Je bois mon café près du Bataclan et je viens faire mes courses à l'Hyper-Cacher

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Un an après l'Hyper Cacher, la vie continue !

"Je suis Yoav, Yohan, Phillipe et François-Michel", tous les quatre ont été tués par Amely Coulibaly, parce que Juifs, lors de l'attentat à l'hyper Cacher de Vincennes en Janvier 2015. Un an après, la communauté Juive se veut plus forte que jamais face aux menaces.   

Aujourd'hui, rien ne rappelle la tragédie à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Le supermarché a fait peau neuve , comme pour gommer le souvenir macabre de ce 9 janvier 2015. Réagencé avec des rayons plus larges et une façade,repeinte en blanc. Même le personnel a été renouvelé.

Cependant, dehors, derrière la porte coulissante, les images réapparaissent instantanément par la présence de la  patrouille militaire qui  assure toujours la sécurité de l'établissement, où le djihadiste Amédy Coulibaly a pris 28 personnes en otages et fait quatre morts, le 9 janvier 2015.

Après la douleur, après la crainte, le courage a repris. Si certains habitués hésitent désormais à franchir le seuil de l'Hyper Cacher, ou d'autres attendront une année, le temps du deuil dans le judaïsme, malgré tout, la vie communautaire juive a repris son cours.

Un an après l'attaque, les habitués témoignent d'une volonté de "reprendre le cours de sa

Une année s’est déjà écoulée depuis l’attaque de l’Hyper Cacher à Paris, et ces photos, et visages restent gravés à jamais dans nos mémoires.

Une année s’est déjà écoulée depuis l’attaque de l’Hyper Cacher à Paris, et ces photos, et visages restent gravés à jamais dans nos mémoires.

vie". "Il m'a fallu six mois pour commencer à revenir", raconte Samuel, 24 ans. "Il y a eu une vraie rupture, maintenant on sait qu'on peut se faire tuer en allant faire ses courses, en marchant dans la rue." "On réfléchit avant de venir, mais quand on voit la sécurité déployée, on se sent plus ou moins protégé", estime Déborah, 29 ans.

« Quand on les voit avec leurs mitraillettes, forcément, on y pense. Ça fait quelque chose », avoue Emmanuel.  Pas question pour lui de changer ses habitudes parce que des « décérébrés l’ont décidé. » pareil pour Mazal, voisine de l’Hyper Cacher, qui n’oubliera jamais la « journée de siège, les sirènes. Et l’image de la vitrine, avec tous ces impacts… Mais on est là. On continue de faire nos courses parce qu’on continue de vivre tout simplement. »

Allant même jusqu'à faire un acte militant pour ceux  qui viennent d’un peu plus loin, faire ses courses à l’Hyper Cacher Henri, résident du 8e, effectue ainsi le trajet deux fois par semaine pour remplir ses cabas. En ce vendredi matin, veille de shabbat, il veut montrer « qu’il n’a pas peur, même si le climat se dégrade. » « Je bois mon café près du Bataclan et je viens faire mes courses ici. »

Depuis la tragédie, beaucoup de juifs ont réalisé leur Alya (départ pour Israël). Sandrine y a pensé, mais n'a finalement pas franchi le pas.

« Mon cousin est parti mais nous, on ne peut pas avec les enfants et au final, l’insécurité est la même ici qu’ailleurs. »  souligne Emmanuel,  informaticien , se sentant: « Je dirais que je suis juif - français ».

Une chanson "hommage aux victimes" fait actuellement le tour des réseaux sociaux, se voulant positive et moderne. Ecrite et chantée en trois langues, hébreu, anglais, et bien évidemment en français. Ce clip est unique et nouveau dans son genre. Chaque chanteur se filme en mode « selfie » avec son smartphone pour obtenir un résultat surprenant et plein d'énergie. C’est le premier clip selfie de musique juive.

Shai Barak, l’un des musiciens et arrangeur des plus renommés en Israël, a décidé d’utiliser le slogan « Je Suis Juif », étant devenu le slogan principal de cette attaque à travers le monde et en France, pour créer un clip musical.Il réunit alors les artistes les plus populaires de la musique juive du monde entier :

https://www.youtube.com/watch?v=2kNKkR65Ie0

Pour la sécurité de la communauté Juive, des soldats assurent leur protection devant plus de 700 synagogues, écoles juives, centres communautaires.

Le nombre d'actes antisémites interpelle. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a toutefois laissé entendre qu'il y avait eu, sur toute l'année 2015, moins d'actes antisémites qu'en 2014, se félicitant ,  la "fermeté commence à payer".

La France en 2015 à vécu, sa  deuxième année consécutive de record de départs pour Israël avec près de 7.900 personnes.

Nathalie ZADOK

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