Obama reçoit Abbas sur fond de tensions

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La question des colonies au coeur de la rencontre Obama/Abbas. Le dirigeant palestinien devait plaider jeudi à la Maison Blanche en faveur de l'arrêt total des constructions dans les implantations juives de Cisjordanie. Une demande déjà fermement relayée par Washington, mais immédiatement rejetée par Israël.

Dix jours après avoir reçu le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le président américain Barack Obama accueillait dans l'après-midi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Entre les deux rencontres, le sujet sensible de la poursuite ou de l'arrêt de la colonisation juive en Cisjordanie est revenu envenimer les relations entre les Etats-Unis et Israël.

D'après des responsables israéliens, le gouvernement Nétanyahou était prêt à proposer un compromis à l'administration américaine: l'Etat hébreu offrait de démanteler près d'une vingtaine d'avant-postes sauvages de colons juifs en Cisjordanie si Washington levait ses objections à la poursuite des constructions dans les implantations autorisées existantes.

Fin de non-recevoir des Américains: mercredi, à la veille de la rencontre Abbas/Obama, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a enjoint Israël, en des termes inhabituellement directs, de cesser toute construction de logements en Cisjordanie, y compris dans les implantations existantes.

Le président Obama, a-t-elle dit, "veut l'arrêt des implantations -pas de certaines implantations, pas des avant-postes, pas d'exceptions pour cause d"accroissement naturel'". Mme Clinton reprenait à dessein l'expression employée par M. Nétanyahou pour justifier la poursuite des constructions dans les colonies juives existantes au nom de la croissance démographique naturelle.

Mais, jeudi, réponse du berger à la bergère: Israël a rejeté purement et simplement l'injonction américaine, en annonçant la poursuite de la construction de logements dans les colonies juives existantes de Cisjordanie, et ce afin de répondre à la croissance naturelle des familles déjà installées dans ces implantations.

"La poursuite d'une vie normale doit être autorisée dans ces communautés", a déclaré le porte-parole du gouvernement israélien, Mark Regev, interrogé par l'Associated Press. A la question de savoir s'il entendait par "vie normale" la poursuite de certaines constructions dans les colonies existantes, M. Regev a répondu par l'affirmative.

Le porte-parole israélien a toutefois rappelé la position de son gouvernement: pas de nouvelles implantations juives en Cisjordanie, démantèlement des avant-postes sauvages (non autorisés) et sort des colonies existantes renvoyé à un futur accord de paix israélo-palestinien.

Mahmoud Abbas a déjà fait savoir que cette question serait au coeur de ses entretiens de jeudi avec Barack Obama. Mais, au-delà de ce sujet sensible, le dirigeant palestinien avait l'intention de plaider pour une solution plus large au Proche-Orient et souhaitait obtenir le soutien du chef de la Maison Blanche à cette nouvelle approche.

Selon des responsables palestiniens l'accompagnant dans son déplacement, M. Abbas travaille à une nouvelle mouture du plan de paix saoudien de 2002 qui prévoyait la restitution des territoires occupés par Israël depuis 1967 en échange d'une normalisation des relations avec les pays arabes.

Mais, M. Nétanyahou, qui refuse pour l'instant de soutenir l'idée d'un Etat palestinien indépendant, semble peu enclin à la formule terre-contre-paix. Et, même ses prédécesseurs, depuis sept ans, n'ont jamais vraiment donné suite au plan de paix saoudien.

Face à la difficulté d'une approche bilatérale avec Israël depuis l'arrivée du chef du Likoud Benyamin Nétanyahou, M. Abbas allait essayer de "vendre" à M. Obama, avec l'aide du roi Abdallah de Jordanie, de l'Egyptien Hosni Moubarak et du roi Abdallah d'Arabie saoudite, un plan de paix plus ambitieux qui puisse profiter à la fois à Israël et au monde arabe dans son ensemble. Le président Obama pourrait se montrer ouvert à une telle approche.

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