L'ex-président américain Jimmy Carter veut rencontrer le Hamas malgré les pressions

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JERUSALEM,le 14/04/08 - L'ex-président américain Jimmy Carter, arrivé dimanche en Israël pour une tournée au Proche-Orient, a défendu son projet de rencontrer un responsable du mouvement islamiste palestinien Hamas, malgré les appels insistants du département d'Etat américain et d'Israël à y renoncer.

"Il est très important que quelqu'un rencontre les dirigeants du Hamas pour exprimer ses vues, pour jauger s'ils peuvent faire preuve de souplesse, pour tenter de les convaincre de cesser toute attaque contre des civils innocents en Israël et de coopérer avec le Fatah en tant que groupe qui unit les Palestiniens", a déclaré M. Carter, selon la retranscription d'un entretien donné à la chaîne de télévision ABC.

"Je n'y vais pas en tant que médiateur ou comme négociateur", a expliqué le prix Nobel de la paix. "Mon engagement est de soutenir pleinement l'effort de paix qui est soutenu et endossé par le président Bush et la secrétaire (d'Etat) Condoleezza Rice, ainsi que par les Israéliens et les Palestiniens", a ajouté l'ancien président démocrate, âgé de 83 ans.

M. Carter est arrivé en Israël dimanche juste avant une rencontre avec le président israélien Shimon Peres, alors que les critiques se multiplient contre son projet de rencontre, évoqué dès la semaine dernière par les médias, avec le chef du Hamas Khaled Mechaal à Damas.

"Une telle rencontre serait d'autant plus honteuse que Jimmy Carter incarne la paix", a affirmé dimanche à la radio militaire israélienne un haut responsable du ministère de la Défense Amos Gilad.

"Rencontrer des dirigeants du Hamas revient à soutenir ce mouvement sans que les conditions minimales fixées par la communauté internationale pour engager un tel dialogue soient remplies à savoir une reconnaissance d'Israël et des accords conclus dans le passé avec les Palestiniens", a poursuivi ce haut responsable.

"L'objectif stratégique du Hamas qui est de détruire l'Etat d'Israël n'a pas changé", a ajouté Amos Gilad, un général de réserve.

"Carter va visiter des endroits avec lesquels nous ne souhaitons pas être associés", a indiqué à l'AFP un haut responsable gouvernemental, expliquant pourquoi il ne rencontrait pas le Premier ministre Ehud Olmert. M. Carter "n'a jamais demandé officiellement à rencontrer Olmert", a-t-on ajouté de même source.

Le projet de M. Carter de rencontrer des responsables du Hamas a également été dénoncé aux Etats-Unis.

Condoleezza Rice avait déclaré vendredi ne pas voir l'intérêt d'une rencontre entre Jimmy Carter et le Hamas.

"J'ai du mal à comprendre ce qu'il y a à gagner à discuter de la paix avec le Hamas, alors que le Hamas est en fait le principal obstacle à la paix", a déclaré la chef de la diplomatie américaine.

M. Carter a rappelé qu'il avait rencontré le Hamas à de nombreuses reprises et pour la dernière fois juste après les élections de janvier 2006.

Selon lui, les responsables du Hamas lui avaient alors indiqué pouvoir faire preuve "d'une certaine souplesse".

"J'ai l'intention de découvrir si c'est toujours ce qu'ils pensent", a-t-il dit.

Lors de sa première journée en Israël, M. Carter doit également rencontrer les parents de Gilad Shalit, un soldat franco-israélien enlevé en juin 2006 et détenu dans la bande de Gaza.

La "mission d'étude" de l'ancien président au Proche-Orient du 13 au 21 avril, outre Israël, le mènera en Cisjordanie, Egypte, Syrie, Arabie Saoudite et Jordanie.

Prix Nobel de la Paix en 2002, Jimmy Carter a publié l'an dernier un livre ayant provoqué une polémique aux Etats-Unis, "Palestine: la paix, pas l'apartheid".

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