Les erreurs de BHL

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Bernard Henri Lévy l'esprit du judaïsme

Les erreurs de BHL

Le nouveau livre très médiatisé de Bernard-Henry Lévy, intitulé « L'esprit du judaïsme » (Grasset), se présente comme la suite du « Testament de Dieu », que le philosophe avait publié chez le même éditeur en 1979.

BHL a le mérite de battre en brèche la vulgate judéophobe à la mode aujourd'hui, celle du champion de l'athéisme Michel Onfray comme celle des professionnels de l'antisionisme qui pullulent notamment à gauche de la sphère intellectuelle.

Cependant, cette médiatisation extrême le pousse à commettre quelques bévues.

Ainsi, il a prétendu que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, dans leurs déboires judiciaires (l'affaire du sang contaminé pour l'un, le psychodrame du Sofitel de New York pour l'autre), auraient été « victimes d'antisémitisme ».

C'est un raccourci saisissant et contestable qui permet hélas aux nombreux détracteurs de BHL de l'accuser, une fois de plus, de voir partout des ennemis du peuple juif et d'alimenter lui-même l'antisémitisme par sa paranoïa supposée.

En outre, le philosophe, qui ne maîtrise pas l'hébreu, a une connaissance approximative de son sujet. C'est un second handicap. Il donne des verges pour se faire battre, alors que son intention est louable.

Exemple : il confond son propre cosmopolitisme avec le judaïsme lui-même. Contrairement à ce qu'il écrit, la terre d'Israël n'apparaît pas « tardivement » dans la Bible.

Son importance est bel et bien centrale et les Juifs ne sont nullement, par essence, une nation errante, même s'ils l'ont été pendant 2 000 ans.

Lorsqu'il estime que la place des Juifs de France est forcément... en France, il prend là encore son cas pour une généralité.
Sa position de penseur laïc à succès, habitant Saint-Germain-des-Prés et héritier d'une immense fortune, ne l'autorise pas à donner des leçons à ses coreligionnaires pratiquants résidant dans des banlieues « sensibles », dont les difficultés sociales grandissantes et les intimidations antisémites qu'ils subissent au quotidien les poussent à un rêve d'alya fort compréhensible.

Quand BHL explique qu'on peut être un Juif respectueux des commandements sans... croire en Dieu, il veut plaire au lecteur mais oublie les articles de foi de Maïmonide.

De même, il caresse les Français dans le sens du poil en prétendant qu'il n'y aurait plus d'antijudaïsme chrétien, occultant le retour tapageur de l'intégrisme ou du simple traditionalisme catholique d'inspiration maurrassienne (et antijuive) dans ce pays.

Par ailleurs, le philosophe reste un doux rêveur qui a cru dur comme fer que les accords d'Oslo représentaient le prélude à la fin rapide du conflit proche-oriental. La réalité l'a démenti sur ce point.

Cela devrait l'inciter à davantage de modestie et à plus de tolérance envers la droite israélienne. En s'alignant sur les positions de l'opposition de gauche au cabinet Netanyahou, il conforte l'opinion française, mais s'aliène ses éventuels lecteurs ayant déjà réalisé leur alya ou appartenant au noyau dur du judaïsme hexagonal, dont le coeur, désormais, penche majoritairement à droite.

Débat Bernard Henri Lévy avec Khan de Marianne

Débat entre Bernard-Henri Lévy et  Jean-François Khan de Marianne

Ses dialogues dans L'Obs avec Jean Daniel, grand vieillard et Juif antisémite de longue date, et avec l'antisioniste viscéral Jean-François Kahn dans Marianne, sont certes utiles sur le plan promotionnel mais laissent un goût amer.

En effet, en lieu et place de discussions de fond, on a eu droit à 2 échanges superficiels et indigestes sur une question binaire aussi « vendeuse » pour ces magazines que stupide, parce que réductrice : « Faut-il être pour ou contre les Juifs et Israël ? »

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