L'internationalisation de Jérusalem

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L'Europe sans parure
par Paul Giniewski

Eclaboussée par le scandale de la Commission de Bruxelles, l'Europe s'est tout récemment encore davantage disqualifiée.
Dans leur arrogante prise de position sur Jérusalem, les Quinze ne reconnaissent pas la souveraineté d'Israël sur sa capitale. Jérusalem serait un " Corps séparé " et, selon une résolution des Nations unies remontant à cinquante ans, aurait un statut international sous l'égide de l'ONU.
Tout d'abord, la résurrection de cette position ancienne et depuis longtemps caduque est une absurdité.
En 1949, l'ONU avait adopté une résolution soutenant l'internationalisation de la ville, pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être, du plan de partage avorté de 1947, que les Etats arabes avaient annulé de facto par leur guerre d'agression contre l'Etat juif nouveau-né.
En 1949 déjà, le " corpus separatum " était sans rapport avec la réalité, aussi, Israël et la Jordanie ( qui tenait la moitié de la ville), les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et dix autre pays s'étaient-ils opposés à la résolution onusienne.
En 1999 le retour à cette chimère morte, non plus par le " machin " qu'avait stigmatisé le général de Gaulle, mais par les gouvernements de quinze Etats européens est un signe à la fois d'immaturité et de décadence, voire de fanatisme anti-israélien, indigne de gouvernements des pays de l'Euroland.

- Paris, capitale de la France ?

Qui a donné le droit à ces pays de se mêler de la souveraineté d'Israël sur son territoire ?
Imagine-t-on le gouvernement de Jérusalem affirmant que Paris n'est pas la capitale de la France ?
Que diraient les Français si les Israéliens, si quelques Israéliens déséquilibrés exprimaient cette prétention outrée ?
Même les Palestiniens, qui revendique une partie de Jérusalem pour eux, ne contestent pas le statut d' Israël dans le reste de capitale. Aussi, Israël et les Palestinienns ont-ils convenu que le sort de Jérusalem serait réglé lors de leur négociation sur le statut définitif de l'autonomie palestinienne.
Même le Saint-Siège, qui soutenait, il y a cinquante ans, l'idée l'internationalisation, a abandonné cette position depuis longtemps et n'a plus pour objectif que de jouer un rôle dans un statut garanti des grandes religions dans la ville où se trouvent quelques-uns de leurs lieux saints et sanctuaires.

- Mais quel calcul l'Europe des Quinze faisait-elle en agissant ainsi ?

Les quinze ont-ils voulu intervenir dans la campagne électorale israélienne, provoquer Israël, susciter sa réaction au camouflet, faire ressortir "  l'intransigeance " du gouvernement Netanyahou dans la question de Jérusalem ? Si c'était là le calcul, les Européens se sont doublement trompés. Ariel Sharon, le ministre israélien des Affaires étrangères a effectivement et vertement stigmatisé l'intervention européenne. Mais le chef de la gauche israélienne, Ehud Barak, en a fait autant. Il a exprimé sa " préoccupation et son désappointement " et réaffirmé "  le large consensus national, que cela plaise aux Européens ou non, sur le fait que Jérusalem est notre capitale unifiée, souveraine et à jamais ". L'absurde intervention de l'Europe a renforcé, non affaibli la cohésion nationale et sans faille d'Israël, et déconsidéré l'Europe encore davantage aux yeux de la totalité de ses citoyens juifs.

- Les véritables ennemis d'Israël

De cette affaire, on peut tirer d,autres conclusions encore. L'administration de l'Europe a fait la preuve de son impéritinence. Israël a des ennemis dangereux. Peut-être les plus dangereux sévissent-il en Europe, non au Moyen-Orient ?
Car il reste à établir qui a été la locomotive européenne dans la résurrection d'une Jérusalem internationalisée. Si l,on peut établir l'identité de cette locomotive, Israël serait bien inspiré de rompre avec elle, ou, mieux encore, de réagir avec humour en faisant savoir qu'il y a lieu d'internationaliser la capitale de ce pays.
 
Une autre conclusion encore à tirer de cette affaire, vérifie une " loi " de l'histoire : l'attitude d'un homme politique, d'un Etat envers les Juifs est une pierre de touche et donne la mesure de leur niveau éthique. Le scandale de la Commission de Bruxelles a montré l'Europe à nu. La déclaration sur Jérusalem la dévoile si l'on peut dire, encore plus nue. Sous ses vêtements, débarrassée de ses parures pompeuses, l'Europe, telle qu'elle est aujourd'hui, n'est pas belle à voir

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