Israël : Menace nucléaire iranienne, violences haredim et tensions régionales

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Israël : Menace nucléaire iranienne, violences haredim et tensions régionales

Iran nucléaire, émeutes à Bnei Brak, accusations saoudiennes : Israël face à une triple ligne de fracture stratégique

Steinitz : « Une bombe nucléaire iranienne est pire que 10 000 missiles »

Alors que des négociations sensibles entre Washington et Téhéran se tiennent à Genève, Yuval Steinitz, président de Rafael Advanced Defense Systems, a lancé un avertissement d’une rare gravité : Israël ne peut se contenter de surveiller l’Iran. Il doit également garder un œil attentif sur la Turquie et l’Égypte en cas d’échec des pourparlers.

Dans un entretien accordé à Ynetnews, Steinitz a été catégorique. Pour lui, la menace nucléaire dépasse de loin celle des arsenaux balistiques. « Je préférerais faire face à 10 000 missiles balistiques plutôt qu’à une seule bombe nucléaire », a-t-il déclaré, soulignant qu’une arme atomique changerait radicalement l’équation stratégique régionale.

L’ancien ministre de l’Énergie et des Affaires stratégiques, qui a longtemps piloté le dossier iranien au sein des cabinets israéliens, insiste : l’échec des négociations américano-iraniennes pourrait déclencher une course régionale à l’arme atomique. L’Égypte et la Turquie, puissances régionales, pourraient alors être tentées d’accélérer des programmes sensibles.

Steinitz rappelle néanmoins que la défense israélienne repose sur une architecture multicouche éprouvée – du Dôme de fer à Arrow – capable d’intercepter des menaces aériennes variées. Mais il reconnaît que « la préparation est solide sans être parfaite », et qu’« l’inaction n’est pas une option ». Il anticipe aussi une implication accrue des États-Unis dans tout conflit majeur futur, notamment via leurs bases et porte-avions déployés dans la région.

Il évoque enfin les surprises tactiques observées à Gaza, où l’usage massif de drones par le Hamas a obligé Israël à ajuster rapidement ses systèmes défensifs.

Bnei Brak : des soldates traquées, l’État sommé de restaurer l’autorité

À Bnei Brak, bastion ultra-orthodoxe, deux soldates de Tsahal engagées dans une mission d’aide sociale ont été prises à partie par des centaines d’émeutiers haredim. Une rumeur propagée via la hotline dite « Black Color » affirmait que la police militaire distribuait des ordres de conscription.

La situation a dégénéré en quelques minutes. Selon Ynetnews, la foule a encerclé les militaires, renversé des poubelles, retourné un véhicule de patrouille et incendié une moto. Les forces de police ont dû intervenir pour exfiltrer les soldates au milieu d’affrontements violents.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné les violences, affirmant qu’elles « ne représentent pas la société haredi » et promettant d’empêcher toute dérive anarchique. L’ancien chef du gouvernement Naftali Bennett a parlé d’« anarchie » et de « ligne rouge franchie ».

Les chefs de l’opposition, dont Gadi Eisenkot, Benny Gantz et Avigdor Liberman, ont dénoncé les troubles. Liberman a évoqué une « honte nationale » et appelé à des poursuites exemplaires.

Au sein même de la coalition, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a qualifié les actes de criminels, tout en soulignant qu’ils émanaient d’une minorité extrémiste.

Le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, a exigé une application rigoureuse de la loi face à ce qu’il a décrit comme une attaque intolérable contre des soldats en uniforme.

L’épisode révèle une fracture persistante autour de la question de la conscription des ultra-orthodoxes, alors que l’armée mobilise massivement depuis le 7 octobre.

À Munich, un prince saoudien ravive le spectre du « Grand Israël »

À la Conférence de sécurité de Munich, le prince saoudien Turki al-Faisal, ancien chef du renseignement et ex-ambassadeur à Washington et Londres, a accusé Israël de poursuivre une ambition expansionniste « du Nil à l’Euphrate ».

Dans des propos rapportés par Israel Hayom, il a comparé cette vision supposée à l’idéologie régionale de l’Iran. Il a accusé Israël de violer le cessez-le-feu à Gaza et d’être responsable de morts palestiniennes quotidiennes, tout en estimant que le Hamas, « presque détruit », ne saurait servir d’argument justificatif.

Al-Faisal a plaidé pour une diplomatie active au moment où les tensions entre Washington et Téhéran restent vives. Il a mis en doute la légitimité d’initiatives américaines à Gaza sans aval explicite de l’ONU, estimant que ni l’OTAN, ni la Ligue arabe, ni des actions unilatérales ne suffiraient à stabiliser durablement la région.

Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte régional mouvant, marqué par la rivalité entre grandes puissances – États-Unis, Chine, Russie, Europe – et par l’incertitude entourant l’évolution interne du régime iranien après les vagues de manifestations.

Umm al-Khair : une inculpation rarissime dans un climat d’impunité

Le parquet israélien a décidé d’inculper Yinon Levi, colon filmé en juillet dernier tirant et tuant Ouda Hadalin dans le village d’Umm al-Khair, en Judée-Samarie Il sera poursuivi pour homicide par imprudence, une infraction passible de 12 ans de prison.

Selon Haaretz, Levi avait été libéré en assignation à résidence dès le lendemain des faits. L’inculpation demeure exceptionnelle. Un rapport récent de l’ONG « Yesh Din » indique que 93,6 % des enquêtes relatives à des violences contre des Palestiniens se concluent sans mise en accusation.

L’avocat de la famille Hadalin a salué une décision « positive », tout en dénonçant une application de la loi « presque inexistante » en Judée-Samarie

Cette affaire met en lumière une tension structurelle : celle d’un État confronté à des défis sécuritaires majeurs, mais sommé, en parallèle, de préserver l’État de droit jusque dans les zones les plus inflammables.

Israël se retrouve ainsi à la croisée de trois lignes de fracture : stratégique face à l’Iran et à l’éventuelle prolifération régionale ; interne, avec la question explosive de la conscription haredi ; diplomatique enfin, face à des accusations arabes renouvelées et à une pression internationale persistante.

Dans ce contexte, la vigilance militaire ne suffit plus. C’est la cohésion nationale et la crédibilité juridique qui deviennent des enjeux de sécurité à part entière.

 

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