Israël : L’enfant que je n’ai pas ramené chez moi - confession d’une mère

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Israël : L’enfant que je n’ai pas ramené chez moi - confession d’une mère

L’enfant laissé à l’hôpital et la femme qui a refusé de couper le fil

La naissance, la peur et l’abandon qui n’en fut jamais vraiment un

Quand son bébé est né avec une maladie rare provoquant des déformations du visage,
Efrat Cohen a senti qu’elle n’aurait pas la force d’y faire face.
Elle a quitté l’hôpital en laissant son fils derrière elle, persuadée de ne pas pouvoir lui offrir ce dont il avait besoin. L’enfant fut confié à Bat Sheva, une sage-femme, mère de huit enfants, devenue sa famille d’accueil.
Cette femme veilla pendant des années à préserver le lien entre l’enfant et sa mère biologique, malgré la distance, malgré la douleur. Aujourd’hui, Efrat raconte dans un entretien à un magazine féminin ce long chemin, cette blessure ouverte et pourtant habitée d’amour.

La mère biologique face à l’enfant devenu lumière

« ont me demandent comment, toutes ces années, je n’ai pas choisi de reprendre Malakhi, puisque j’en avais toujours la possibilité. Ma réponse tient à la différence entre celle que je suis aujourd’hui et la jeune fille de vingt-cinq ans qui l’a mis au monde. L’Efrat d’aujourd’hui n’aurait jamais fait cela. Elle l’aurait pris et aurait affronté les conséquences. L’âge et les expériences donnent un autre regard sur soi. Si je n’ai jamais choisi de le ramener à la maison, c’est grâce au foyer extraordinaire que Bat Sheva et Shlomo lui ont offert. »

Elle se souvient de ces visites où elle retrouvait un enfant heureux, malgré les opérations, malgré la douleur.

« Quand je venais et que je voyais un enfant si épanoui, même après des chirurgies terriblement éprouvantes, j’ai compris que je n’avais pas le droit de le priver de ce bonheur. J’ai vu l’entourage aimant qui l’accompagnait, et je me suis dit que moi, mon propre enfer, je l’avais déjà traversé. Pourquoi devrais-je lui infliger une souffrance alors qu’il est dans un lieu si bon, seulement pour apaiser ma conscience ? Je remercie chaque jour, car il a reçu l’endroit le plus juste qu’il pouvait recevoir. »

La mère d’accueil, celle qui a compris qu’un enfant ne se construit pas dans l’effacement

Bat Sheva raconte à son tour ces années d’attention, de vigilance, et d’amour donné sans calcul.

« C’était évident pour moi que derrière cet enfant, il y avait une mère brisée qui souffrait de l’absence. On ne met pas au monde un bébé pour partir ensuite, c’est contre la nature. Je savais aussi qu’elle serait soulagée de savoir qu’il était entouré et heureux.
Dans notre manière de penser, la mienne et celle de mon mari Shlomo, nous savions que pour que son âme soit entière, il devait connaître ses parents. Et nous savions que si nous les aimions, lui aussi les aimerait. »

Dans cette maison où l’on a décidé de ne jamais effacer la mère biologique, l’enfant a grandi entre deux femmes qui ont compris, chacune à leur manière, qu’aimer un enfant demande parfois de renoncer à une part de soi.

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