Le Tombeau des Patriarches passe sous contrôle israélien : un retour historique aux racines bibliques

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Le Tombeau des Patriarches passe sous contrôle israélien : un retour historique aux racines bibliques

Israël vient de reprendre, pour la première fois dans l’histoire moderne, le contrôle administratif du Tombeau des Patriarches à Hébron, site que les traditions juives, chrétiennes et musulmanes considèrent comme le lieu de sépulture des figures bibliques Abraham, Isaac, Jacob, Sarah, Rébecca et Léa. Cette décision marque un tournant : la gestion du site ne dépendra plus de la municipalité palestinienne, mais d’un conseil religieux juif local lié à l'implantation juive voisine de Kiryat Arba.

Il marque une rupture radicale avec le statu quo, en dépossédant la municipalité palestinienne d’Hébron de sa responsabilité historique sur ce site. L’autorité civile israélienne, via l’Administration civile, a transféré les pouvoirs – dont la nature exacte est encore floue – aux représentants religieux de Kiryat Arba

Un retour aux racines bibliques

Le Caveau de Makhpela, selon le Livre de la Genèse, fut acheté par Abraham auprès d’Ephron le Hittite pour enterrer Sarah, son épouse. Ce geste, consigné dans la Torah, constitue la première acquisition territoriale du peuple hébreu sur la terre de Canaan. Par la suite, Abraham lui-même, puis Isaac, Jacob, Rébecca et Léa y furent inhumés. Certaines traditions juives et kabbalistiques avancent même qu’Adam et Ève y reposeraient également.

Un édifice millénaire

Au Ier siècle avant notre ère, le roi Hérode fit bâtir une monumentale enceinte en pierres massives, toujours visible aujourd’hui, constituant l’un des vestiges hérodiens les mieux conservés au monde. Durant la période byzantine, le lieu fut christianisé, puis transformé en mosquée après la conquête musulmane au VIIe siècle. Les Croisés en firent une église, avant que Saladin ne rétablisse la mosquée d’Ibrahim en 1188.

Avec les siècles, le Caveau des Patriarches est devenu un symbole : à la fois vestige biblique, enjeu religieux et terrain de revendication politique.

Une prise de contrôle israélienne inédite

Selon les informations confirmées par le site israélien Israel Hayom, l’administration du site, jusque-là assurée par la municipalité palestinienne de Hébron, a été transférée à un conseil religieux juif de Kiryat Arba, implanté à proximité du sanctuaire. L’Administration civile israélienne, bras gouvernemental dans les territoires sous occupation, justifie cette décision par la nécessité de faciliter les aménagements et la gestion du site côté juif.

Cette mesure, qualifiée d’« historique » par les autorités israéliennes, est considérée par les Palestiniens comme une violation flagrante des accords internationaux et une tentative de judaïsation du lieu. La Palestinian Authority a réagi en dénonçant une « confiscation pure et simple du patrimoine islamique », le sanctuaire étant également une mosquée.

Un site divisé et sous tension

Depuis le massacre de 29 fidèles musulmans par Baruch Goldstein en 1994, le site est strictement divisé en deux zones : une mosquée sous contrôle du Waqf islamique et un espace de prière juif sécurisé par l’armée israélienne. L’accès, fortement militarisé, est source de frictions permanentes.

L’UNESCO avait pourtant classé en 2017 le Tombeau des Patriarches comme patrimoine palestinien, dans un vote qui avait suscité l’indignation d’Israël. Aujourd’hui, avec ce transfert administratif, Jérusalem franchit un pas symbolique majeur, en réaffirmant sa souveraineté effective sur le site.

Vers une modification du statu quo ?

Reste une question brûlante : cette prise de contrôle annonce-t-elle de nouvelles modifications physiques du lieu ? Les autorités de Kiryat Arba réclament depuis plusieurs années l’aménagement d’un accès direct pour les juifs, l’installation de structures d’accueil permanentes, voire une extension de la zone de prière. Pour les Palestiniens et les instances internationales, cela représenterait une atteinte grave au fragile statu quo.

En prenant en charge l’administration du Tombeau des Patriarches, Israël réactualise un droit d’aînesse biblique, mais ravive aussi les plaies d’un conflit territorial et religieux sans fin.

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