Le procureur général d'Israël refuse d'annuler la Gay Pride de Jérusalem, malgré les risques de violences

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Le procureur général d'Israël refuse d'annuler la Gay Pride de Jérusalem, malgré les risques de violences

JERUSALEM - Le procureur général d'Israël a refusé d'interdire la Gay Pride de Jérusalem malgré les menaces de répressions violentes formulées par des organisations juives ultra-orthodoxes, et demandé à la police et aux défenseurs de la cause homosexuelle de réfléchir ensemble à un compromis, a annoncé dimanche la police.

Le commandant en chef de la police de Jérusalem, Ilan Franco, a expliqué que le procureur général Meni Mazuz lui avait demandé de "se rapprocher à nouveau des militants homosexuels". Meni Mazuz a déclaré qu'il n'était pas en mesure d'interdire légalement le défilé en raison de menaces de violences, malgré les avertissements de la police.

Des Juifs ultra-orthodoxes ont manifesté à Jérusalem presque tous les soirs la semaine dernière, brûlant des poubelles, bloquant des routes et attaquant des policiers, dans l'espoir d'obtenir l'annulation de la marche, qui doit avoir lieu vendredi avec l'approbation de la Cour Suprême. Au moins six policiers ont été blessés dans la semaine, et une soixantaine de personnes arrêtées.

L'année dernière, un juif ultra-orthodoxe avait poignardé trois participants à la marche.

De nombreux religieux juifs, chrétiens ou musulmans considèrent l'homosexualité comme un péché, et voient en la parade de vendredi un affront au caractère sacré de la ville sainte. "Cette marche est une agression contre les valeurs juives traditionnelles et contre la sainteté de Jérusalem", s'est ainsi insurgée Mina Fenton, membre orthodoxe du conseil municipal de Jérusalem qui mène l'opposition au défilé.

Dimanche, la police a estimé que le risque de violences était trop grand pour autoriser la Gay Pride, mais a confié la décision finale au procureur général. "Nous comprenons qu'un bain de sang possible est plus dangereux pour la vie que pour la liberté de parole", a commenté le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

Ella Canetti, membre de l'organisation de la marche, a expliqué que les organisateurs rencontrerait la police lundi, et étaient prêts à faire des concessions. "Nous sommes prêts à modifier le parcours de la marche en raison des inquiétudes de la police", a-t-elle affirmé. La police devrait proposer que le rassemblement ait lieu dans un parc, plutôt qu'à travers la ville.

D'autres militants se sont montrés plus proches des préoccupations des services de sécurité. Saar Nathaniel, homosexuel membre du conseil municipal de Jérusalem, a suggéré dimanche que la marche soit annulée, en échange du soutien par les parlementaires ultra-orthodoxes à une loi sur les droits des homosexuels. Un éditorialiste homosexuel du journal Haaretz a quant à lui proposé que la manifestation soit déplacée à Tel-Aviv.

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