L'actrice israélienne Gal Gadot a participé au triomphe du sexisme dans le milieu du cinéma -vidéo-

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Gal Gadot l'héroïne du combat contre le sexisme du milieu du cinéma

Créée en 1941 par William Moulton Marston, féministe convaincu, la superhéroïne de la pop culture est un modèle d’émancipation. Incarnée par Gal Gadot dans Wonder Woman 1984, l'actrice juive et israélienne elle a dû attendre plusieurs décennies pour triompher du sexisme dans le milieu du cinéma et être enfin portée à l’écran. Tout un symbole !

Wonder Woman nous consolera-t-elle de l’humiliation subie par les femmes cinéastes aux derniers César, suite à l’attribution d’un César de la meilleure réalisation à Roman Polanski, toujours sous le coup d’une accusation de viol, au détriment des excellentes réalisatrices en lice pour cette distinction ?

La suite très attendue des aventures de Diana Prince, Wonder Woman 1984, met en scène la magnifique superhéroïne, portée par l’actrice israélienne Gal Gadot, et comme l’opus précédent, il est écrit et réalisé par une femme, Patty Jenkins.

Le premier Wonder Woman est historique, car si les films qui mettent les femmes à l’honneur sont plus nombreux depuis le début du siècle, c’est le premier blockbuster centré sur une superhéroïne. On oublie que Wonder Woman était sorti en 2017, l’année de l’affaire Weinstein et correspondait à un moment d’empowerment des femmes, qui enfin (croyaient-elles) pouvaient se faire entendre. Wonder Woman est le prototype de l’héroïne dans la culture populaire, le modèle pour toutes les autres. Sans elle, il n’y aurait pas eu Buffy (… contre les vampires ), Sydney Bristow dans Alias, Arya dans Game of Thrones .

La version féminine de Superman

Le personnage de Wonder Woman (ou de Diana Prince, son patronyme «humain») fut la toute première tentative de promouvoir le féminisme par la culture populaire.

Elle apparaît pour la première fois en décembre 1941 dans une bande dessinée signée par William Moulton Marston (1893-1947), diplômé de Harvard en psychologie, passionné de philosophie de pensée antique, et convaincu que les femmes (et les hommes) devaient pouvoir revendiquer toutes les qualités de l’être humain.

Mais il lui fallait le support où donner vie à sa superhéroïne : c’est dans les années 1930-1940 que les comics prennent leur essor, devenant culture populaire par excellence.

Et ce sont alors les créateurs juifs qui inventent des superhéros conçus pour lutter contre le nazisme, comme Batman (1939) et Superman (1940). Marston imagine la version féminine de Superman. Son ambition est d’influer sur les mœurs, de casser les préjugés sexistes et d’éduquer les filles et les garçons.

Wonder Woman est doublement subversive

Le réalisateur Joss Whedon dira exactement la même chose au démarrage de Buffy contre les vampire sen 1997. Wonder Woman et Buffy sont des personnages positifs, destinés à devenir des role models pour les deux sexes.

Dans Buffy contre les vampires, son ami Alex se demande toujours : «Que ferait Buffy à ma place ?». Il est en effet important que les super héroïnes deviennent des icônes pour les garçons aussi - et pas seulement des objets sexy.

Marston, le père de Wonder Woman, estimait que le meilleur moyen de combattre pour l’égalité, c’était de montrer une femme qui possède à la fois les qualités dites féminines et celles dites masculines. Wonder Woman/Diana Prince est pourvue d’un pouvoir extraordinaire mais veut aussi faire cesser la guerre.

Elle possède toutes ces qualités de l’ordre du care qu’on attribue généralement aux femmes, mais qui sont celles de l’humanité. Wonder Woman est doublement subversive, puisqu’elle s’oppose à deux stéréotypes : celui de la gentille fille en détresse et celui de la femme forte terrifiante. Et porte tout cet arrière-plan historique, et l’histoire même du féminisme.

On peut alors se demander pourquoi il a fallu attendre si longtemps pour voir portée sur grand écran une telle héroïne des comics, qui fait vraiment partir intégrante de la mythologie contemporaine. Mais toutes les tentatives pour monter un film consacré à cette héroïne ont buté sur le sexisme du milieu du cinéma. Il est encore rare de voir un film de superhéros centré sur une femme.

Les séries, des lieux d'émancipation

Les séries télévisées ont été précurseures en ce domaine comme en tant d’autres. Comme les comics, les séries ont été depuis la fin du siècle dernier des lieux d’expérimentation et d’émancipation de la pression masculine ou hétéronormée.

C’est par exemple dans Buffy contre les vampires et The L Word (série culte qui vient de faire son come-back) qu’on voit les premières relations lesbiennes à l’écran.

La nouvelle trilogie des Star Wars, avec l’apparition de Rey, la jeune héritière du pouvoir Jedi, ou le culte de la princesse Leia, a aussi fait bouger les choses ; et plus récemment, Captain Marvel avec Brie Larson a installé une femme en position dominante dans l’univers plutôt sexiste de Marvel.

Céline Sciamma, auteure du beau Portrait de la jeune fille en feu, évoque ainsi le choc du Wonder Woman en 2017 dans l’expérience des spectatrices, le pur plaisir de la vision de cette femme puissante et bagarreuse : «Penser à mon plaisir, à mes sœurs, à l’histoire du cinéma et à la représentation des femmes. Ça nous donne de la joie et aussi de la colère. Du style “Pourquoi je n’ai pas ça plus souvent ?” Désormais, ça arrive de plus en plus, car il y a une nouvelle écriture pour les femmes.»

Wonder Woman 1984, de Patty Jenkins, avec Gal Gadot, Chris Pine, Kristen Wiig… Sortie le 30 décembre.

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