Israël : un Premier ministre au-dessus des lois juives

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Après avoir découvert que Benyamin Netanyahou avait fait travailler des employés pendant Chabbat, le jour du repos dans le judaïsme et que depuis deux ans, ce sont de nombreuses règles fondamentales qu'il a enfreintes, la plupart des israéliens se demandent si cela est normal que le leader désigné pour gouverner l'État juif ne respecte pas la religion du pays?

Quel fondement est le plus important pour l'État d'Israël: le judaïsme ou le sionisme?

C'est la raison posée à Yehuda Glick, activiste politique et rabbin israélien militant pour le droit des Juifs à prier sur le Mont du Temple, 33eme membre de la liste du parti "Likoud" du gouvernement Netanyahou, lors d'une émission télévisée sur la chaîne 10 israélienne.

Question à laquelle il a refusé de répondre.

C'est une fois les micros éteints et hors caméras qu'il a déclaré: "Il n'y a pas de judaïsme sans sionisme. Cela n'existe pas le judaïsme sans sionisme. Le judaïsme sans sionisme ne vaut rien."

Paroles contredites par le leader spirituel du Parti juif orthodoxe Shass qui avait déclaré que l'hymne national "Atikva" est un chant "stupide". (Voir article du 23.02.2015)

On remarque cependant que les dires de Glick ne sont pas en accord avec le dirigeant qu'il soutient, puisqu'en dehors du fait que récemment tous les yeux étaient rivés sur le rapport du contrôleur de l'État quant aux dépenses exagérées du couple ministériel, Benyamin Netanyahou a fait travailler des employés le samedi, le jour du chabbat, ainsi qu'à Yom Kippour, l'un des jours le plus sacré de la religion juive.

Beaucoup de témoignages fiables ont été reçus, et pas de la part d'ennemis du Premier ministre, bien au contraire, uniquement des partisans du "Likoud", qui même en essayant de le protéger, ont affirmé que l'homme politique est habitué à travailler toute la semaine, peu importe que ce soit le samedi (Chabbat) ou jours de fête.

"C'est le personnage, c'est sa manière de travailler" a déclaré son ancien conseiller Aviv Bushinsky qui raconte qu'il avait l'habitude de parler travaille avec Netanyahou tous les samedis matin.

D'autres racontent que Benyamin Netanyahou avait appelé son conseiller politique, aujourd'hui ambassadeur israélien aux États-Unis, Ron Dermer, pour lui demander de se présenter à son domicile afin de l'aider à coécrire son discours le jour de Kippour.

Dermer lui avait alors rétorqué: "mais c'est Yom Kippour!"

Et Netanyahou lui avait répondu avec quiétude: "j'avais oublié!"

Dermer, juif pratiquant, a été contraint de se rendre au domicile du Premier ministre à pied (puisque l'usage de la voiture est interdite). Geste qu'il avait déjà été obligé de faire pendant plusieurs Chabbat.

Il est vrai que Netanyahou ainsi que certains de ses prédécesseurs n'étaient pas des juifs pratiquants ou traditionalistes mais la différence entre lui et les autres est clair: si on ignore si les anciens premiers ministre du gouvernement israélien ont pu faire travailler des employés les jours de fêtes juives, Netanyahou n'a pas renoncé à le faire alors qu'il n'y avait aucune obligation de venir pour des raisons de vie ou de mort.

Rappelons que la religion juive autorise de rompre les lois du chabbat pour des raisons urgentes de vie ou de mort.

Selon Benyamin Rebinovicz ,  Netanyahou est pourtant familier avec la Torah  et  il devrait savoir que la Bible du peuple juif n'est pas qu'un livre d'histoire, à la manière dont il se soucie des événements. C'est un livre composé de lois et d'actions.Si Netanyahou demande à Abbou Mazen, le leader de l'Autorité palestinienne, de reconnaître l'État d'Israël comme l'État juif pourquoi il ne respecte pas ce fondement?

Pour Theodor Herzl, l'État des Juifs est un État pour les Juifs : « les Juifs qui le veulent auront leur État ». Il rejette absolument l'idée de théocratie : « Finirons-nous par avoir une théocratie ? Non, vraiment.

La foi nous unit, la science nous donne la liberté. [...] Nous garderons nos prêtres dans l'enceinte de leurs temples de même que nous garderons notre armée professionnelle dans l'enceinte de ses casernes. »

Le caractère juif de l'État d'Israël est fondé sur deux types de lois : le droit de tout Juif à s'établir en Israël (loi du Retour) et l'adoption, par l'État d'Israël, de lois permettant le respect des prescriptions religieuses.

Ainsi, le Dictionnaire encyclopédique du judaïsme définit le caractère juif de l'État d'Israël : « On promulgua des lois qui garantissaient le respect des lois alimentaires, l'observance du chabbat et des fêtes religieuses dans tous les secteurs de la vie publique.

Le jour du chabbat et les jours de fête, le travail ne peut continuer que dans les usines, les industries et les services qui touchent à la santé et à la sécurité.

Les tribunaux rabbiniques exercent une juridiction exclusive dans le domaine du statut personnel des individus, mariage et divorce étant réglés par la Halakha pour la population juive.

Du point de vue civile et religieux, et par rapport à la loi du retour, on définit par principe mais de manière équivoque le statut de Juif en se référant à la Halakha : est donc juif toute personne née de mère juive ou convertie au judaïsme.

Un système d'éducation religieuse reconnue par l'étatisme et régi par les règles de l'orthodoxie cohabite avec le système scolaire national.

Source Walla; Israel Hayom; Haaretz;Ynet

Traduit par Yaelle Krief


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