Israël: torture en blouse blanche dans l’unité psychiatrique de l’hôpital Sheba

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Une patiente du service psychiatrique du Centre médical Sheba à Tel Hashomer a été isolée et laissée attachée mains et pieds pendant 24 jours.

La patiente, "Noa", âgée de 28 ans, attachée pendant une durée de 24 jours, a été contrainte de porter des couches et n’était lavée que tous les deux jours. En outre, le personnel médical et infirmier a empêché la plupart des membres de sa famille de lui rendre visiter et a refusé de lui permettre de recevoir des sucreries. La plupart du temps, il lui était interdit de fumer (sans qu’aucun traitement de sevrage de la nicotine ne lui soit fourni). Ce traitement contrevient à la loi sur le traitement de la maladie mentale et à la loi sur les droits des patients.

On a également constaté que la plupart des instructions de contrainte ont été renouvelées toutes les 4 heures par des internes et des stagiaires sans l'implication des médecins titulaires comme l'exige la loi. Son état mental et son comportement ne nécessitaient pas une immobilisation, cependant les médecins ont continué de la prescrire. Tout cela s'est produit dans le plus grand et le plus important hôpital public d'Israël.

Voici ce qui ressort des conclusions d'un comité d'enquête qui a prospecté en 2016 sur la plainte de la patiente et de sa famille. Ses conclusions ont été soumises hier à cette dernière. Le rapport, révélé ici pour la première fois, apporte des résultats choquants et horrifiants, sur des faits sombres jamais découverts dans le système psychiatrique israélien, sur directeurs du service psychiatrique de Sheba et les responsables du département de santé mentale au ministère de la Santé.

L'hôpital Sheba à Tel Hashomer

L'hôpital Sheba à Tel Hashomer

Le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar-Siman-Tov, a également ordonné la création d'un comité spécial au ministère de la Santé et a recommandé d'interdire l'attachement et l'isolement des patients dans les hôpitaux psychiatriques.

Selon le rapport du comité, on sait que la patiente était mentalement atteinte avec des incidents de violence et d'agression sévères, et qu’elle avait déjà été hospitalisée à plusieurs reprises dans des établissements psychiatriques, notant que le traitement médical qu'elle  recevait dans le service était «approprié, acceptable, prudent et minutieux».  Le 1er mai 2016, lors de son hospitalisation dans le service de Sheba, un incident très grave s'était produit lors duquel elle avait frappé une infirmière et l’avait blessée.

C’est la raison pour laquelle elle avait été attachée. Cependant, la loi stipule qu’un patient peut être immobilisé pendant quatre heures consécutives, mais pas plus.

Poursuivre cet isolement pendant 24 jours est innommable, immoral et impardonnable. En réalité, il s’agit tout simplement de torture sous couvert de blouse blanche.

Tout cela s'est passé au centre médical de Sheba à Tel Hashomer, l'hôpital le plus grand et le plus central d'Israël, qui reçoit toujours les dons les plus importants et où les chefs d'État souhaitent être soignés pendant leur maladie, dans un cercle étincelant d'amis et dans les innovations médicales les plus avancées.

Cependant, cette affaire a révélé que, même dans l'hôpital Sheba, il y a une arrière-cour sale et négligée qui a causé l'un des cas les plus horribles de l'histoire de la psychiatrie en Israël. L'administration hospitalière a refusé de supplier le directeur du département d'allouer et de financer davantage d’infirmiers capables de traiter les patients psychiatriques sérieux.

L’hopital a déclaré en réponse qu’il s’agissait d’un cas exceptionnel, diagnostiqué comme étant dans une situation psychotique dangereuse avec un danger réel. « Depuis l'incident, de nombreuses leçons ont été apprises à tous les niveaux. Deux nouvelles salles d'isolement adaptées aux situations de violence ont été crées, sans plus avoir à attacher le patient", a-t-il déclaré.

Source : Israel HaYom

Copyright: Alliance

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Vos réactions

  1. madeleinelegoan4@gmail.com'madeleine

    Agée de 70 ans, j’ai été soignée récemment pour calculs rénaux dans un hôpital de Holon. Je peux témoigner de la méchanceté et la brutalité de la plupart des matrones russes qui y exercent le métier d’infirmière. Issues d’ex-pays d’URSS aux mentalités très arriérées, elles ne connaissent pas la compassion ni la gentillesse. Les chambres comportent 3 ou 4 lits séparés par des rideaux coulissants en tissu. Alors que je me trouvais sur le lit qui m’avait été attribué, le plus éloigné de la fenêtre, dans l’endroit le plus sombre de la pièce, et souffrant depuis toujours de claustrophobie, j’ai donc décidé de changer de place et me suis approprié le lit vide à proximité de la fenêtre. Mal m’en a pris, j’ai reçu un flot de reproches qui se sont terminés par ces mots (dits en anglais approximatif car je ne comprends pas la langue du pays, l’hébreu) : « ici c’est moi qui commande, et vous n’avez rien à dire ! ». Une heure après j’ai dû changer de chambre, celle située entre deux WC dont les portes étaient constamment grandes ouvertes, au mépris de l’hygiène la plus élémentaire, on m’a attribué le lit le plus éloigné de la fenêtre, dans l’endroit le plus sombre. Personne n’a répondu à mon questionnement au sujet du changement de chambre et de lit. Quant à la suite de mon séjour, elle s’est déroulée dans la brutalité des gestes de soins, tel le retrait brutal et forcé d’un drain enfoncé dans le canal de l’urètre relié à la vessie.

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