, 24 ans, d'origine pakistanaise présumée, connu des services de renseignement australiens (ASIO) pour des liens potentiels avec des extrémistes.

C'est l'attaque la plus meurtrière en Australie depuis le massacre de Port Arthur en 1996 (35 morts), qui avait conduit à des réformes strictes sur les armes à feu.

Un survivant du 7 octobre, récemment installé en Australie (interviewé par 9News et plusieurs médias, visage bandé et ensanglanté) :
« Je suis venu ici avec ma famille pour la célébration de Hanouka. Je n'aurais jamais pensé revivre ça en Australie, surtout pas sur la plage de Bondi.
C'était un bain de sang absolu, un massacre total. J'ai vu des enfants tomber au sol, des personnes âgées, des handicapés.
Du sang qui giclait partout. Je n'ai pensé qu'à faire sortir ma femme et mes enfants en sécurité. Nous avons déjà vécu pire [le 7 octobre], nous passerons à travers ça. Et nous attraperons ces salauds responsables. » Cet homme, blessé à la tête, avait fui l'antisémitisme en Israël il y a seulement deux semaines.

Timothy Brant-Coles, touriste britannique (à l'AFP) : « Il y a eu une fusillade, deux tireurs vêtus de noir et armés de fusils semi-automatiques. J'ai vu plusieurs personnes blessées par balles. »

Harry Wilson, habitant du quartier (à ABC) : « Il y avait du sang partout. Les scènes sont choquantes et bouleversantes. »

Sean Tarek Goodwin (témoignage recueilli par ABC) : Il a décrit une scène « chaotique et horrible », avec des personnes blessées gisant au sol. Il a protégé sa famille pendant les tirs qui ont duré environ 10 minutes.

Josh Pulford, témoin vivant près de la plage (à des médias locaux) : « J'ai vu deux hommes en noir commencer à tirer depuis le pont, à seulement 15 mètres de moi. Après cinq ou six coups, j'ai couru avec la foule qui hurlait vers le club de surf. Il y avait des corps partout dans le parc, une carnage. »

Marcos Carvalho, résident de Bondi Junction (à Reuters) : « J'étais en train de ranger mon sac pour rentrer quand j'ai entendu les coups de feu. Bang bang bang, sans arrêt. »

Bianca, enseignante à Sydney, 26 ans : « J'ai entendu des dizaines de coups de feu, comme des feux d'artifice. Les gens traînaient leurs enfants, choqués, traumatisés, confus. »

Ces voix humaines rappellent cruellement que derrière les chiffres se cachent des familles brisées, des enfants terrifiés et une communauté juive visée lors d'une fête joyeuse.

Comme pour le 7 octobre, ces témoignages soulignent la brutalité indiscriminée .

Le Premier ministre Anthony Albanese a qualifié l'événement de "terrifiante attaque antisémite", promettant une réponse ferme contre l'extrémisme.

Emmanuel Macron a échangé avec lui pour exprimer la solidarité de la France, et le président israélien Isaac Herzog a dénoncé une "attaque cruelle contre des Juifs". La police de Nouvelle-Galles du Sud a bouclé la zone, et une opération antiterroriste est en cours.

Les parallèles avec le 7 octobre 2023

Dès les premières heures, de nombreux observateurs et témoins sur les réseaux sociaux, ainsi que dans les médias, ont tracé un parallèle saisissant entre cette fusillade et l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël.

Ce jour-là, des milliers de terroristes ont envahi des kibboutzim et un festival de musique, tuant 1 200 personnes (dont des civils, des enfants et des festivaliers) et en enlevant 250 autres comme otages.

Les images de Bondi – foule paniquée fuyant sous les balles, sang sur le sable, cris de terreur – rappellent les vidéos du festival Nova en Israël, où 364 personnes ont été massacrées.

Des posts sur X (anciennement Twitter) qualifient l'événement de "répétition du 7 octobre" ou de "scène sortie d'un cauchemar israélien". Un survivant israélien blessé à Sydney a déclaré : "Je n'aurais jamais pensé revivre ça en Australie... C'était un bain de sang absolu."

Ces comparaisons soulignent un mode opératoire similaire : attaques surprises contre des civils juifs lors d'événements festifs, motivées par un antisémitisme virulent.

L'un des suspects de Sydney aurait crié des slogans anti-israéliens, évoquant explicitement le conflit au Moyen-Orient. Cela alimente le débat : l'Australie, pays pacifique avec un contrôle strict des armes, n'était-elle pas à l'abri ?
Les autorités locales notent une hausse des tensions communautaires depuis 2023, liée au conflit israélo-palestinien.

Réflexion : le 7 octobre, déclencheur d'une barbarie mondiale ?

Et si le 7 octobre 2023 n'avait pas seulement ravagé Israël, mais ouvert une "voie à la barbarie" à l'échelle globale ?

Les faits de l'actualité, deux ans plus tard, tendent à valider cette crainte.
L'attaque du Hamas – qualifiée par l'ONU et des experts comme un acte de terrorisme génocidaire, avec des viols systématiques et des mutilations – n'a pas été un événement isolé.
Elle a agi comme un catalyseur, encourageant  les extrémistes et amplifiant l'antisémitisme latent dans le monde entier.

Examinons cela pas à pas, en nous appuyant sur des données objectives.

D'abord, l'explosion de l'antisémitisme mondial.
Selon l'Anti-Defamation League (ADL), les incidents antisémites aux États-Unis ont bondi de 140 % en 2023 par rapport à 2022, avec 8 873 cas recensés – un record absolu, incluant des agressions physiques, du vandalisme et des menaces en ligne.

Le rapport global du Combat Antisemitism Movement (CAM) de 2025 confirme une "prolifération de la haine anti-juive à des niveaux de crise", avec une hausse de 60 % des incidents dans le monde entier depuis octobre 2023.

En Europe, l'Institut pour l'étude des médias et de l'antisémitisme a noté une augmentation de 400 % des attaques en France et en Allemagne dans les semaines suivant le 7 octobre.
En Australie même, les Juifs se disent "très peu en sécurité", avec une vague d'incidents : graffitis, agressions et manifestations hostiles, culminant à Sydney ce 14 décembre.

Ces chiffres ne sont pas abstraits : des synagogues vandalisées à Berlin, des étudiants juifs harcelés sur les campus américains, des familles juives quittant des quartiers entiers au Royaume-Uni.

Ensuite, les attaques terroristes inspirées par le 7 octobre.

Les rapports du FBI et d'Europol soulignent que les tensions post-7 octobre ont été exploitées par des groupes comme l'État islamique (EI) et des loups solitaires pour justifier des violences.

Aux États-Unis, cinq attaques terroristes de haut profil en 2025 ont été liées au conflit israélo-hamas, incluant des fusillades et des tentatives d'attentats contre des synagogues.

En Europe, des complots déjoués visaient des rallies pro-Israël au Canada et en France, inspirés par la rhétorique du Hamas.

Globalement, le Global Terrorism Index note une diffusion du terrorisme : 45 pays ont vu une détérioration en 2025, avec une hausse de 8 % des attaques hors Myanmar, souvent motivées par un "jihad global" post-7 octobre.

Le 7 octobre a servi de "modèle" : des vidéos de l'attaque partagées massivement sur les réseaux ont radicalisé des individus, de l'Irak à l'Inde, en passant par l'Australie. Comme l'écrit un analyste du CTC (West Point) : "Les patterns de violence terroriste au Moyen-Orient se propagent, avec le 7 octobre comme pivot."

| Indicateur | Avant 7 octobre (2022) | Après 7 octobre (2023-2025) | Source |
|------------|-------------------------|-----------------------------|--------|
| Incidents antisémites US | ~3 700 | ~8 873 (hausse 140 %) | ADL |
| Attaques globales anti-juives | +60 % dans 7 pays | +400 % en Europe | DW News |
| Terrorisme inspiré (US) | Bas niveau | 5 attaques majeures en 2025 | ABC News |
| Détérioration pays touchés | 20 pays | 45 pays | Vision of Humanity |

Cette table illustre l'ampleur : ce n'est pas une coïncidence, mais une conséquence directe.

Le 7 octobre a révélé – et amplifié – une idéologie qui transcende les frontières : un antisémitisme "moderne" masqué en anti-sionisme, qui justifie la violence contre des civils juifs partout.
Comme le note l'American Jewish Committee, les Juifs américains se sentent "moins en sécurité qu'avant", avec 63 % craignant des attaques.

Le 7 octobre a effectivement "ouvert une voie" : non pas à une fatalité inévitable, mais à une urgence collective.

 

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