Que fait l'Etat d’Israël pour les familles nécessiteuses ?

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Comme chaque année, des centaines de milliers de familles israéliennes nécessiteuses recevront des colis alimentaires de la part d’organisations d'aide privées afin de pouvoir célébrer correctement Rosh Hashanah.

"J'ai expliqué à l'agent de protection sociale que nous entrions dans la période des fêtes sans rien. Nous n'avons rien. Le réfrigérateur contient seulement une bouteille d'eau, et nous ne savons pas comment nous allons célébrer les fêtes. Je lui ai demandé un congé pour aller travailler, ce à quoi elle m’a rétorqué : "Vous n’avez qu’à déserter", explique Yuval (nom d’emprunt), un soldat de Tsahal qui vient d'une famille de huit enfants. Il a récemment réintégré son unité après une désertion de deux semaines, durant laquelle il a aidé sa famille en prévision des grandes fêtes.

"La situation a commencé à se détériorer il y a plusieurs années, lorsque le magasin de vêtements de mes parents a rencontré des problèmes, pour ensuite faire faillite. Avant cela, nous nous débrouillions", raconte Yuval.

"Nos dettes ont enflé en raison des taux d'intérêt et des chèques refusés. A cause de cette situation, mon père est tombé malade, a subi des accidents vasculaires cérébraux et est décédé. Ma mère a également souffert de graves problèmes de santé, elle ne pouvait plus marcher. Notre facture d'électricité est élevée parce qu'elle a besoin d'un équipement spécial. Elle vivait de la collecte de bouteilles (déposées en consigne), mais elle s'est récemment fait voler son scooter électrique. Elle reçoit une allocation de 2 200 NIS dollars et est censée diriger la maison avec ça. Elle a deux fils soldats au service du pays".

"Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai acheté des vêtements", ajoute Yuval. "Seulement à partir de magasins de charité de seconde et de troisième main. Sans parler d'autres choses dont je n'ose même pas rêver."

Au cours de ses deux semaines de désertion, Yuval a essayé d'aider sa famille. «J'ai travaillé dans le transport routier, j’ai fait serveur, tout ce que j'ai pu trouver. Mais finalement, je ne pense pas pouvoir modifier la situation".

La famille de Yuval sera l'une des 15 000 familles à recevoir des colis alimentaires pour Rosh Hashanah d'une valeur de 7,7 millions de NIS provenant de l'organisation Chasdei Naomi. L'ONG, fondée il y a plus de 30 ans, distribue ses colis dans quatre principaux centres de distribution - Bnei Brak, Jérusalem, Tel Aviv et Bat Yam - et dans 33 endroits supplémentaires à travers le pays depuis Be'er Sheva au sud jusqu'à Acco et Nahariya au nord.

Le soldat Yuval

Le soldat Yuval

En outre, Naomi's Heart, l’organisation soeur de Chasdei Naomi, aidera les personnes nécessiteuses qui sont malades, leurs volontaires se rendront directement chez eux pour livrer les colis alimentaires.

Le colis de Chasdei Naomi comprendra de l'huile, des bouteilles de jus de raisins, de la farine, du sucre, des olives, des cornichons, du concentré de tomate, des petits pois, du maïs, de l'ananas en conserve, du chocolat, du riz, du thon, des dattes, des gâteaux au miel, du miel, des flocons de maïs et des chips. Certaines personnes recevront aussi du poulet.

Dolly, de Bat Yam, est âgée de 46 ans. Cette mère de six enfants est atteinte d’un cancer. Elle reçoit l'aide de l'ONG depuis 20 ans.

Elle explique que c'est seulement grâce à l'aide de l'ONG qu'elle célèbre les fêtes. "Avant de bénéficier de leur aide, je ne faisais plus rien depuis des années, mais maintenant, je reçois des colis de viande, de vin, de fruits, de légumes et d’épicerie directement chez moi", dit Dolly.

Sonia Farhi est une survivante de l'Holocauste de 83 ans qui souffre de la maladie de Parkinson et récupère tout doucement de son opération pour un cancer gastrique. Elle vit à Jaffa avec sa fille de 63 ans, qui est devenue veuve il y a un an et est également malade et en fauteuil roulant.

Sonia a travaillé dans une clinique locale pendant 20 ans, mais elle n'a droit qu'à une maigre retraite. Elle et sa fille doivent vivre ensemble parce qu'elles ne peuvent pas payer deux loyers.

Sonia explique que les médicaments dont elles ont besoin dépassent les 800 NIS (230 $) par mois. Avec un loyer de 3 400 NIS (965 $), elle s’en sort à peine.

Sonia recevra une aide pour Rosh Hashanah de l'ONG Latet, qui lui envoie un colis de nourriture chaque semaine par l’intermédiaire d’un bénévole qui vient vérifier comment elle va et l'aider si nécessaire. Sonia dit que cela signifie beaucoup pour elle et que cela la rend heureuse.

Alors que Sonia est très reconnaissante envers l'ONG, elle est en colère contre le gouvernement. «Les 3 000 NIS de l'Institut national d'assurance ne sont pas suffisants pour couvrir le loyer. Ceux qui n'ont pas leurs propre maison n'ont aucune chance de survivre et risquent chaque jour d’être jetés à la rue», dit-elle.

À l'approche des fêtes de Tichri, 9 000 bénévoles de l’organisation Latet participent à une campagne nationale pour recueillir des dons alimentaires dans 195 succursales de la chaîne de supermarchés Shufersal. Ils organisent également des dîners et des événements sociaux pour les survivants de l'Holocauste nécessiteux à travers le pays.

«Au début de cette nouvelle année, il y a 243 000 familles en Israël qui souffrent d'une insécurité alimentaire sévère et qui luttent quotidiennement pour survivre sans avoir la nourriture la plus élémentaire nécessaire à une existence équilibrée et adéquate», explique Eran Weintraub, PDG de Latet.

Une distribution de nourriture de l'organisme Pitchon Lev

Une distribution de nourriture de l'organisme Pitchon Lev

"Même si le taux de pauvreté en Israël est parmi les plus élevés de l'OCDE, aucun objectif n'a été défini et aucun plan national n'a été formulé pour réduire la pauvreté et diminuer les écarts sociaux. Il n'y a même pas un shekel dans le budget de l'Etat alloué à traitant de la question de la sécurité alimentaire ", déplore Weintraub.

"Cette situation illustre les pauvres priorités de l'État d'Israël et de la ministre de l'aide sociale, et laisse à la société civile et au grand public ce fardeau qui prouve maintes et maintes fois que la responsabilité mutuelle est une véritable valeur dans la société israélienne", poursuit-il.

"Ce Rosh Hashanah, nous nous tournons vers le grand public et leur demandons de faire le cadeau d'un repas. Au lieu d'acheter un cadeau de fêtes dont personne n'a besoin, offrez un repas à ceux qui en ont vraiment besoin".

L'ONG Pitchon Lev aide 6 000 familles nécessiteuses chaque mois avec des colis alimentaires, des vêtements et des chaussures, des jouets, des appareils électroménagers, des articles ménagers, des services de coiffure et de l'aide médicale et juridique.

Pour Rosh Hashanah, l'organisation prévoit doubler son aide, distribuer des paquets de nourriture à 13 000 familles nécessiteuses. Les colis alimentaires spécial fêtes, qui coûtent environ 380 NIS par famille, comprennent, entre autres, du vin, des pommes et des grenades, du miel, de la viande et du poisson.

Plus de 700 bénévoles passeront une semaine entière à préparer et à distribuer les colis alimentaires, d'une valeur de près de 5 millions de NIS au total.

L'ONG Leket Israel, qui fournit des repas ainsi que des fruits et légumes aux nécessiteux, se prépare également à Rosh Hashanah. Les bénévoles travaillent à préparer les colis alimentaires pour les fêtes au centre logistique de l'ONG, qui seront distribués dans le cadre d'un projet du ministère du bien-être social à quelque 10 000 familles souffrant d'une insécurité alimentaire grave.

Pour faire un don:

Latet - https://www.latet.org.il/en/
Pitchon Lev - http://pitchonlev.org.il/len/
Chasdei Naomi - http://www.chasdei-naomi.org/

Source : Ynet

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